Enquête longitudinale sur l’intégration des primo-arrivants 2 (ELIPA 2)

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La seconde édition de l'enquête longitudinale sur l'intégration des primo-arrivants - ELIPA 2 - constitue un outil précieux d'évaluation et d'analyse des parcours d'intégration des immigrés en France.

L'enquête interroge à trois reprises, en 2019, en 2020 et en 2022, un panel de 6 500 étrangers auxquels a été délivré un premier titre de séjour d'€™au moins un an en 2018.

L'ouvrage produit par le département des statistiques, des études et de la documentation de la DGEF contient huit études statistiques inédites traitant de :

  • la conception d’ELIPA 2
  • le parcours et projet migratoire des primo-arrivants
  • leur progression dans leur compréhension en français
  • leur niveau de diplôme et domaine de qualification
  • leur insertion sur le marché du travail
  • leur condition d’accès à un logement
  • leur état de santé général et mental
  • et une analyse des premières années en France des réfugiés

Vidéos de l'enquête

L'intégration des immigrés primo-arrivants.

Des chiffres sur l'intégration des immigrés, c'est sûr, vous en avez déjà entendu. Mais des chiffres fiables ? Ça... C'est moins sûr. Pourtant, ces chiffres existent. On les retrouve dans la grande enquête Elipa 2 qui a suivi pendant 4 ans les parcours des migrants ayant obtenu leur premier titre de séjour d'au moins 1 an en 2018, hors titres étudiants. On vous résume les principaux résultats en 3 minutes !

[ Contexte : Retour au sources avec le DSED, département statistique de la direction générale des étrangers en France, statistique publique, ministère de l'intérieur et des outre-mer ]

120 000 c'est le nom nombre de ces migrants dit "primo-arrivants", et avant de parler d'intégration, apprenons déjà à les connaître...

[ Titre de partie : Origines des primo-arrivants ]

Leurs origines, pour commencer, sont diverses : deux tiers viennent d'Afrique un quart d'Asie et les 10 % restants des autres continents.

[ Infographie : 65% des primo-arrivants viennent du continent africain (33% du Maghreb, 24% d'Afrique subsaharienne et 8% d'autres pays), 25% viennent d'Asie, 6% d'Amérique et d'Océanie et 4% d'Europe hors Union Européenne. ]

Un peu plus de la moitié de ces migrants sont des hommes.

[ Infographie : 54% des primo-arrivants sont des hommes et 46% des femmes. Moyenne d'âge de 32 ans. ]

Tous majeurs, ils sont souvent jeunes, diplômés dont plus d'un quart du supérieur, et vivent souvent seul.

[ Infographies : 73% des primo-arrivants sont diplômés dont 29% sont diplômés du supérieur. 44% des primo-arrivants vivent seuls. ]

S'ils viennent en France, c'est en majorité pour rejoindre de la famille, mais aussi pour des raisons humanitaires et économiques.

[ Infographie : motifs d'admission au séjour des primo-arrivants. 56% ont un motif familial, 20% ont un motif humanitaire, 18% ont un motif économique et 6% ont d'autres motifs. ]

Ajoutons à ce stade une distinction importante : "immigré" ne signifie pas "réfugié". Seuls 17 % ont ce statut (dont protection subsidiaire).

Mais alors, comment se passe leur arrivée en France ? La migration est un processus qui peut être très différent selon les cas. Déjà, avant d'arriver sur le territoire, 18% des immigrés ont séjourné dans un autre pays que leur pays d'origine. Et une fois en France, certains se retrouvent en situation irrégulière. Parmi ceux qui ont obtenu un premier titre de séjour en 2018, 41 % n'avaient pas de papier au début de leur démarche : soit parce qu'ils étaient arrivés sans, soit parce que leur visa avait expiré.

[ Infographie : sur les 41% d'immigrés sans papier au début de leur démarche, 22% étaient arrivés sans et 19% avaient un visa expiré. ]

Une fois leur titre obtenu, qu'est-ce qui favorise leur intégration ? La maîtrise de la langue et le travail sont deux marqueurs importants de l'intégration... En 4 ans, on observe une nette progression dans la compréhension du français.

[ Infographie sur la compréhension du français des primo-arrivants entre 2019 et 2022. En 2019, 26% comprenaient très facilement le français, ce nombre a augmenté de 13% en 2022 en passant à 39%. Ensuite, en 2019, 54% avaient un niveau intermédiaire, ce nombre a diminué de 3% en passant à 51% en 2022. Enfin, en 2019, 20% des primo-arrivants avaient de très grandes difficultés dans la compréhension du français. Ce nombre a diminué de 10% en passant à 10% en 2022. ]

Et le taux d'emploi lui aussi augmente assez rapidement. 7 immigrés sur 10 ont un travail 4 ans après leur admission au séjour.

[ Infographie sur le taux d'emploi des primo-arrivants. Il passe de 54% en 2019 à 68% en 2022. ]

Selon les profils, on observe toutefois des différences... Des inégalités entre migrants persistent : le taux d'emploi est plus élevé pour les personnes arrivées pour motif économique, et pour les hommes. Inversement les réfugiés et les femmes sont moins souvent en emploi.

[ Infographie sur le taux d'emploi selon le profil en 2022 : 93% de taux d'emploi pour les personnes arrivées pour motif économique, 80% pour les hommes, 63% pour les réfugiés et 51% pour les femmes. ]

Comment sont-ils logés ? Sur ce point, la situation dépend aussi du statut. 4 ans après leur arrivée, 44% des réfugiés ont un logement social et une autre partie d'entre eux sont encore dans des centres d'hébergement collectif ou sont sans solution de logement pérenne. Les autres immigrés, quant à eux, sont plus nombreux à devenir locataires du privé, voire propriétaires.

[ Infographie sur les conditions de logements des réfugiés et non-réfugiés en 2022. Pour les réfugiés : 44% sont locataires du secteur social, 24% sont locataires du secteur privé, 17% sont hébergés par des amis ou de la famille, 6% sont dans des centres d'hébergement collectif et 7% sont dans d'autres types/solutions de logement. Pour les non-réfugiés : 33% sont locataires du secteur social, 36% sont locataires du secteur privé, 7% sont propriétaires, 19% sont hébergés par des amis ou de la famille et 3 sont dans d'autres types/solutions de logement. ]

Sont-ils en bonne santé ? Si l'on parle de santé mentale, la réponse est non : un quart ont des symptômes dépressifs au bout de 4 an, alors que cela touche moins d'un natif sur 10. Cela freine l'insertion notamment professionnelle et les personnes isolées sont les plus touchées. En revanche, et c'est un point positif, presque tous se déclarent en bonne santé physique et peuvent consulter un médecin quand ils en ont besoin.

Vous vous en doutez, il existe plein d'autres chiffres sur les conditions de vie de ces primo-arrivants. Retrouvez-les dans l'enquête Elipa 2.

