L’insertion professionnelle, clé de l’intégration des primo-arrivants

17 juin 2019

                                           


Outre l’apprentissage du français et l’appropriation des valeurs de la République, l’accès à l’emploi constitue un levier essentiel d’intégration des étrangers primo-arrivants.

■ Le partenariat Etat / OFII / Pôle emploi

Signée en novembre 2016, une convention 2016-2019 associe la direction générale des étrangers en France (DGEF), la délégation générale de l’emploi et de la formation professionnelle (DGEFP), l’Office français de l’immigration et de l’intégration (OFII) et Pôle Emploi, en matière d’insertion professionnelle des étrangers primo-arrivants.

L’objectif de ce partenariat est de faciliter et de renforcer l’accès des étrangers signataires du contrat d’intégration républicaine (CIR) au marché du travail. Pour ce faire, il est prévu dans cet accord de :

  • Faciliter la construction d’un parcours d’insertion professionnelle adapté et personnalisé :
    • articulation et complémentarité des offres de service des opérateurs OFII et Pôle emploi ;
    • échange de données entre l’OFII et Pôle emploi ;
    • information des signataires du CIR sur les dispositifs Pôle emploi dès la visite d’accueil à l’OFII ;
    • accès des auditeurs de l’OFII à la base de ressources partenariales de Pôle emploi pour faciliter l’orientation des primo‑arrivants vers les services de droit commun.
  • Développer la connaissance partagée des expertises et des offres de services :
    • formation des auditeurs de l’OFII sur les dispositifs de Pôle emploi ;
    • immersions professionnelles entre les différents services pour mieux comprendre les missions de l’autre opérateur ;
    • déclinaison de l’accord national au niveau départemental permettant une mise en visibilité de référents territoriaux ;
    • organisation de réunions de travail et de comités de pilotage entre partenaires institutionnels.
  • Enrichir les échanges d’informations pour assurer un suivi de qualité des étrangers dans leur parcours d’intégration.

Cet accord national a ainsi été décliné dans tous les départements afin de mieux articuler les services rendus aux primo-arrivants, en s’appuyant sur la complémentarité d’expertise et de savoir-faire des opérateurs OFII et PE, au plus près des territoires.

■ La charte de partenariat État / Service public de l’emploi

Dans le prolongement de l’accord cadre de 2016 entre l’Etat, l’OFII et Pôle Emploi, une charte relative à l’orientation et l’insertion professionnelles des étrangers primo-arrivants dans le cadre du contrat d’intégration républicaine a été signée le 5 avril 2019 pour formaliser l’implication de l’ensemble des acteurs du service public de l’emploi.

Elle a pour objectif de faciliter l'accès des primo-arrivants au monde économique, au titre d’un emploi ou d’une formation, en structurant et consolidant les relations entre l’Etat, l’OFII et les acteurs du service public de l’emploi, nécessaires à la fluidification du parcours d’orientation et d’insertion professionnelle. Les signataires de la charte, dans le respect de leurs attributions et de leurs missions, s’engagent à mobiliser leurs ressources et leurs compétences au service de cet objectif et au bénéfice du public concerné.

Dans ce cadre, le parcours débute sur les plateformes d’accueil de l’OFII lors de la signature du contrat d’intégration républicaine (CIR). L’auditeur de l’OFII oriente sans délai l’étranger primo-arrivant, en recherche d’emploi et ayant une maîtrise minimale du français (niveau A1 du cadre européen commun de référence pour les langues - préconisé), vers l’acteur du service public de l’emploi le plus pertinent au regard de ses compétences, expériences, besoins et projet professionnels.

Si l’étranger ne maîtrise pas suffisamment la langue française au début du parcours d’intégration, l’orientation vers l’acteur du service public de l’emploi pertinent est reportée au cours du parcours ou lors de l’entretien de fin de CIR mis en place depuis le 1er mars 2019.

