Les demandes d'asile pour l'année 2025

Les demandes d’asile sont en baisse de 3,7 % en 2025. Les principaux primo-demandeurs sont d’origine ukrainienne, congolaise et afghane tandis que les ressortissants principalement concernés par les réexamens sont les Haïtiens. Les réexamens sont plus nombreux que l’an passé. Au total, l’attribution de l’asile poursuit sa croissance avec une hausse de 12,1 %. Le taux synthétique de protection est en hausse de près de 3 points et atteint 52 %.

Les premières demandes d’asile baissent encore de 10 % en 2025

En 2025, les premières demandes d’asile formulées en guichets uniques pour demandeurs d’asile (GUDA) s’établissent à 116 476. La baisse de 10,3 % des premières demandes est due notamment aux baisses des demandes ukrainiennes et celles en provenance de l’Ouest africain en procédure normale et accélérée. À ces premières demandes, s’ajoutent 35 189 réexamens, soit 151 665 demandes. Au total, la demande d’asile en GUDA enregistre une baisse de 3,7 % par rapport à 2024 (Figure 1). Il s’agit de la deuxième année consécutive de baisse observée depuis la crise du Covid en 2020, avec un retour aux niveaux enregistrés en 2022.

Figure 1 : demandes d’asile formulées en GUDA

Graphique à barres empilées et courbes montrant l'évolution des demandes d'asile formulées en GUDA entre 2021 et 2025 (prévisions), avec un pic à 167 056 demandes en 2023. Les détails sont dans la transcription.

Aux demandes formulées en GUDA, il convient d’ajouter 8 638 autres demandes (Figure 2). La plupart proviennent de requalifications de procédures identifiées durant les années précédentes comme relevant d’autres États membres de l’UE au titre du règlement Dublin, mais n’ayant pas donné lieu à un transfert vers le pays européen concerné (Encadré 3). S’y ajoutent des réinstallations de réfugiés, dans le cadre du programme conduit en lien avec le Haut-Commissariat pour les réfugiés des Nations Unies ainsi que les demandes en rétention.

Figure 2 : demandes d'asiles formulées en GUDA et ailleurs

Demandes d'asiles formulées en GUDA et ailleurs
Catégories de demandes20212022202320242025 (p)Évol. 25/24
Premières demandes en GUDA (A)104 381136 724145 160129 909116 476-10,3 %
dont : procédure normale ou accélérée84 343107 278108 309109 83798 105-10,7 %
dont : procédure Dublin20 03829 44636 85120 07218 371-8,5 %
Réexamens en GUDA (B)16 98719 04921 89627 64335 189+27,3 %
Total des demandes (A)+(B)121 368155 773167 056157 552151 665-3,7 %
Autres13 00312 78320 14112 4048 638-30,4 %

Note de lecture : (p) signifie provisoire et Évol. signifie évolution.

Source : MI-DGEF-DSED, OFPRA.
Champ : France.

Définition de procédure normale ou accélérée : statut de la procédure au 31/12, c’est-à-dire après une éventuelle requalification si celle-ci a lieu dans l’année. En 2024, 5 697 demandes initiales enregistrées en procédures Dublin ont été requalifiées en procédures normales ou accélérées  (Encadré 2).

Définition de procédure Dublin : nouvelle demande (Normale, Accélérée ou Dublin) d’un même demandeur d’asile, y compris réouvertures de dossier (Encadré 2).

Autres : requalification dans l’année en cours des procédures Dublin des années précédentes (Encadré 2), réinstallations de réfugiés, et premières demandes en rétention.

Figure 3 : principales nationalités parmi les premières demandes d’asile en GUDA

Données 2024

Données des principales nationalités en 2024
Nationalité2024
Ukrainienne13 269
Afghane10 259
Congolaise (RDC)9 296
Guinéenne7 856
Ivoirienne6 868
Turque5 857
Haïtienne5 631
Bangladaise5 383
Soudanaise5 146
Géorgienne3 450
Toutes nationalités129 909

Source : MI-DGEF/DSED
Champ : France.