[ Liens et ressources : enquête longitudinale sur l'intégration des primo-arrivants (ELIPA2) 2023-2024. Pour en savoir plus, rendez-vous sur le site de la DGEF. ]

Résumé d'ELIPA 2 (français)

L'intégration des immigrés primo-arrivants.

Des chiffres sur l'intégration des immigrés, c'est sûr, vous en avez déjà entendu. Mais des chiffres fiables ? Ça... C'est moins sûr. Pourtant, ces chiffres existent. On les retrouve dans la grande enquête Elipa 2 qui a suivi pendant 4 ans les parcours des migrants ayant obtenu leur premier titre de séjour d'au moins 1 an en 2018, hors titres étudiants. On vous résume les principaux résultats en 3 minutes !

[ Contexte : Retour au sources avec le DSED, département statistique de la direction générale des étrangers en France, statistique publique, ministère de l'intérieur et des outre-mer ]

120 000 c'est le nom nombre de ces migrants dit "primo-arrivants", et avant de parler d'intégration, apprenons déjà à les connaître...

[ Titre de partie : Origines des primo-arrivants ]

Leurs origines, pour commencer, sont diverses : deux tiers viennent d'Afrique un quart d'Asie et les 10 % restants des autres continents.

[ Infographie : 65% des primo-arrivants viennent du continent africain (33% du Maghreb, 24% d'Afrique subsaharienne et 8% d'autres pays), 25% viennent d'Asie, 6% d'Amérique et d'Océanie et 4% d'Europe hors Union Européenne. ]

Un peu plus de la moitié de ces migrants sont des hommes.

[ Infographie : 54% des primo-arrivants sont des hommes et 46% des femmes. Moyenne d'âge de 32 ans. ]

Tous majeurs, ils sont souvent jeunes, diplômés dont plus d'un quart du supérieur, et vivent souvent seul.

[ Infographies : 73% des primo-arrivants sont diplômés dont 29% sont diplômés du supérieur. 44% des primo-arrivants vivent seuls. ]

S'ils viennent en France, c'est en majorité pour rejoindre de la famille, mais aussi pour des raisons humanitaires et économiques.

[ Infographie : motifs d'admission au séjour des primo-arrivants. 56% ont un motif familial, 20% ont un motif humanitaire, 18% ont un motif économique et 6% ont d'autres motifs. ]

Ajoutons à ce stade une distinction importante : "immigré" ne signifie pas "réfugié". Seuls 17 % ont ce statut (dont protection subsidiaire).

Mais alors, comment se passe leur arrivée en France ? La migration est un processus qui peut être très différent selon les cas. Déjà, avant d'arriver sur le territoire, 18% des immigrés ont séjourné dans un autre pays que leur pays d'origine. Et une fois en France, certains se retrouvent en situation irrégulière. Parmi ceux qui ont obtenu un premier titre de séjour en 2018, 41 % n'avaient pas de papier au début de leur démarche : soit parce qu'ils étaient arrivés sans, soit parce que leur visa avait expiré.

[ Infographie : sur les 41% d'immigrés sans papier au début de leur démarche, 22% étaient arrivés sans et 19% avaient un visa expiré. ]

Une fois leur titre obtenu, qu'est-ce qui favorise leur intégration ? La maîtrise de la langue et le travail sont deux marqueurs importants de l'intégration... En 4 ans, on observe une nette progression dans la compréhension du français.

[ Infographie sur la compréhension du français des primo-arrivants entre 2019 et 2022. En 2019, 26% comprenaient très facilement le français, ce nombre a augmenté de 13% en 2022 en passant à 39%. Ensuite, en 2019, 54% avaient un niveau intermédiaire, ce nombre a diminué de 3% en passant à 51% en 2022. Enfin, en 2019, 20% des primo-arrivants avaient de très grandes difficultés dans la compréhension du français. Ce nombre a diminué de 10% en passant à 10% en 2022. ]

Et le taux d'emploi lui aussi augmente assez rapidement. 7 immigrés sur 10 ont un travail 4 ans après leur admission au séjour.

[ Infographie sur le taux d'emploi des primo-arrivants. Il passe de 54% en 2019 à 68% en 2022. ]

Selon les profils, on observe toutefois des différences... Des inégalités entre migrants persistent : le taux d'emploi est plus élevé pour les personnes arrivées pour motif économique, et pour les hommes. Inversement les réfugiés et les femmes sont moins souvent en emploi.

[ Infographie sur le taux d'emploi selon le profil en 2022 : 93% de taux d'emploi pour les personnes arrivées pour motif économique, 80% pour les hommes, 63% pour les réfugiés et 51% pour les femmes. ]

Comment sont-ils logés ? Sur ce point, la situation dépend aussi du statut. 4 ans après leur arrivée, 44% des réfugiés ont un logement social et une autre partie d'entre eux sont encore dans des centres d'hébergement collectif ou sont sans solution de logement pérenne. Les autres immigrés, quant à eux, sont plus nombreux à devenir locataires du privé, voire propriétaires.

[ Infographie sur les conditions de logements des réfugiés et non-réfugiés en 2022. Pour les réfugiés : 44% sont locataires du secteur social, 24% sont locataires du secteur privé, 17% sont hébergés par des amis ou de la famille, 6% sont dans des centres d'hébergement collectif et 7% sont dans d'autres types/solutions de logement. Pour les non-réfugiés : 33% sont locataires du secteur social, 36% sont locataires du secteur privé, 7% sont propriétaires, 19% sont hébergés par des amis ou de la famille et 3 sont dans d'autres types/solutions de logement. ]

Sont-ils en bonne santé ? Si l'on parle de santé mentale, la réponse est non : un quart ont des symptômes dépressifs au bout de 4 an, alors que cela touche moins d'un natif sur 10. Cela freine l'insertion notamment professionnelle et les personnes isolées sont les plus touchées. En revanche, et c'est un point positif, presque tous se déclarent en bonne santé physique et peuvent consulter un médecin quand ils en ont besoin.

Vous vous en doutez, il existe plein d'autres chiffres sur les conditions de vie de ces primo-arrivants. Retrouvez-les dans l'enquête Elipa 2.

[ Liens et ressources : enquête longitudinale sur l'intégration des primo-arrivants (ELIPA2) 2023-2024. Pour en savoir plus, rendez-vous sur le site de la DGEF. ]

Vidéo : ELIPA 2 - les enjeux

Les immigrés sont-ils bien intégrés en France ? C'est un vaste sujet sur lequel beaucoup ont un avis bien tranché et pourtant, il y a une voix qu'on entend peu dans les débats... Celle des principaux concernés : les immigrés.

La grande enquête ELIPA 2 leur a donné la parole.

[ Contexte : retour aux sources avec le DSED, département statistique de la direction générale des étrangers en France. ]

Pour savoir comment se passe l'intégration des étrangers en France, le DSED a suivi pendant 4 ans (de 2019 à 2022) le parcours des primo-arrivants.

Admission au séjour, immigré, intégration... Avant d'entrer dans les détails de l'enquête, de qui parle-t-on ? 

