Insertion professionnelle et parentalité des primo-arrivants - Les mères de jeunes enfants occupent deux à trois fois moins souvent un emploi que les pères

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La présence d’enfants en bas âge dans le logement impacte la participation des femmes au marché du travail. La moitié des mères primo-arrivantes ayant des enfants de 3 ans ou moins est au foyer alors que 6 femmes sur 10 sans enfant ou avec des enfants tous de 4 ans ou plus travaillent. Parmi les mères au foyer s’occupant elles-mêmes de leurs enfants, 9 sur 10 déclarent ne pas rechercher d’emploi pour des raisons familiales.

Les gardes formelles (crèche ou assistant maternel) sont le plus souvent mobilisées par des mères en emploi : quatre mères actives occupées sur dix y recourent. Par contre, lorsqu’elles sont célibataires et en emploi, 16 % usent de modes de gardes informels tels que des membres de la famille ou des amis, contre moins de 5 % des autres mères. 8 pères primo-arrivants sur 10 occupent un emploi et leur position sur le marché du travail varie peu selon l’âge de leurs enfants et leur mode de garde. Les mères primo-arrivantes de jeunes enfants occupent ainsi deux à trois fois moins souvent un emploi que les pères. Au final, le taux d’emploi des mères primo-arrivantes recule avec l’arrivée d’un nouvel enfant et augmente avec leur scolarisation progressive.

Quatre ans après leur admission au séjour, 68 % des primo-arrivants (définition) occupent un emploi, 80 % des hommes contre 51 % des femmes [1]. Dans le même temps, un quart des primo-arrivants ont à leur charge au moins un enfant de trois ans ou moins [2]. La présence d’enfants en bas âge dans le ménage peut ajouter un obstacle supplémentaire à l’insertion sur le marché du travail pour les migrants devant réussir à concilier vie professionnelle et vie familiale [3].

La moitié des primo-arrivantes ayant des enfants en bas âge sont inactives

La position des femmes primo-arrivantes sur le marché du travail dépend de la présence d’enfants en bas âge dans leur ménage. Quatre ans après leur admission au séjour, la moitié des primo-arrivantes ayant des enfants de moins de 3 ans sont inactives, essentiellement au foyer, contre près du quart pour les autres femmes (figure 1). Par ailleurs, plus de 60 % de celles sans enfant ou avec des enfants de 4 ans et plus occupent un emploi, contre 34 % des primo-arrivantes avec de jeunes enfants (définition). Par voie de fait, le taux de chômage des primo-arrivantes ayant des enfants de moins de 3 ans s’établit à 34 % contre 14 % pour celles sans enfant et 18 % pour celles ayant des enfants plus âgés.

À l’inverse, la situation professionnelle des hommes primo-arrivants ne varie que peu selon leur parentalité : 86 % de ceux avec des enfants occupent un emploi, soit 7 points de plus que ceux sans enfant, près de 10 % recherchent du travail et 10 % de ceux sans enfant poursuivent toujours leurs études. Au final, les pères primo-arrivants de jeunes enfants occupent deux à trois fois plus souvent un emploi que les mères primo-arrivantes avec de jeunes enfants à charge.

Figure 1 : activité professionnelle en 2022 selon la composition familiale

Graphique

Deux graphiques à barres comparant l'activité professionnelle des femmes et des hommes primo-arrivants en 2022 selon trois situations familiales : sans enfant, avec enfant de 3 ans ou moins, et avec enfant de 4 ans ou plus. Les données détaillées sont disponibles dans la transcription ci-après, et dans l'onglet "Tableau" du groupe d'onglets
Lecture : 34 % des femmes primo-arrivantes avec au moins un enfant de 3 ans ou moins dans leur ménage sont en emploi, contre 60 % des hommes primo-arrivants en 2022. Champ : Primo-arrivants non retraités, entre 18 et 65 ans. Source : Elipa 2, DSED, ministère de l'intérieur

Tableau

Activité professionnelle en 2022 selon la composition familiale
Situation d'activité Femmes primo-arrivantes Hommes primo-arrivants
Sans enfant Avec au moins un enfant de 3 ans ou moins Avec enfant(s) de 4 ans et plus Sans enfant Avec au moins un enfant de 3 ans ou moins Avec enfant(s) de 4 ans et plus
En emploi 60% 34% 61% 79% 86% 86%
Au chômage 10% 17% 13% 10% 10% 8%
Au foyer 7% 45% 22% 0% 1% 2%
Autre inactifs (étudiants) 23% 4% 3% 10% 3% 4%

Lecture : 34 % des femmes primo-arrivantes avec au moins un enfant de 3 ans ou moins dans leur ménage sont en emploi, contre 60 % des hommes primo-arrivants en 2022.