Note de lecture : La part des 10 nationalités est égale à 56,2 %

Données 2025

Données provisoires des principales nationalités en 2025
Nationalité2025 (p)2025 (p)/2024Part des procédures Dublin
Ukrainienne11 677-12,0 %0,4 %
Congolaise (RDC)11 553+24,3 %7,6 %
Afghane11 394+11,1 %15,9 %
Haïtienne6 409+13,8 %0,4 %
Soudanaise5 844+13,6 %50,5 %
Guinéenne5 289-32,7 %24,9 %
Ivoirienne4 805-30,0 %14,1 %
Turque4 418-24,6 %22,2 %
Bangladaise3 686-31,5 %14,4 %
Géorgienne3 686+6,8 %6,7 %
Toutes nationalités116 476-10,3 %15,8 %

Source : MI-DGEFF/DSED
Champ : France.

Note de lecture : La part des 10 nationalités est de 59,0% en 2025. C'est une évolution provisoire de +2,8 points entre 2025 et 2024. La part des procédures Dublin est de 9,5%.

La part des demandes en provenance de l’Europe poursuit son recul en 2025, atteignant 14,7 % des primo-demandes (- 1,9 points). La demande ukrainienne, bien qu’en baisse de 12 %, demeure au premier rang des nationalités, dans un contexte de transition progressive de la protection temporaire vers la demande d’asile.

La demande africaine diminue également en 2025 (- 8,1 %), tout en représentant une part croissante de l’ensemble des primo-demandes (45,7 %, + 1,1 points). Cette tendance masque des évolutions hétérogènes : les demandes de ressortissants de la Guinée et de la Côte d’Ivoire enregistrent des baisses marquées (respectivement - 32,7 % et - 30 %), tandis que celles des Congolais (RDC) et des Soudanais progressent sensiblement (respectivement + 24,3 % et + 13,6 %).

La demande issue du continent asiatique voit sa part augmenter de 2 points, pour s’établir à 30,1 % des premières demandes d’asile. Cette évolution est principalement portée par la hausse des demandes afghanes (+ 11,1 %), tandis que les demandes bangladaises et turques poursuivent leur baisse entamée depuis 2022 (respectivement - 31,5 % et - 24,6 %).

Enfin, la primo-demande haïtienne poursuit sa hausse (+ 13,8 %).

Figure 4 : part des premières demandes par nationalité en 2025

Graphique sur les premières demandes par nationalité en 2025. Les détails sont dans la transcription.

La baisse globale observée en 2025 pour la demande d’asile s’accompagne d’une concentration sur un nombre limité de nationalités. Les dix principales nationalités représentent près de huit demandes d’asile sur dix, une part en hausse par rapport à 2024 (+ 2,8 points - Figure 3), alors même que le classement des dix premières nationalités reste globalement inchangé.

Parmi ces principales nationalités, certaines concernent majoritairement des personnes déjà présentes sur le territoire. C’est notamment le cas des Ukrainiens, engagés dans une démarche de protection durable en complément de la protection temporaire, ainsi que des Haïtiens, en particulier en Outre-mer, et peu concernés par le règlement Dublin. À l’inverse, d’autres nationalités déposent plus fréquemment leur demande d’asile en France après un passage dans un autre État membre de l’Union européenne. C’est notamment le cas des Soudanais, dont la moitié des primo-demandeurs ont été identifiés dans un autre État membre, ainsi que des Guinéens (24,9 %), des Turcs (22,2 %) et des Afghans (15,9 %), pour lesquels la part de procédures Dublin est supérieure à la moyenne.

En 2025, la nationalité ukrainienne se maintient en tête avec 11 677 primo-demandes (Figures 3 et 5), suivie de près par les nationalités congolaise (RDC) (11 553) et afghane (11 394). À elles seules, ces trois nationalités représentent près de trois primo-demandes sur dix.

Figure 5 : principales nationalités concernées par des premières demandes d’asile en France depuis 2018

Graphique linéaire montrant l'évolution du nombre de premières demandes d'asile en France par nationalité entre 2018 et 2025 pour l'Ukraine, la RDC, l'Afghanistan, Haïti et le Soudan. Les données détaillées sont disponibles dans la transcription textuelle ci-dessous.