Guillaume Mordant : on parle des 120 000 personnes qui, en 2018, ont obtenu un premier titre de séjour d'au moins un an, sans compter les étudiants. Ce sont les "primo-arrivants".

Guillaume Mordant est chef du DSED. 

Guillaume Mordant : Et vous vous en doutez, tous ne viennent pas pour les mêmes raisons... La moitié d'entre eux rejoignent un membre de leur famille. Un quart ont un titre de séjour humanitaire. Parmi eux, certains sont réfugiés. Et les autres primo-arrivants viennent pour motif économique ou bien encore d'autres raisons.

[ Infographie : parmi les primo-arrivants, 51% ont un motif familial, 26% ont un motif humanitaire, 15% ont un motif économique et 8% ont d'autres motifs divers. ]

On sait pourquoi ils viennent, mais sait-on d'où ils arrivent ? 

Samuel Ettouati, chef de la division des études et enquêtes statistiques du DSED : Oui, l'administration le sait. Un tiers arrive du Maghreb, un quart d'Asie et un cinquième d'Afrique subsaharienne.

[ Infographie sur l'origine des primo-arrivants : 33% arrivent du Maghreb, 25% d'Asie, 22% d'Afrique subsaharienne, 8% d'autres pays d'Afrique, 6% d'Amérique et d'Océanie, et 6% d'Europe. ]

Samuel Ettouati : Quant à leur profil, il est différent de celui du reste de la population. Les primo-arrivants sont plus jeunes et vivent plus souvent seuls. La migration marque pour eux une rupture plus ou moins forte selon le profil, dans leur parcours professionnel, résidentiel ou même familial... D'où l'importance de l'analyse de leur intégration dans la vie sociale et économique du pays.

Justement, comment savez-vous s'ils sont bien intégrés en France ?

Guillaume Mordant : Et bien nous le leur demandons. Évidemment, nous n'avons pas interrogé l'ensemble de ces 120 000 personnes, ce serait impossible. Et c'est là tout l'enjeu d'ELIPA, l'enquête longitudinale sur l'intégration des primo-arrivants. Pour cela nous nous sommes concentrés sur les 10 plus gros départements dans lesquels vivent au total la moitié des primo arrivants. Et dans ces territoires, nous avons sélectionné un échantillon représentatif de plus de 6 500 primo-arrivants.

[ Infographie d'une carte mettant en avant les 10 départements où vivent au total la moitié des primo-arrivants : Paris, Seine-Saint-Denis, Hauts-de-Seine, Val-de-Marne, Nord, Rhône, Bouches-du-Rhône, Alpes-Maritimes, Essonne, Val-d’Oise. ]

Guillaume Mordant : Nous les avons interrogés à trois reprises, en 2019, 2020 et 2022, en limitant autant que possible la perte de répondants entre chaque année. Chaque enquêté a eu le choix de répondre à ELIPA dans une des 10 langues les plus parlées par ces primo-arrivants. 

[ Les 10 langues les plus parlées sont le français, l'anglais, le tamoul, le russe, le chinois, l'arabe, le soninké, l'espagnol, le bengla et le turc. ]

Guillaume Mordant : Le questionnaire a par ailleurs été conçu par des spécialistes des sujets migratoires : spécialistes du service statistique ministériel, de la direction générale des étrangers en France, de la recherche académique et aussi du monde associatif.

Et que leur demandez-vous ? 

Samuel Ettouati : Alors nous les interrogeons sur toutes les principales dimensions qui définissent ce qu'est l'intégration des immigrés : sont-ils actifs sur le marché du travail ? Accèdent-ils à un logement ? Comprennent-ils la langue française ? À cela s'ajoutent d'autres questions sur leur vie en France : sont-ils en bonne santé ? Se sentent-ils bien ici et ont-ils prévu de rester dans l'Hexagone ?

Guillaume Mordant : Et c'est à partir de leurs réponses que nous avons produit 8 analyses statistiques qui constituent le dossier "Les premières années en France des immigrés". Cet ouvrage est ainsi un outil unique à ce jour. Il permet d'évaluer les processus d'intégration des immigrés en France, dans toutes leurs dimensions.

[ Titre : Retour aux sources. Enquête longitudinale sur l'intégration des primo-arrivants (ELIPA 2) 2023-2024. Pour en savoir plus, rendez-vous sur le site de la DGEF. ]

Vidéo 1 Entretien Elipa Les enjeux 1 1

Les immigrés sont-ils bien intégrés en France ? C'est un vaste sujet sur lequel beaucoup ont un avis bien tranché et pourtant, il y a une voix qu'on entend peu dans les débats... Celle des principaux concernés : les immigrés.

La grande enquête ELIPA 2 leur a donné la parole.

[ Contexte : retour aux sources avec le DSED, département statistique de la direction générale des étrangers en France. ]

Pour savoir comment se passe l'intégration des étrangers en France, le DSED a suivi pendant 4 ans (de 2019 à 2022) le parcours des primo-arrivants.

Admission au séjour, immigré, intégration... Avant d'entrer dans les détails de l'enquête, de qui parle-t-on ? 

Guillaume Mordant : on parle des 120 000 personnes qui, en 2018, ont obtenu un premier titre de séjour d'au moins un an, sans compter les étudiants. Ce sont les "primo-arrivants".

Guillaume Mordant est chef du DSED. 

Guillaume Mordant : Et vous vous en doutez, tous ne viennent pas pour les mêmes raisons... La moitié d'entre eux rejoignent un membre de leur famille. Un quart ont un titre de séjour humanitaire. Parmi eux, certains sont réfugiés. Et les autres primo-arrivants viennent pour motif économique ou bien encore d'autres raisons.

[ Infographie : parmi les primo-arrivants, 51% ont un motif familial, 26% ont un motif humanitaire, 15% ont un motif économique et 8% ont d'autres motifs divers. ]

On sait pourquoi ils viennent, mais sait-on d'où ils arrivent ? 

Samuel Ettouati, chef de la division des études et enquêtes statistiques du DSED : Oui, l'administration le sait. Un tiers arrive du Maghreb, un quart d'Asie et un cinquième d'Afrique subsaharienne.

[ Infographie sur l'origine des primo-arrivants : 33% arrivent du Maghreb, 25% d'Asie, 22% d'Afrique subsaharienne, 8% d'autres pays d'Afrique, 6% d'Amérique et d'Océanie, et 6% d'Europe. ]

Samuel Ettouati : Quant à leur profil, il est différent de celui du reste de la population. Les primo-arrivants sont plus jeunes et vivent plus souvent seuls. La migration marque pour eux une rupture plus ou moins forte selon le profil, dans leur parcours professionnel, résidentiel ou même familial... D'où l'importance de l'analyse de leur intégration dans la vie sociale et économique du pays.

Justement, comment savez-vous s'ils sont bien intégrés en France ?