Champ : Primo-arrivants non retraités, entre 18 et 65 ans.

Source : Elipa 2, DSED, Ministère de l'intérieur.

La garde d’enfants est la principale cause d’inactivité évoquée par les mères

Les mères primo-arrivantes d’enfants âgés de 0 à 3 ans sont plus souvent que les autres femmes inactives au foyer. Parmi elles, 21 % déclarent chercher un emploi, contre 47 % des femmes au foyer sans enfant (figure 2). Pour autant, qu’elles aient spécifié rechercher un emploi ou non, près de huit femmes sur dix gardent elles-mêmes leurs enfants en bas âge. En effet, les raisons principales d’absence de recherche d’emploi des femmes au foyer sont familiales, notamment pour s’occuper de leurs enfants ou de proches (86 %, figure 3). Ce motif est moins soulevé par les femmes ayant des enfants plus âgés (52 %) et par celles n’ayant pas d’enfant (20 %).

Figure 2 : les femmes au foyer en 2022 selon leur recherche d'emploi

Les femmes au foyer en 2022 selon leur recherche d'emploi
Statut de recherche d'emploi Femmes sans enfant Femmes avec enfant de 4 ans et plus uniquement Femmes avec au moins un enfant de 3 ans ou moins
Déclare chercher un emploi 47% 22% 21%
Déclare ne pas chercher un emploi 53% 78% 79%

Lecture : 47 % des femmes au foyer sans enfant déclarent chercher un emploi.

Champ : Primo-arrivantes, entre 18 et 65 ans, au foyer en 2022.

Source : Elipa 2, DSED, Ministère de l'intérieur.

Figure 3 : les femmes au foyer et les raisons de leur absence de recherche d'emploi

Les raisons de l'absence de recherche d'emploi des femmes au foyer
Raisons de l'absence de recherche Femmes sans enfant Femmes avec enfant de 4 ans et plus uniquement Femmes avec au moins un enfant de 3 ans ou moins
Doit s'occuper de ses enfants ou de proches 20% 52% 86%
N'est pas disponible pour des raisons de santé 8% 11% 6%
Ne parle pas suffisamment bien français 37% 18% 3%
Autres raisons 35% 18% 6%

Lecture : Parmi les femmes sans enfant au foyer ne cherchant pas d'emploi, 20 % évoquent des raisons liées aux enfants ou à des proches dont elle s'occupe.

Champ : Primo-arrivantes entre 18 et 65 ans, au foyer sans recherche d'emploi en 2022.

Source : Elipa 2, DSED, Ministère de l'intérieur.

L’emploi des mères s’accompagne d’une garde formelle des enfants

Les mères primo-arrivantes recourent à des modes de garde formels (définition) plus fréquemment quand elles sont en emploi. 41% d’entre elles y recourent, contre 18 % de celles en recherche d’emploi, et moins de 3 % des femmes au foyer (figure 4). Cependant, une femme en emploi sur quatre garde tout de même seule son jeune enfant. Cette proportion s’élève à 61 % pour les mères au chômage et à 79 % pour celles au foyer.

Figure 4 : mode de garde des jeunes enfants des primo-arrivants selon leur emploi en 2022

Graphique

Deux graphiques en barre sur les modes de gardes des jeunes enfants des primo-arrivants. Le premier graphique est dédié aux femmes, et le deuxième aux hommes. Les données détaillés sont disponibles dans la transcription ci-après, et dans l'onglet "Tableau" du groupe d'onglets actuel.
Champ : Primo-arrivants non retraités, d'entre 18 et 65 ans, ayant au moins un enfant de trois ans ou moins dans leur ménage en 2022. Note et lecture détaillées dans la transcription. Source : Elipa 2, DSED, Ministère de l'intérieur.

Note : Les hommes au foyer et les autres personnes inactives ne sont pas représentés sur ce 
graphique pour des raisons d’effectifs.
Lecture : En 2022, 2 % des hommes primo-arrivants en emploi gardent eux même leur(s) 
jeune(s) enfant(s), tandis que 25 % des femmes primo-arrivantes en emploi gardent elles-mêmes 
leur(s) jeune(s) enfant(s).

Transcription

Note : Les hommes au foyer et les autres personnes inactives ne sont pas représentés sur ce 
graphique pour des raisons d’effectifs.
Lecture : En 2022, 2 % des hommes primo-arrivants en emploi gardent eux même leur(s) 
jeune(s) enfant(s), tandis que 25 % des femmes primo-arrivantes en emploi gardent elles-mêmes 
leur(s) jeune(s) enfant(s).