Les demandes de réexamen en forte hausse

En 2025, les demandes de réexamen poursuivent leur forte progression, confirmant la tendance observée depuis 2021.

Les demandes en provenance du continent africain augmentent fortement en 2025 (+ 9,6 points) et représentent désormais quatre réexamens sur dix, contre trois sur dix en 2024. À l’inverse, la part des demandes issues de l’Asie recule nettement et représente dorénavant trois réexamens sur dix (- 7,8 points). Les demandes européennes demeurent minoritaires et voient également leur part diminuer légèrement (6,4 %, - 1,4 points).

Les demandes formulées par les ressortissants haïtiens restent les plus fréquentes, augmentant de 26,3 % pour atteindre 7 511 réexamens (Figure 6), soit un réexamen sur cinq. Elles sont suivies par les demandes afghanes (3 159) en hausse de 22,6 % (+ 73,7 % depuis 2022) et turques (2 886) en léger repli. À elles seules, ces trois nationalités représentent quatre demandes de réexamen sur dix (Figure 7).

Figure 6 : principales nationalités parmi les réexamens des demandes en GUDA

Données 2024

Principales nationalités en 2024
Nationalité2024
Haïtienne5 948
Afghane2 576
Turque2 941
Guinéenne1 354
Ivoirienne1 130
Congolaise (RDC)966
Nigériane990
Sri Lankaise819
Géorgienne975
Somalienne419
Toutes nationalités27 643

Source : MI-DGEF-DSED
Champ : France, réexamens.

Note de lecture : La part des 10 nationalités est de 67,8 %.

Données provisoires 2025

Principales nationalités en 2025 (données provisoires)
Nationalité2025 (p)2025 (p)/2024
Haïtienne7 511+26,3 %
Afghane3 159+22,6 %
Turque2 886-1,9 %
Guinéenne2 802+106,9 %
Ivoirienne2 322+105,5 %
Congolaise (RDC)1 889+95,5 %
Nigériane1 056+6,7 %
Sri Lankaise971+18,6 %
Géorgienne927-4,9 %
Somalienne746+78,0 %
Toutes nationalités35 189+27,3 %

Source : MI-DGEF-DSED.
Champ : France, réexamens.

Note de lecture : La part des 10 nationalités est de 69,0 %, avec une évolution provisoire de +1,2 points entre 2025 et 2024.

Le nombre de réexamens déposés par les Guinéens, les Ivoiriens et par les ressortissants de la République Démocratique du Congo double. Les demandes somaliennes connaissent également une progression notable (+ 78,0 %).

Parmi les principales nationalités, seules deux enregistrent une baisse du nombre de réexamens : les Turcs (- 1,9 %) et les Géorgiens (- 4,9 %).

Plus largement, les dix principales nationalités concentrent 69,0 % des réexamens, une part en légère hausse par rapport à 2024 (+ 1,2 points).

Figure 7 : part des réexamens par nationalité en 2025

Graphique sur les réexamens par nationalité en 2025. Les données sont disponibles dans la transcription textuelle.

Un taux de protection en hausse de près de 3 points

En 2025, 145 211 demandes d’asile ont été enregistrées à l’Ofpra (Encadré 3), soit une baisse de 5,5 % par rapport à 2024 (Figure 8). Par ailleurs, cet organisme a rendu 156 590 décisions, soit environ 15 000 de plus qu’en 2024 (+ 10,3 %). Le nombre de décisions prises atteint le niveau le plus élevé depuis 2010.

Les décisions d’accord enregistrent, quant à elles, une hausse de 16,8 % avec 63 594 attributions de l’asile en première instance, contre 54 430 en 2024. Il s’agit également d’un niveau jamais atteint par le passé. Ce surcroit de dynamisme des accords d’asile par rapport à l’ensemble des décisions augmente mécaniquement le taux d’accord Ofpra, lequel est de 4 décisions favorables sur dix en 2025, en hausse de 2,4 points sur un an.