Guillaume Mordant : Et bien nous le leur demandons. Évidemment, nous n'avons pas interrogé l'ensemble de ces 120 000 personnes, ce serait impossible. Et c'est là tout l'enjeu d'ELIPA, l'enquête longitudinale sur l'intégration des primo-arrivants. Pour cela nous nous sommes concentrés sur les 10 plus gros départements dans lesquels vivent au total la moitié des primo arrivants. Et dans ces territoires, nous avons sélectionné un échantillon représentatif de plus de 6 500 primo-arrivants.

[ Infographie d'une carte mettant en avant les 10 départements où vivent au total la moitié des primo-arrivants : Paris, Seine-Saint-Denis, Hauts-de-Seine, Val-de-Marne, Nord, Rhône, Bouches-du-Rhône, Alpes-Maritimes, Essonne, Val-d’Oise. ]

Guillaume Mordant : Nous les avons interrogés à trois reprises, en 2019, 2020 et 2022, en limitant autant que possible la perte de répondants entre chaque année. Chaque enquêté a eu le choix de répondre à ELIPA dans une des 10 langues les plus parlées par ces primo-arrivants. 

[ Les 10 langues les plus parlées sont le français, l'anglais, le tamoul, le russe, le chinois, l'arabe, le soninké, l'espagnol, le bengla et le turc. ]

Guillaume Mordant : Le questionnaire a par ailleurs été conçu par des spécialistes des sujets migratoires : spécialistes du service statistique ministériel, de la direction générale des étrangers en France, de la recherche académique et aussi du monde associatif.

Et que leur demandez-vous ? 

Samuel Ettouati : Alors nous les interrogeons sur toutes les principales dimensions qui définissent ce qu'est l'intégration des immigrés : sont-ils actifs sur le marché du travail ? Accèdent-ils à un logement ? Comprennent-ils la langue française ? À cela s'ajoutent d'autres questions sur leur vie en France : sont-ils en bonne santé ? Se sentent-ils bien ici et ont-ils prévu de rester dans l'Hexagone ?

Guillaume Mordant : Et c'est à partir de leurs réponses que nous avons produit 8 analyses statistiques qui constituent le dossier "Les premières années en France des immigrés". Cet ouvrage est ainsi un outil unique à ce jour. Il permet d'évaluer les processus d'intégration des immigrés en France, dans toutes leurs dimensions.

[ Titre : Retour aux sources. Enquête longitudinale sur l'intégration des primo-arrivants (ELIPA 2) 2023-2024. Pour en savoir plus, rendez-vous sur le site de la DGEF. ]

Vidéo : ELIPA 2 - langue et diplôme

Qu'est-ce qui favorise l'intégration ?

Quand on parle d'immigration, bien souvent, on parle aussi... d'intégration. Avoir une vie sociale, un emploi et un logement est évidemment crucial pour qu'un immigré puisse construire sa vie en France. Mais qu'est-ce qui favorise cette intégration ?

[ Titre : retour aux sources avec le DSED, département statistique de la direction générale des étrangers en France, statistique publique, ministère de l'intérieur et des outre-mer. ]

Dans son enquête ELIPA 2, le DSED a suivi pendant 4 ans (2019,2020,2021,2022) l'intégration des immigrés ayant obtenu leur premier titre de séjour en 2018.

Clément Soulignac : Parmi ce qui favorise l'intégration dans la vie sociale et économique en France, il y a deux facteurs qui sont particulièrement importants : la maîtrise de la langue et le niveau de diplôme.

Clément Soulignac est statisticien expert au DSED et exploite au quotidien l'enquête ELIPA 2.

Sur le niveau de langue d'abord, que nous apprend cette enquête ?

Clément Soulignac : Elle nous enseigne que, globalement, la compréhension du français des immigrés progresse rapidement après leur admission en France. Et c'est vrai tant à l'écrit qu'à l'oral. Un an après l'obtention de leur premier titre de séjour, deux immigrés sur dix ont d'extrêmes difficultés à l'oral ; 4 ans après, ce ratio tombe à un sur dix. L'enquête nous permet aussi de brosser le portrait de ceux pour qui l'apprentissage et la maîtrise du français sont plus aisés... On peut déjà citer les personnes originaires de pays francophones, qui représentent près de deux tiers des admis au séjour et sont forcément plus familiers avec la langue.

[ Infographie d'un graphique montrant que 61% des admis au séjour sont originaires de pays francophones. ]

Clément Soulignac : On sait aussi que les plus jeunes ont plus de facilités. C'est également le cas de ceux déjà présents sur le territoire longtemps avant d'obtenir leur titre.

[ Infographie de deux graphiques, le premier montre que 48% des 18 à 29 ans ont des facilités dans l'apprentissage du français, le deuxième montre que 29% des 50 ans et plus ont des facilités également. ]

Clément Soulignac : Enfin, et c'est significatif, le niveau de scolarisation joue beaucoup. 31 % de ceux qui ne sont jamais allés à l'école rencontrent d'importantes difficultés, contre 7 % parmi les plus diplômés.

Justement, on parle souvent du diplôme comme un vecteur d'intégration. Que savons-nous du niveau d'étude des immigrés ?

Clément Soulignac : On sait qu'il est globalement moins élevé que celui de l'ensemble de la population. 41 % des primo-arrivants n'ont aucun diplôme ou seulement le brevet, 30 % ont un bac, CAP ou BEP, et 29 % sont diplômés du supérieur.

[ Infographie de graphiques en barres comparant le niveau de diplôme entre les immigrés et l'ensemble de la population en France. 41% des immigrés n'ont aucun diplôme ou seulement le brevet contre 27% de l'ensemble de la population. 30% des immigrés ont un bac, CAP ou BEP contre 42% de l'ensemble de la population. Enfin, 29% des immigrés sont diplômés du supérieur contre 31% de l'ensemble de la population. ]

Clément Soulignac : Mais derrière ces moyennes, comme souvent, la réalité est plus nuancée. Les immigrés arrivés pour motif humanitaire ou familial sont moins diplômés que ceux qui ont un titre de séjour économique.

[ Infographie du niveau de diplôme selon le motif d'admission. Les immigrés ayant un motif humanitaire et qui sont diplômés représentent 19%, ceux ayant un motif familial et qui sont diplômés représentent 30%, et ceux ayant un titre économique et qui sont diplômés représentent 45%. ]

Clément Soulignac : Les femmes sont plus diplômées aussi, tout comme les ressortissants de pays occidentaux...

[ Infographie comparant le niveau de diplôme selon le genre : 35% des femmes sont diplômées contre 25% d'hommes ayant un diplôme. ]

Clément Soulignac : Pour tous ces profils, avoir un diplôme est une porte d'entrée pour accéder au marché du travail. Mais encore faut-il que leur diplôme soit reconnu en France : 4 diplômés du supérieur sur 10 ont entrepris une démarche en ce sens, et leur demande a souvent été acceptée. Et puis, en parallèle, un primo-arrivant sur cinq obtient un diplôme en France.

Pourquoi la reconnaissance, ou l'obtention d'un diplôme, est-elle essentielle ?

Clément Soulignac : Si l'on s'intéresse uniquement au taux d'emploi, on voit que le niveau d'études n'a pas forcément d'influence : avec ou sans diplôme, ce taux est sensiblement le même...