Chaque étranger orienté bénéficie de toute l’offre de services de l’acteur concerné du service public de l’emploi et notamment d’un entretien approfondi d’orientation professionnelle.

S’il n’est pas en recherche d’emploi ou ne souhaite pas bénéficier de cet accompagnement, il demande à l’auditeur de l’OFII à en être dispensé.

 

■ Le parcours d’intégration par l’acquisition de la langue (PIAL)

 

Ce dispositif, réservé aux jeunes étrangers de moins de 26 ans, vise à proposer un parcours relais entre les formations civiques et linguistiques prescrites dans le cadre du contrat d’intégration républicaine (CIR) et les dispositifs de droit commun d’accès à l’emploi des jeunes.

 

Le PIAL d’une durée de 3 à 6 mois combine trois mesures :

- un accompagnement global par les missions locales pour identifier l’ensemble des besoins et des mesures pouvant permettre aux jeunes un meilleur accès à l’emploi ou à une formation professionnelle ;

- l’attribution d’une allocation d’un montant de 1454 € maximum pendant tout le parcours proposé ;

- des formations linguistiques complémentaires à celles du CIR pour permettre aux jeunes de mieux maîtriser la langue française.

 

Le PIAL est un dispositif expérimental (2018 à 2020) déployé grâce à la mobilisation des crédits du plan d’investissement dans les compétences (PIC) et ceux du programme 104 action 12 pour le volet linguistique.

 

 

■ Les projets associatifs pour l’insertion professionnelle subventionnés par la DAAEN au niveau national

Une Voix-e vers l'emploi :

Le projet « Une Voix-e vers l'emploi » est un dispositif de formation sur mesure visant à la fois l’insertion linguistique et professionnelle des primo-arrivants et la professionnalisation des acteurs intervenant auprès de ce public. Porté par l’AFPA, il est déployé dans 8 régions (Auvergne Rhône-Alpes, Centre Val de Loire, Hauts-de-France, Ile-de-France, Nouvelle Aquitaine, Occitanie, Pays de la Loire, Provence-Alpes- Côte d’Azur) et 19 territoires.

S’agissant des primo-arrivants, ce projet a été conçu pour leur permettre :

  • d’acquérir un niveau linguistique nécessaire dans un contexte professionnel,
  • de connaître le marché du travail,
  • d'apprendre à valoriser leurs compétences professionnelles ou qualifications acquises dans le pays d’origine,
  • de se construire un réseau relationnel et s’approprier les techniques de recherche d’emploi.

Le parcours de formation (229 heures) s’articule autour de 4 modules, au rythme de 2 jours par semaine, selon la disponibilité des personnes :  

  • français à visée professionnelle ;
  • construction de son projet professionnel ;
  • techniques de recherche d’emploi ou de formation ;
  • “mon projet, ma feuille de route”  encadré par un bilan linguistique et professionnel et 4 rendez-vous de suivi.

Les métiers proposés à la découverte ciblent des métiers en tension remontés des 8 régions accueillant le dispositif (serveur, agent de restauration, assistante de vie aux familles, aide à domicile, préparateur de commandes,…)

Parallèlement, pour faciliter une meilleure coopération et coordination opérationnelle des intervenants auprès des primo-arrivants et favoriser la mutualisation des pratiques, le projet comprend un parcours “formation-action”.

Les objectifs poursuivis sont triples :

  • développer les connaissances emploi/formation via l’analyse des parcours des primo-arrivants et des leviers mobilisés,
  • construire une représentation partagée des outils développés dans les différents champs d’intervention,
  • organiser une compréhension territorialisée des rôles, expertises et actions de chacun des acteurs du territoire.

 Le parcours, de 28 heures, est constitué de 4 ateliers, à raison d’une journée toutes les 6 semaines et de 3 points d’étape d’une heure. Il est construit concomitamment au parcours de formation des primo-arrivants, afin de pouvoir ajuster au besoin les actions. 

Par an, 760 personnes primo-arrivantes et 160 professionnels devraient bénéficier de ce dispositif.

 

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