En seconde instance, la Cour nationale du droit d’asile (CNDA), a rendu 53 086 décisions, en baisse par rapport à l’année précédente (-13,8 %), dont 12 391 annulations (accords de protection). S’y ajoutent 2 797 protections accordées par l’Ofpra à des mineurs, à la suite de ces annulations prononcées par la CNDA concernant les majeurs qu’ils accompagnent (Encadré 3).

Au total, en 2025, le nombre de décisions d’accord d'un statut de protection prises par l'Ofpra et la CNDA s’établit à 78 782, soit une hausse de 12,1 % par rapport à 2024. Le taux synthétique de protection (Encadré 2) s’inscrit à 52,1 %, en hausse de 2,7 points sur un an. En 2025, un demandeur d’asile sur deux voit sa demande aboutir favorablement.

Figure 8 : traitement de la demande d’asile

2021-2023

Données de 2021 à 2023
Démarches / Années202120222023
Demandes d'asile enregistrées à l'OFPRA103 164131 254142 649
Décisions OFPRA première instance139 810134 513136 811
dont attributions de l'asile (A)35 91938 88544 560
Taux d'accord OFPRA25,9 %29,2 %32,9 %
Recours reçus par la CNDA68 24361 55264 685
Décisions CNDA hors mineurs68 40367 14266 358
dont annulations (B)15 11214 45713 606

Accords OFPRA pour des mineurs accompagnés

suite à l'annulation de la décision pour les majeurs par la CNDA (C)

3 3482 9342 726
Total attributions de l'asile (A)+(B)+(C)54 37956 27660 892
Taux synthétique de protection39,2 %41,4 %44,7 %

Source : OFPRA, CNDA - Calculs DSED.
Champ : France.

2024-2025

Données de 2024 à 2025 (provisoires pour 2025)
Démarches / Années202120222023
Demandes d'asile enregistrées à l'OFPRA153 715145 211-5,5 %
Décisions OFPRA première instance141 911156 590+10,3 %
dont attributions de l'asile (A)54 43063 594+16,8 %
Taux d'accord OFPRA38,8 %41,2 %+2,4 pts
Recours reçus par la CNDA56 49760 065+6,3 %
Décisions CNDA hors mineurs61 59353 086-13,8 %
dont annulations (B)13 10612 391-5,5 %

Accords OFPRA pour des mineurs accompagnés

suite à l'annulation de la décision pour les majeurs par la CNDA (C)

2 7482 797+1,8 %
Total attributions de l'asile (A)+(B)+(C)70 28478 782+12,1 %
Taux synthétique de protection49,4 %52,1 %+2,7 pts

Source : OFPRA, CNDA - Calculs DSED.
Champ : France.

Si l’on se restreint à la population des demandeurs d’asile hors mineurs non accompagnés (seules données disponibles sur longue période), le taux de protection poursuit sa tendance haussière depuis 2021, après avoir été stable pendant cinq ans, pour atteindre cette année 47,1 % (Figure 9).

Figure 9 : demandes et attributions de l’asile, taux synthétique de protection

Graphique sur les demandes d'asile, les attributions et le taux synthétique de protection. Les données et détails sont disponibles dans la transcription textuelle ci-dessous.

Les taux synthétiques de protection par nationalité

L’Afrique

Le taux de protection des demandeurs d’asile originaires d’Afrique s’établit à 43,8 %, masquant une forte hétérogénéité selon les pays d’origine.

Plusieurs nationalités se distinguent par des taux de protection élevés, en lien avec des situations de conflit ou d’instabilité durable : c’est notamment le cas des ressortissants du Soudan du Sud (90,9 %), de la République centrafricaine (79,1 %), du Soudan (73,3 %), de la Somalie (71,9 %), du Burundi (78,5 %) ou encore de l’Érythrée (80,3 %).

À l’inverse, les taux de protection sont sensiblement plus faibles pour d’autres nationalités africaines, comme celles de l’Angola (20,3 %), de l’Afrique du Sud (21,9 %), illustrant des contextes nationaux perçus comme moins générateurs de risques individuels de persécution.

L'Asie et le Moyen-Orient

Les demandeurs d’asile originaires d’Asie bénéficient d’un taux de protection moyen de 64,2 %, supérieur à la moyenne générale. Ce niveau élevé est largement porté par des nationalités confrontées à des crises majeures.