[ Infographie du taux d'emploi en 2022. Les immigrés ayant un diplôme du supérieur ont un taux d'emploi à 65%, et ceux n'ayant aucun diplôme ont un taux d'emploi à 66%. ]

Clément Soulignac : La différence se joue donc surtout, dans le type de métier exercé et l'accès à des emplois qualifiés. Pourtant, cet accès est toujours plus difficile pour les immigrés diplômés que pour les natifs. C'est toute la question de ce que l'on appelle le "déclassement", c'est-à-dire occuper un poste moins qualifié que son niveau d'étude.

[ Titre : retour aux sources. Datagora. Enquête longitudinale sur l'intégration des primo-arrivants (ELIPA 2) 2023-2024. Pour en savoir plus, rendez vous sur le site de la DGEF. Ministère de l'intérieur et des outre-mer, direction générale des étrangers en France, statistique publique. ]

Vidéo 2 Entretien Elipa Langue et diplome 1 1

Qu'est-ce qui favorise l'intégration ?

Quand on parle d'immigration, bien souvent, on parle aussi... d'intégration. Avoir une vie sociale, un emploi et un logement est évidemment crucial pour qu'un immigré puisse construire sa vie en France. Mais qu'est-ce qui favorise cette intégration ?

[ Titre : retour aux sources avec le DSED, département statistique de la direction générale des étrangers en France, statistique publique, ministère de l'intérieur et des outre-mer. ]

Dans son enquête ELIPA 2, le DSED a suivi pendant 4 ans (2019,2020,2021,2022) l'intégration des immigrés ayant obtenu leur premier titre de séjour en 2018.

Clément Soulignac : Parmi ce qui favorise l'intégration dans la vie sociale et économique en France, il y a deux facteurs qui sont particulièrement importants : la maîtrise de la langue et le niveau de diplôme.

Clément Soulignac est statisticien expert au DSED et exploite au quotidien l'enquête ELIPA 2.

Sur le niveau de langue d'abord, que nous apprend cette enquête ?

Clément Soulignac : Elle nous enseigne que, globalement, la compréhension du français des immigrés progresse rapidement après leur admission en France. Et c'est vrai tant à l'écrit qu'à l'oral. Un an après l'obtention de leur premier titre de séjour, deux immigrés sur dix ont d'extrêmes difficultés à l'oral ; 4 ans après, ce ratio tombe à un sur dix. L'enquête nous permet aussi de brosser le portrait de ceux pour qui l'apprentissage et la maîtrise du français sont plus aisés... On peut déjà citer les personnes originaires de pays francophones, qui représentent près de deux tiers des admis au séjour et sont forcément plus familiers avec la langue.

[ Infographie d'un graphique montrant que 61% des admis au séjour sont originaires de pays francophones. ]

Clément Soulignac : On sait aussi que les plus jeunes ont plus de facilités. C'est également le cas de ceux déjà présents sur le territoire longtemps avant d'obtenir leur titre.

[ Infographie de deux graphiques, le premier montre que 48% des 18 à 29 ans ont des facilités dans l'apprentissage du français, le deuxième montre que 29% des 50 ans et plus ont des facilités également. ]

Clément Soulignac : Enfin, et c'est significatif, le niveau de scolarisation joue beaucoup. 31 % de ceux qui ne sont jamais allés à l'école rencontrent d'importantes difficultés, contre 7 % parmi les plus diplômés.

Justement, on parle souvent du diplôme comme un vecteur d'intégration. Que savons-nous du niveau d'étude des immigrés ?

Clément Soulignac : On sait qu'il est globalement moins élevé que celui de l'ensemble de la population. 41 % des primo-arrivants n'ont aucun diplôme ou seulement le brevet, 30 % ont un bac, CAP ou BEP, et 29 % sont diplômés du supérieur.

[ Infographie de graphiques en barres comparant le niveau de diplôme entre les immigrés et l'ensemble de la population en France. 41% des immigrés n'ont aucun diplôme ou seulement le brevet contre 27% de l'ensemble de la population. 30% des immigrés ont un bac, CAP ou BEP contre 42% de l'ensemble de la population. Enfin, 29% des immigrés sont diplômés du supérieur contre 31% de l'ensemble de la population. ]

Clément Soulignac : Mais derrière ces moyennes, comme souvent, la réalité est plus nuancée. Les immigrés arrivés pour motif humanitaire ou familial sont moins diplômés que ceux qui ont un titre de séjour économique.

[ Infographie du niveau de diplôme selon le motif d'admission. Les immigrés ayant un motif humanitaire et qui sont diplômés représentent 19%, ceux ayant un motif familial et qui sont diplômés représentent 30%, et ceux ayant un titre économique et qui sont diplômés représentent 45%. ]

Clément Soulignac : Les femmes sont plus diplômées aussi, tout comme les ressortissants de pays occidentaux...

[ Infographie comparant le niveau de diplôme selon le genre : 35% des femmes sont diplômées contre 25% d'hommes ayant un diplôme. ]

Clément Soulignac : Pour tous ces profils, avoir un diplôme est une porte d'entrée pour accéder au marché du travail. Mais encore faut-il que leur diplôme soit reconnu en France : 4 diplômés du supérieur sur 10 ont entrepris une démarche en ce sens, et leur demande a souvent été acceptée. Et puis, en parallèle, un primo-arrivant sur cinq obtient un diplôme en France.

Pourquoi la reconnaissance, ou l'obtention d'un diplôme, est-elle essentielle ?

Clément Soulignac : Si l'on s'intéresse uniquement au taux d'emploi, on voit que le niveau d'études n'a pas forcément d'influence : avec ou sans diplôme, ce taux est sensiblement le même...

[ Infographie du taux d'emploi en 2022. Les immigrés ayant un diplôme du supérieur ont un taux d'emploi à 65%, et ceux n'ayant aucun diplôme ont un taux d'emploi à 66%. ]

Clément Soulignac : La différence se joue donc surtout, dans le type de métier exercé et l'accès à des emplois qualifiés. Pourtant, cet accès est toujours plus difficile pour les immigrés diplômés que pour les natifs. C'est toute la question de ce que l'on appelle le "déclassement", c'est-à-dire occuper un poste moins qualifié que son niveau d'étude.

[ Titre : retour aux sources. Datagora. Enquête longitudinale sur l'intégration des primo-arrivants (ELIPA 2) 2023-2024. Pour en savoir plus, rendez vous sur le site de la DGEF. Ministère de l'intérieur et des outre-mer, direction générale des étrangers en France, statistique publique. ]

Vidéo : ELIPA 2 - activité et logement

Logement et travail : quelle est la situation des immigrés ?

Une fois arrivés en France, pour démarrer une nouvelle vie, les immigrés sont confrontés à de nombreux défis... Certains sont essentiels, comme le fait de trouver un logement ou de s'intégrer dans la vie économique du pays.