Tableau

Modes de gardes des jeunes enfants des primo-arrivants selon leur emploi en 2022
Situation d'activité Femmes primo-arrivantes Hommes primo-arrivants
Gardé par le primo-arrivant Gardé par le conjoint Gardé par les deux parents Crèche Assistant maternel Famille ou proches Scolarisé Gardé par le primo-arrivant Gardé par le conjoint Gardé par les deux parents Crèche Assistant maternel Famille ou proches Scolarisé
En emploi 25% 3% 8% 29% 12% 7% 16% 2% 51% 11% 11% 6% 3% 15%
Au chômage 61% 0% 5% 18% 0% 2% 13% 14% 43% 25% 6% 3% 0% 9%
Au foyer 79% 2% 7% 2% 1% 1% 9% N/A N/A N/A N/A N/A N/A N/A

Note : Les hommes au foyer et les autres personnes inactives ne sont pas représentés sur ce graphique pour des raisons d’effectifs.

Lecture : En 2022, 2 % des hommes primo-arrivants en emploi gardent eux même leur(s) jeune(s) enfant(s), tandis que 25 % des femmes primo-arrivantes en emploi gardent elles-mêmes leur(s) jeune(s) enfant(s).

Champ : Primo-arrivants non retraités, d’entre 18 et 65 ans, ayant au moins un enfant de trois ans ou moins dans leur ménage en 2022.

Source : Elipa 2, DSED, Ministère de l'intérieur.

Pour les pères primo-arrivants, être en recherche d’emploi plutôt qu’en emploi augmente la participation à la garde de l’enfant, mais davantage à deux que seuls. En effet, 11 % des pères en emploi gardent avec leur conjointe leurs enfants, contre 25 % des pères en recherche d’emploi. Par ailleurs, 2 % des pères en emploi gardent leurs enfants seuls, contre 14 % des pères en recherche d’emploi. Enfin, 17 % des pères ont recours à un mode de garde formel payant alors que ce n’est le cas que de 9 % des pères en recherche d’emploi.

Le fait d’être en emploi ou au chômage joue davantage pour les mères que pour les pères dans le choix du mode de garde. En effet pour les mères, le recours à des modes de garde formels augmente de 23 points quand elles sont en emploi plutôt qu’au chômage, alors qu’il n’augmente que de 8 points pour les pères.

14% des mères seules ont un mode de garde informel

En 2022, 7% des familles sont monoparentales. Ce sont dans 9 cas sur 10 des femmes, plus souvent sans emploi (61 %) qu’en emploi (39 %). Ces femmes en situation de monoparentalité en emploi gardent dans 51 % des cas leurs enfants elles-mêmes (figure 5). La garde formelle payante est assez fréquente et concerne plus d’une mère sur quatre. Pour autant, elles sont nombreuses à avoir un mode de garde informel non parental, tel que la garde assurée par membres de la famille ou des amis (14 %). Pour les femmes en situation de monoparentalité sans emploi, elles gardent en grande majorité elles-mêmes leurs jeunes enfants (77 %). Seulement 23 % d’entre elles n’ont pas à leur charge la garde de leurs enfants, et les font garder par une crèche.

Figure 5 : mode de garde des jeunes enfants des mères primo-arrivantes selon leur statut de couple

Graphique

Graphique à barres empilées montrant les modes de garde des enfants de moins de 3 ans pour les mères primo-arrivantes en 2022, selon leur situation professionnelle (en emploi ou pas) et leur statut de couple (pas en couple, conjoint en emploi, conjoint pas en emploi). Les modes de garde incluent : scolarisé, famille/proches, assistant maternel, crèche, garde par les parents, par le conjoint ou par la primo-arrivante seule. Les données détaillées sont dans la transcription, et dans l'onglet "Tableau"
Champ : Primo-arrivantes non retraitées, entre 18 et 65 ans, ayant au moins un enfant de trois ans ou moins dans le ménage en 2022. Lecture détaillée dans la transcription textuelle. Source : Elipa 2, DSED, Ministère de l'intérieur.

Lecture : En 2022, parmi les primo-arrivantes pas en couple mais en emploi, la garde est assurée dans 51 % des cas par la primo-arrivante seule.

Transcription

Lecture : En 2022, parmi les primo-arrivantes pas en couple mais en emploi, la garde est assurée dans 51 % des cas par la primo-arrivante seule.