Les taux de protection sont particulièrement élevés pour les ressortissants de Birmanie (92,6 %), de Chine (92,7 %), de Syrie (91,8 %), d’Afghanistan (78,8 %), d’Iran (81,9 %) et du Yémen (79,4 %). Les Palestiniens enregistrent également des taux très élevés, supérieurs à 90 %.

À l’inverse, certaines nationalités asiatiques affichent des taux de protection nettement plus faibles, notamment les Bangladais (23,7 %), les Indiens (14,7 %) ou les Népalais (14,0 %), soulignant la diversité des situations au sein du continent.

L'Europe

Le taux de protection pour les ressortissants européens (hors UE) s’établit à 47,1 %, mais il recouvre des écarts très importants entre les pays d’origine.

Les Ukrainiens bénéficient d’un taux de protection particulièrement élevé (91,5 %), reflétant la reconnaissance généralisée des besoins de protection liés au conflit en cours. Bien que sensiblement inférieur, les ressortissants russes présentent également un taux notable (51,6 %).

À l’inverse, plusieurs pays des Balkans et du Caucase affichent des taux très faibles, notamment la Bosnie-Herzégovine (4,3 %), la Macédoine du Nord (6,9 %), la Moldavie (6,4 %), l’Arménie (7,9 %) ou la Géorgie (7,9 %).

Les Amériques

Les demandeurs d’asile originaires des Amériques enregistrent le taux de protection par continent le plus élevé, à 79,4 %. Ce niveau est largement porté par la demande haïtienne, qui bénéficie d’un taux de protection de 94,0 %, traduisant une reconnaissance forte et durable des besoins de protection pour cette nationalité.

Les pays d’Amérique latine présentent des taux de protection plus faibles ou intermédiaires, notamment le Venezuela (47,8 %), la Colombie (38,0 %). Toutefois, les demandes en provenance de ces pays demeurent très faibles en France et leur contribution aux niveaux globaux de protection observés pour le continent américain reste marginale.

Encadrés

Encadré 1 : les titres des ressortissants ukrainiens

Précision sur les titres détenus par des ressortissants ukrainiens : depuis février 2022 et le début de la crise en Ukraine, les ressortissants de ce pays qui désirent rester quelques temps en France peuvent bénéficier d’une autorisation provisoire de séjour (APS) au titre de bénéficiaires de la protection temporaire. Celle-ci est valable six mois et renouvelable. Le document est délivré très rapidement aux Ukrainiens qui en font la demande et donne accès à des droits spécifiques (scolarité des enfants, aide financière, aide à l’hébergement, prise en charge des soins médicaux, possibilité de travailler…).

Les permis de séjour accordés aux Ukrainiens sont donc des documents provisoires, sauf pour ceux qui demandent la protection internationale et entrent de ce fait dans le processus usuel de l’asile. Ils sont comptés comme tels dans les indicateurs statistiques sur le séjour des étrangers.

On recense 49 916 APS « protection temporaire » détenues par des ressortissants ukrainiens en cours de validité à la fin de 2025. Le pic de 55 288 a été atteint en janvier, effectif qui n’a cessé de baisser au cours de l’année 2025.

En 2025, les Ukrainiens sont la première nationalité à demander l’asile en France. En effet, les guichets uniques pour demandeurs d’asile ont enregistré 12 014 demandes d’Ukrainiens, premières demandes et réexamens confondus. Au total, 13 282 ressortissants Ukrainiens ont obtenu la protection internationale en France, contre 6 926 en 2024.

Encadré 2 : méthode de calcul d'un taux synthétique de protection

Le taux synthétique de protection vise à rendre compte du taux de protection internationale accordé par la France, à la fois en première et en seconde instance.

Il permet de s’affranchir de l’éventuel impact que peut avoir le décalage temporel entre l’examen par l’OFPRA d’une demande de protection et l’examen de son éventuel recours auprès de la CNDA. En effet le rapport du nombre total d’attributions de l’asile aux demandes examinées dans l’année par l’OFPRA (taux apparent de protection) présente un biais. Par exemple, les années où la CNDA déstocke plus de dossiers qu’auparavant le taux de protection apparent s’accroit artificiellement.