[ Titre : retour aux sources avec le DSED, département statistique de la direction générale des étrangers en France, statistique publique, ministère de l'intérieur et des outre-mer. ]

Dans son enquête ELIPA 2, le DSED a suivi pendant 4 ans (2019, 2020, 2021,2022) l'intégration des immigrés ayant obtenu leur premier titre de séjour en 2018.

Commençons par le commencement : quand ils obtiennent leur titre, où les immigrés sont-ils logés ?

Samuel Ettouati : Un an après leur admission au séjour en France, la plupart sont locataires, soit dans le parc privé, soit dans le parc social.

Samuel Ettouati est chef de la division des études et enquêtes statistiques du DSED.

Samuel Ettouati : Mais beaucoup sont aussi hébergés par des proches ou dans des lieux d'accueil collectif, et 3 % vivent dans des logements de fortune.

[ Infographie sur les logements des immigrés : 37% sont locataires dans le parc privé et 20% dans le parc social. 28% sont hébergés chez des proches et 8% dans des hébergements collectifs. Enfin, 3% sont propriétaires et 3% vivent dans des logements de fortunes. ]

Samuel Ettouati : Souvent, ce premier logement est temporaire. La moitié déménage dans les années qui suivent pour gagner en espace, en confort et surtout en autonomie. Si bien qu'en 2022, ils sont bien moins nombreux à être chez un proche ou dans un centre d'hébergement. Les trois quarts ont un "logement autonome", notamment en tant que locataires dans le social et le privé. Et certains, bien que minoritaires, deviennent propriétaires.

[ Infographie de deux graphiques en barres montrant l'évolution des logements des immigrés entre 2019 et 2022. En 2022, 19% des immigrés sont hébergés chez des proches, contre 28% en 2022, soit une diminution de 9 points. En 2022, 8% sont hébergés dans des lieux d'accueil collectif contre 4% en 2019, soit une diminution de 4 points. Pour les locataires dans le privé, ils sont 34% en 2022 contre 37% en 2019, soit une diminution de 3 points. Pour les locataires dans le social, ils sont 35% en 2022 contre 20% en 2019, soit une augmentation de 15 points. Enfin, 6% des immigrés sont propriétaires en 2022 contre 3% en 2019, soit une augmentation de 3 points. ]

Donc, trois quarts des immigrés ont leur "chez-eux" 4 ans après leur arrivée ?

Samuel Ettouati : C'est, en réalité, c'est un peu plus compliqué que ça. Il y a des différences selon les profils. Par exemple, 4 ans après leur admission au séjour, les plus jeunes et surtout les plus âgés sont encore très souvent hébergés chez quelqu'un.

[ Infographie sur l'hébergement des immigrés chez un particulier 4 ans après leur admission au séjour. Le graphique montre que 32% des 18-24 ans et 47% des 65 ans et plus sont hébergés par un particulier 4 ans après. ]

Samuel Ettouati : Le motif de leur venue en France joue aussi beaucoup. Plus précaires, 10 % des immigrés arrivés pour motif humanitaire sont encore en hébergement collectif en 2022, et près de la moitié (44%) dépend des logements sociaux. Les logements sociaux hébergent également près de 4 personnes sur 10 (39%) venues pour motif familial. À l'inverse, les migrants économiques, admis en France sous réserve d'une intention d'embauche et donc plus autonomes financièrement, sont majoritairement locataires du privé (58%).

En parlant de travail, que peut-on dire de la situation professionnelle des primo-arrivants ?

Samuel Ettouati : Ce que l'on observe, c'est qu'ils sont de plus en plus nombreux à être actifs sur le marché du travail dans les années qui suivent leur admission. Si 54 % ont un emploi en 2019, cette part s'élève à 68 % en 2022. La majorité d'entre eux ont d'ailleurs une situation stable et sont en CDI (71%).

Samuel Ettouati : Mais là encore, la situation professionnelle des immigrés varie selon leur profil. Les personnes arrivées pour motif économique sont presque toutes en emploi (93%). Ce n'est pas le cas pour les personnes arrivées pour motif humanitaire (62%). On sait aussi que la vie familiale, le niveau de diplôme et l'ancienneté en France jouent un rôle déterminant dans la quête d'emploi. Tout comme le genre.

Justement, y a-t-il des différences femmes-hommes en termes d'insertion professionnelle ?

Samuel Ettouati : Les hommes sont 1,6 fois plus souvent en emploi que les femmes, qui, elles, restent plus souvent au foyer, même si un quart d'entre elles souhaitent travailler.

[ Infographie sur la situation professionnelle des immigrés : 80% des hommes sont en emploi contre 51% chez les femmes. ]

Samuel Ettouati : Il y a aussi des différences en termes de métiers : les hommes sont davantage ouvriers dans l'industrie ou le BTP, et ils travaillent plus de nuit. Les femmes, quant à elles, sont surtout dans le tertiaire, en CDD et à temps partiel subi. Et rappelons qu'outre l'aspect économique, le travail des primo-arrivants est un sujet d'autant plus important qu'il accélère toutes les dimensions de leur processus d'intégration.

[ Titre : retour aux sources. Datagora. Enquête longitudinale sur l'intégration des primo-arrivants (ELIPA 2) 2023-2024. Pour en savoir plus rendez-vous sur le site de la DGEF. Direction générale des étrangers en France, statistique publique, ministère de l'intérieur et des outre-mer. ]

Vidéo 3 Entretien Elipa Activite et logement 1 1

Logement et travail : quelle est la situation des immigrés ?

Une fois arrivés en France, pour démarrer une nouvelle vie, les immigrés sont confrontés à de nombreux défis... Certains sont essentiels, comme le fait de trouver un logement ou de s'intégrer dans la vie économique du pays.

[ Titre : retour aux sources avec le DSED, département statistique de la direction générale des étrangers en France, statistique publique, ministère de l'intérieur et des outre-mer. ]

Dans son enquête ELIPA 2, le DSED a suivi pendant 4 ans (2019, 2020, 2021,2022) l'intégration des immigrés ayant obtenu leur premier titre de séjour en 2018.

Commençons par le commencement : quand ils obtiennent leur titre, où les immigrés sont-ils logés ?

Samuel Ettouati : Un an après leur admission au séjour en France, la plupart sont locataires, soit dans le parc privé, soit dans le parc social.

Samuel Ettouati est chef de la division des études et enquêtes statistiques du DSED.

Samuel Ettouati : Mais beaucoup sont aussi hébergés par des proches ou dans des lieux d'accueil collectif, et 3 % vivent dans des logements de fortune.

[ Infographie sur les logements des immigrés : 37% sont locataires dans le parc privé et 20% dans le parc social. 28% sont hébergés chez des proches et 8% dans des hébergements collectifs. Enfin, 3% sont propriétaires et 3% vivent dans des logements de fortunes. ]

Samuel Ettouati : Souvent, ce premier logement est temporaire. La moitié déménage dans les années qui suivent pour gagner en espace, en confort et surtout en autonomie. Si bien qu'en 2022, ils sont bien moins nombreux à être chez un proche ou dans un centre d'hébergement. Les trois quarts ont un "logement autonome", notamment en tant que locataires dans le social et le privé. Et certains, bien que minoritaires, deviennent propriétaires.

