Le flux annuel de nouveaux actifs originaires des pays tiers

12 mars 2013
Auteur : Jean-François Léger, démographe, maître de conférence à l’Institut de démographie de l’Université de Paris (IDUP) - Yves Breem, chargé d’études démographiques au DSED

Numéro 43 - novembre 2012

Au cours de la période 2007-2009, environ 130 000 étrangers originaires des pays tiers sont arrivés chaque année en France dans le cadre de l’immigration à caractère permanent (définitions dans l’encadré page 3). Parmi eux, un sur dix a déjà un contrat de travail en France et la moitié accède au marché du travail dans l'année. Si l’on ajoute les étrangers inactifs présents depuis plusieurs années qui accèdent pour la première fois au marché de l'emploi, le flux annuel de nouveaux actifs étrangers originaires des pays tiers en 2007-2009 s’élève à 100 000 personnes environ, le niveau le plus élevé atteint depuis 20 ans.


  • Pour en savoir plus :

Rapport « Flux annuel d’entrées d’actifs étrangers sur le marché de l’emploi français - Estimation pour les années 2007-2009 »

Depuis 1997, à l’initiative d’André Lebon et de la Direction de la population et des migrations (DPM), plusieurs travaux ont permis de proposer une estimation du nombre annuel d’entrées sur le marché de l’emploi français d’actifs étrangers. Cette série, couvrant les années 1990-2006 (Léger 2004, 2008), a d’abord inclus l’ensemble des ressortissants étrangers, qu’ils soient originaires ou non des pays membres de l’union européenne (UE). A partir de 2004, l’estimation a été réduite aux seuls ressortissants des pays tiers, l’accord de libre circulation entre les pays de l’UE ne permettant plus de mesure précise des flux de circulations migratoires des européens originaires de ces pays. Le présent travail poursuit cette série et l’étend aux années 2007-2009. Par rapport aux précédentes estimations, celle-ci se distingue par le recours exclusif aux données issues de l’Application de Gestion des Ressortissants Etrangers en France (AGDREF) comme source statistique de référence pour les flux annuels de migrants. Cela introduit une petite discontinuité méthodologique avec les estimations précédentes qui reposaient essentiellement sur les informations collectées par l’OFII (ex-OMI) et l’OFPRA. Toutefois, cette nouveauté ne modifie ni la cohérence statistique de la série qui couvre dorénavant les années 1990-2009, ni les conclusions auxquelles parvient cette étude. Jamais, depuis 1990, la contribution des étrangers non communautaires au renouvellement de la population active française n’aura été aussi importante qu’au cours des années 2007-2009 : selon notre estimation, dont le principe méthodologique n’a pas varié par rapport aux précédentes évaluations, environ 100 000 actifs originaires des pays tiers seraient entrés en moyenne chaque année pour la première fois sur le marché du travail français, soit deux fois plus qu’au cours de la seconde moitié des années 90. Les étrangers qui arrivent en France en raison de l’obtention préalable d’un contrat de travail ne représentent même pas 1/5e de ce flux. Les personnes arrivées en France pour une autre raison (principalement pour un motif familial) constituent 60 % de ces entrées. Les hommes sont plus nombreux que les femmes (60 % contre 40 %). Enfin, près des 2/3 de ces nouveaux actifs sont africains et, parmi eux, 58 % sont algériens, marocains ou tunisiens ; au total, 36 % des nouveaux actifs étrangers sont maghrébins. Cette étude met l’accent uniquement sur les entrées. De ce fait, elle peut biaiser l’appréhension de la présence étrangère sur le marché du travail français. Le solde annuel d’étrangers actifs est, depuis de nombreuses années, plus faible que le nombre annuel d’entrées d’actifs étrangers. Il y a donc des sorties de la catégorie « actifs étrangers ». Celles-ci peuvent être de quatre types : des sorties physiques du territoire, des passages vers la catégorie « actifs français » après acquisition de la nationalité française, des départs en retraite et des décès (peu nombreux). Une prochaine recherche, qui s’inscrira dans la continuité du présent travail, tentera précisément d’évaluer la part de ces différents flux de sorties d’actifs étrangers du marché de l’emploi français.


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, Jean-François Léger, Yves Breem, novembre 2012


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