La formule du taux synthétique de protection est la suivante :

Taux synthétique de protection = taux d’accord Ofpra + ( (recours CNDA / admissions et rejets Ofpra) × taux d’annulation CNDA )

Détail des calculs :

  • Taux d’accord Ofpra = accords Ofpra (yc mineurs acc. après annulation CNDA) / décisions de première instance Ofpra (hors clôtures)
  • Taux d’annulation CNDA = annulations CNDA / décisions de seconde instance

Le nombre d’attributions de l’asile est obtenu en sommant les décisions favorables de première instance et les annulations de la CNDA. La Cour ne rendant de jugements que sur des majeurs, lorsque ceux-ci bénéficient d’une annulation et sont accompagnés de mineurs, c’est l’Ofpra qui prend les décisions d’accord favorables pour ces derniers. La ligne (C) du tableau du traitement des demandes d’asile permet d’intégrer ces cas dans le total des attributions de l’asile, donnée disponible à partir de 2020.

Révisions des données : Les indicateurs sur la demande d’asile sont publiés en deux phases successives. Les données de janvier sont provisoires. Les chiffres définitifs sont publiés en juin de l’année suivante. Les chiffres de l’asile de 2024 révisent peu (- 0,8 % pour les premières demandes en GUDA, -0,3% pour l’ensemble des demandes formulées en GUDA). Les réexamens en GUDA révisent un peu plus en proportion (+ 2,4 %).

Encadré 3 : Sources, champs et révisions

Les différentes sources et champs : Les données du système d’information sur l’asile (SI asile) correspondent à l’activité en GUDA et ne couvrent pas le même champ que celles de l’OFPRA :

  • Les demandes sous procédure Dublin sont enregistrées en GUDA mais ne relèvent pas de la compétence de l’OFPRA
  • Toutefois, lorsque ces demandes n’ont pas fait l’objet d’un transfert dans les délais réglementaires, elles sont requalifiées en procédure normale ou accélérée et instruites par l’OFPRA
  • Certaines personnes ne poursuivent pas la procédure jusqu’à l’OFPRA après l’avoir amorcée en GUDA
  • L’OFPRA et la CNDA instruisent les demandes en rétention (dans les CRA) et les dossiers de réinstallations (conduits en lien avec le HCR ONU) qui ne sont pas de la compétence des GUDA

La catégorie statistique des « requalifications » : la requalification concerne pour l’essentiel des demandeurs d’asile entrés en France sous procédure Dublin, dont le dossier passe sous la responsabilité de la France et dont le statut devient donc « normal » ou « accéléré ». Ainsi, des demandes initialement comptabilisées en "procédure Dublin" passent ultérieurement en "procédure normale ou accélérée". Pour présenter les demandes sous leur statut en fin d'année, on prend bien en compte les requalifications intervenant la même année que celle de l'enregistrement initial des procédures concernées. En 2025, 5 803 procédures ont été retranchées de la ligne "procédure Dublin" pour venir abonder la ligne "procédure normale ou accélérée" et ainsi comptabiliser les procédures selon leur statut au 31/12/2025. Par ailleurs, pour une année donnée, on relève également des requalifications de procédures enregistrées initialement durant les années antérieures. Pour rester sur des statuts fixés à fin de chaque année d'enregistrement initial, ces requalifications de procédures antérieures sont comptabilisées à part, dans la ligne "Autres" du tableau des demandes d’asile. Les requalifications portant sur des demandes enregistrées les années antérieures, sont au nombre de 4 628 en 2025, en forte baisse sur un an (8 978 en 2024).

La nouvelle demande (normale, accélérée ou Dublin) d’un même demandeur d’asile peut être :

  • un réexamen, c’est-à-dire d’une demande déposée après qu’une décision définitive a déjà été prise dans un dossier
  • une réouverture de dossier après une décision de clôture
  • une nouvelle procédure Dublin enregistrée en France après un transfert réalisé vers l’État membre responsable de la première demande d’asile

Documents de référence