[ Infographie de deux graphiques en barres montrant l'évolution des logements des immigrés entre 2019 et 2022. En 2022, 19% des immigrés sont hébergés chez des proches, contre 28% en 2022, soit une diminution de 9 points. En 2022, 8% sont hébergés dans des lieux d'accueil collectif contre 4% en 2019, soit une diminution de 4 points. Pour les locataires dans le privé, ils sont 34% en 2022 contre 37% en 2019, soit une diminution de 3 points. Pour les locataires dans le social, ils sont 35% en 2022 contre 20% en 2019, soit une augmentation de 15 points. Enfin, 6% des immigrés sont propriétaires en 2022 contre 3% en 2019, soit une augmentation de 3 points. ]

Donc, trois quarts des immigrés ont leur "chez-eux" 4 ans après leur arrivée ?

Samuel Ettouati : C'est, en réalité, c'est un peu plus compliqué que ça. Il y a des différences selon les profils. Par exemple, 4 ans après leur admission au séjour, les plus jeunes et surtout les plus âgés sont encore très souvent hébergés chez quelqu'un.

[ Infographie sur l'hébergement des immigrés chez un particulier 4 ans après leur admission au séjour. Le graphique montre que 32% des 18-24 ans et 47% des 65 ans et plus sont hébergés par un particulier 4 ans après. ]

Samuel Ettouati : Le motif de leur venue en France joue aussi beaucoup. Plus précaires, 10 % des immigrés arrivés pour motif humanitaire sont encore en hébergement collectif en 2022, et près de la moitié (44%) dépend des logements sociaux. Les logements sociaux hébergent également près de 4 personnes sur 10 (39%) venues pour motif familial. À l'inverse, les migrants économiques, admis en France sous réserve d'une intention d'embauche et donc plus autonomes financièrement, sont majoritairement locataires du privé (58%).

En parlant de travail, que peut-on dire de la situation professionnelle des primo-arrivants ?

Samuel Ettouati : Ce que l'on observe, c'est qu'ils sont de plus en plus nombreux à être actifs sur le marché du travail dans les années qui suivent leur admission. Si 54 % ont un emploi en 2019, cette part s'élève à 68 % en 2022. La majorité d'entre eux ont d'ailleurs une situation stable et sont en CDI (71%).

Samuel Ettouati : Mais là encore, la situation professionnelle des immigrés varie selon leur profil. Les personnes arrivées pour motif économique sont presque toutes en emploi (93%). Ce n'est pas le cas pour les personnes arrivées pour motif humanitaire (62%). On sait aussi que la vie familiale, le niveau de diplôme et l'ancienneté en France jouent un rôle déterminant dans la quête d'emploi. Tout comme le genre.

Justement, y a-t-il des différences femmes-hommes en termes d'insertion professionnelle ?

Samuel Ettouati : Les hommes sont 1,6 fois plus souvent en emploi que les femmes, qui, elles, restent plus souvent au foyer, même si un quart d'entre elles souhaitent travailler.

[ Infographie sur la situation professionnelle des immigrés : 80% des hommes sont en emploi contre 51% chez les femmes. ]

Samuel Ettouati : Il y a aussi des différences en termes de métiers : les hommes sont davantage ouvriers dans l'industrie ou le BTP, et ils travaillent plus de nuit. Les femmes, quant à elles, sont surtout dans le tertiaire, en CDD et à temps partiel subi. Et rappelons qu'outre l'aspect économique, le travail des primo-arrivants est un sujet d'autant plus important qu'il accélère toutes les dimensions de leur processus d'intégration.

[ Titre : retour aux sources. Datagora. Enquête longitudinale sur l'intégration des primo-arrivants (ELIPA 2) 2023-2024. Pour en savoir plus rendez-vous sur le site de la DGEF. Direction générale des étrangers en France, statistique publique, ministère de l'intérieur et des outre-mer. ]

Vidéo : ELIPA 2 - parcours et santé mentale

Trajectoires et santé mentale des immigrés. D'où qu'ils viennent, les immigrés en France n'ont pas tous eu la même expérience migratoire. C'est vrai tant pour leur parcours avant d'arriver, que pour leur intégration une fois sur le territoire. Alors, que savons-nous de ces différentes trajectoires ?

[ Titre : retour aux sources avec le DSED, département statistique de la direction générale des étrangers en France, statistique publique, ministère de l'intérieur et des outre-mer. ]

Dans son enquête ELIPA 2, le DSED a suivi pendant 4 ans (2019,2020,2021,2022) l'intégration des immigrés ayant obtenu leur premier titre de séjour en 2018.

Clément Soulignac : On le sait, la migration ne se fait pas toujours avec un aller simple.

Clément Soulignac est statisticien expert au DSED et exploite au quotidien l'enquête ELIPA 2.

Clément Soulignac : Deux immigrés sur dix vivent au moins un an dans un autre pays d'accueil avant d'arriver dans l'Hexagone. Logiquement, plus ils viennent de loin, moins il y a de chances que leur parcours soit simple et direct. Mais la raison de la migration influe aussi beaucoup sur ce parcours. Les réfugiés, par exemple, choisissent rarement leur premier pays de séjour. Alors qu'à l'inverse, les personnes venues pour rejoindre leur famille connaissent des trajectoires plus directes.

Et que se passe-t-il pour les immigrés une fois sur le sol français ?

Clément Soulignac : Déjà, les immigrés vivent en moyenne pendant 4 ans et demi en France avant d'obtenir leur premier titre de séjour. Un quart d'entre eux arrivent sans papiers et, parmi ceux qui sont en règle, nombreux perdent ensuite leur droit au séjour en raison d'un non-renouvellement de leur visa. Puisqu'il faut bien comprendre, c'est que ces démarches administratives sont loin d'être simples. Pour les entreprendre, un tiers des immigrés a eu besoin d'aide.

Et une fois leur titre de séjour obtenu, rencontrent-ils d'autres difficultés ?

Clément Soulignac : Leur parcours ne s'arrête pas à la fin des démarches administratives, loin de là. Ils font face parfois pendant de nombreuses années après leur arrivée, à divers obstacles. Pour ne parler que d'un seul aspect, on sait que leur santé mentale est particulièrement fragile, plus que celle des natifs. Parce que leur mobilité est contrainte, parce que leur parcours est plus accidenté. Les migrants admis pour motif humanitaire sont les plus touchés.

[ Infographie représentant deux échantillons de 10 personnes. Le premier échantillon concerne les primo-arrivants : 3,3 primo-arrivants sur 10 avaient une santé mentale fragile en 2019. Le deuxième échantillon concerne les natifs : un natif sur 10 avait une santé mentale fragile en 2019. Deuxième infographie sur les migrants admis pour motif humanitaire : 47% ont une santé mentale fragile. ]

Clément Soulignac : L'aspect vie sociale joue aussi beaucoup : on remarque que les familles monoparentales et les immigrés isolés socialement déclarent davantage de symptômes dépressifs.

[ Infographies montrant trois profils de primo-arrivants. Le premier correspond à une personne venue pour motif humanitaire : 47% des migrants ayant ce profil ont déclaré des symptômes dépressifs en 2019. Le deuxième profil correspond aux familles monoparentales : 57% des personnes dans cette situations ont déclaré des symptômes dépressifs en 2019. Enfin, le troisième profil correspond aux immigrés isolés socialement : 43% d'entre eux ont déclaré des symptômes dépressifs en 2019. ]

Clément Soulignac : Ce sentiment d'intégration est très important, car si presque tous les primo-arrivants disent se sentir chez eux en France, ils sont bien moins nombreux à se sentir considérés comme français.

[ Infographie représentant deux échantillons de 10 personnes. Le premier échantillon montre que 9 primo-arrivants sur 10 se sentent chez eux en France. Le deuxième échantillon montre que 6 primo-arrivants sur 10 se sentent considérés comme français. ]

Cela ne pose-t-il pas, justement, la question de leur intégration ?

Clément Soulignac : Et bien si, et cet aspect est même primordial ! Un nouveau migrant qui a une santé mentale fragile a plus de risque d'être au chômage qu'en emploi. De plus, si les symptômes dépressifs persistent, il aura davantage de difficultés à occuper un travail à temps complet. Malgré tous ces obstacles, la grande majorité des primo-arrivants souhaitent rester définitivement en France. Peu importe leur âge, leur genre, leur niveau de diplôme ou encore leur position sur le marché du travail.

[ infographie d'un diagramme montrant que 84% des primo-arrivants souhaitent rester définitivement en France. ]

[ titre : retour aux sources. Datagora. Enquête longitudinale sur l'intégration des primo-arrivants (ELIPA 2) 2023-2024. Pour en savoir plus rendez-vous sur le site de la DGEF. Direction générale des étrangers en France, statistique publique, ministère de l'intérieur et des outre-mer. ]

Vidéo 4 Entretien Elipa Parcours et santé mentale 1 1

Trajectoires et santé mentale des immigrés. D'où qu'ils viennent, les immigrés en France n'ont pas tous eu la même expérience migratoire. C'est vrai tant pour leur parcours avant d'arriver, que pour leur intégration une fois sur le territoire. Alors, que savons-nous de ces différentes trajectoires ?

[ Titre : retour aux sources avec le DSED, département statistique de la direction générale des étrangers en France, statistique publique, ministère de l'intérieur et des outre-mer. ]

Dans son enquête ELIPA 2, le DSED a suivi pendant 4 ans (2019,2020,2021,2022) l'intégration des immigrés ayant obtenu leur premier titre de séjour en 2018.

Clément Soulignac : On le sait, la migration ne se fait pas toujours avec un aller simple.

Clément Soulignac est statisticien expert au DSED et exploite au quotidien l'enquête ELIPA 2.

Clément Soulignac : Deux immigrés sur dix vivent au moins un an dans un autre pays d'accueil avant d'arriver dans l'Hexagone. Logiquement, plus ils viennent de loin, moins il y a de chances que leur parcours soit simple et direct. Mais la raison de la migration influe aussi beaucoup sur ce parcours. Les réfugiés, par exemple, choisissent rarement leur premier pays de séjour. Alors qu'à l'inverse, les personnes venues pour rejoindre leur famille connaissent des trajectoires plus directes.

Et que se passe-t-il pour les immigrés une fois sur le sol français ?

Clément Soulignac : Déjà, les immigrés vivent en moyenne pendant 4 ans et demi en France avant d'obtenir leur premier titre de séjour. Un quart d'entre eux arrivent sans papiers et, parmi ceux qui sont en règle, nombreux perdent ensuite leur droit au séjour en raison d'un non-renouvellement de leur visa. Puisqu'il faut bien comprendre, c'est que ces démarches administratives sont loin d'être simples. Pour les entreprendre, un tiers des immigrés a eu besoin d'aide.

Et une fois leur titre de séjour obtenu, rencontrent-ils d'autres difficultés ?

Clément Soulignac : Leur parcours ne s'arrête pas à la fin des démarches administratives, loin de là. Ils font face parfois pendant de nombreuses années après leur arrivée, à divers obstacles. Pour ne parler que d'un seul aspect, on sait que leur santé mentale est particulièrement fragile, plus que celle des natifs. Parce que leur mobilité est contrainte, parce que leur parcours est plus accidenté. Les migrants admis pour motif humanitaire sont les plus touchés.

[ Infographie représentant deux échantillons de 10 personnes. Le premier échantillon concerne les primo-arrivants : 3,3 primo-arrivants sur 10 avaient une santé mentale fragile en 2019. Le deuxième échantillon concerne les natifs : un natif sur 10 avait une santé mentale fragile en 2019. Deuxième infographie sur les migrants admis pour motif humanitaire : 47% ont une santé mentale fragile. ]

Clément Soulignac : L'aspect vie sociale joue aussi beaucoup : on remarque que les familles monoparentales et les immigrés isolés socialement déclarent davantage de symptômes dépressifs.

[ Infographies montrant trois profils de primo-arrivants. Le premier correspond à une personne venue pour motif humanitaire : 47% des migrants ayant ce profil ont déclaré des symptômes dépressifs en 2019. Le deuxième profil correspond aux familles monoparentales : 57% des personnes dans cette situations ont déclaré des symptômes dépressifs en 2019. Enfin, le troisième profil correspond aux immigrés isolés socialement : 43% d'entre eux ont déclaré des symptômes dépressifs en 2019. ]

Clément Soulignac : Ce sentiment d'intégration est très important, car si presque tous les primo-arrivants disent se sentir chez eux en France, ils sont bien moins nombreux à se sentir considérés comme français.

[ Infographie représentant deux échantillons de 10 personnes. Le premier échantillon montre que 9 primo-arrivants sur 10 se sentent chez eux en France. Le deuxième échantillon montre que 6 primo-arrivants sur 10 se sentent considérés comme français. ]

Cela ne pose-t-il pas, justement, la question de leur intégration ?

Clément Soulignac : Et bien si, et cet aspect est même primordial ! Un nouveau migrant qui a une santé mentale fragile a plus de risque d'être au chômage qu'en emploi. De plus, si les symptômes dépressifs persistent, il aura davantage de difficultés à occuper un travail à temps complet. Malgré tous ces obstacles, la grande majorité des primo-arrivants souhaitent rester définitivement en France. Peu importe leur âge, leur genre, leur niveau de diplôme ou encore leur position sur le marché du travail.

[ infographie d'un diagramme montrant que 84% des primo-arrivants souhaitent rester définitivement en France. ]

[ titre : retour aux sources. Datagora. Enquête longitudinale sur l'intégration des primo-arrivants (ELIPA 2) 2023-2024. Pour en savoir plus rendez-vous sur le site de la DGEF. Direction générale des étrangers en France, statistique publique, ministère de l'intérieur et des outre-mer. ]

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