Tableau

Mode de garde des jeunes enfants des mères primo-arrivantes selon leur statut de couple en 2022
Situation de la mère Gardé par la primo-arrivante Gardé par le conjoint Gardé par les parents Crèche Assistant maternel Famille ou proches Scolarisé
Pas en couple En emploi 51% 0% 0% 21% 7% 14% 7%
Pas en emploi 77% 0% 0% 14% 2% 2% 5%
Conjoint en emploi En emploi 18% 1% 9% 32% 14% 7% 18%
Pas en emploi 75% 1% 7% 7% 2% 1% 9%
Conjoint pas en emploi En emploi 41% 15% 9% 20% 0% 3% 11%
Pas en emploi 61% 2% 10% 6% 0% 4% 17%

Lecture : En 2022, parmi les primo-arrivantes pas en couple mais en emploi, la garde est assurée dans 51 % des cas par la primo-arrivante seule.

Champ : Primo-arrivantes non retraitées, entre 18 et 65 ans, ayant au moins un enfant de trois ans ou moins dans le ménage en 2022.

Source : Elipa 2, DSED, Ministère de l'intérieur.

Pour les mères en couple biactifs, le recours à des modes de garde formels est plus important

90 % des femmes sont en couple quatre ans après leur admission au séjour. Parmi elles, 83 % le sont avec un conjoint qui est en emploi. Dans ce cas, un tiers d’entre elles sont aussi en emploi. C’est dans cette situation familiale que le recours à une garde formelle et payante est la plus fréquente, avec près d’une mère sur deux qui déclare confier ses enfants à une crèche ou à un assistant maternel. Pour les deux tiers des femmes qui ne sont pas en emploi mais ont un conjoint en emploi, ce sont elles qui gardent en majorité leurs enfants (75 %), seulement 18 % d’entre elles n’ont pas à leur charge la garde de leurs enfants. 17 % des femmes en couple le sont avec un conjoint qui n’est pas en emploi. Parmi elles, 71 % sont elles aussi sans emploi. Pour ces dernières, l’enfant est majoritairement gardé par le ou les parents (75 %), mais toujours majoritairement par la mère (61 %). Pour celles qui sont en emploi, 20 % déclarent avoir leurs enfants en crèche et 15 % déclarent que c’est leur conjoint qui s’en occupe. 41 % disent garder elles-mêmes leurs jeunes enfants.

Quand les enfants sont scolarisés, la position sur le marché du travail des mères évolue peu

L’articulation entre parentalité et insertion professionnelle révèle des trajectoires hétérogènes. Ces trajectoires combinent, à des rythmes différents, l’arrivée d’un nouvel enfant dans le ménage, la scolarisation des ainés, la sortie de l’inactivité de leur mère ou encore celle du chômage. La classification suivante synthétise les parcours des mères primo-arrivantes, entre un et quatre ans après leur admission au séjour en France, en mettant en regard 6 groupes de dynamiques professionnelles et de configurations familiales (figure 6 et encadré 1).

Les deux premiers groupes rassemblent un tiers des mères primo-arrivantes (figure 6, groupes 1 et 2). Parmi elles, neuf sur dix élèvent sur toute la période des enfants âgés de 4 ans et plus et n’ont pas de nouvel enfant dans leur ménage. Ces enfants sont ainsi tous scolarisés et la charge de leur garde en journée ne repose plus sur les parents. Par ailleurs, deux tiers de ces mères vivent en couple et la moitié partagent leur vie avec un conjoint en emploi.

Par contre, la position sur le marché du travail des mères distingue nettement les deux groupes. Dans le premier groupe, plus de 80 % occupent un emploi dès 2019 contre moins de 5 % dans le deuxième. Le premier groupe concentre davantage les mères diplômées du supérieur (4 sur 10). À l’inverse, l’absence de diplôme concerne quatre mères sur dix dans le deuxième groupe. Dans ce dernier, la moitié des mères restent au foyer et plus d’une sur deux a migré pour un motif familial. En 2022, quatre ans après leur admission au séjour, 23 % de ces mères occupent un emploi, soit près de vingt points de plus qu’en 2019. Toutefois, cette progression reflète surtout l’entrée sur le marché du travail de mères auparavant en études ou déjà actives mais au chômage. Globalement, la position sur le marché du travail des mères avec des enfants de 4 ans et plus évolue peu : parmi elles, près d’une mère sur deux travaille sur toute la période, tandis qu’une sur trois demeure au foyer.

Figure 6 : les six trajectoires d’emploi et de parentalité entre 2019 et 2022 des mères primo-arrivantes de 2018

Graphique complexe composé de douze panneaux illustrant les trajectoires d'emploi et de parentalité de six groupes de mères primo-arrivantes entre 2019 et 2022. Les graphiques du haut montrent l'évolution entre l'emploi, le chômage et l'inactivité, tandis que ceux du bas montrent l'évolution de la composition familiale (sans enfant, enfant de moins de 3 ans, enfant de 4 ans et plus). Les données détaillées sont dans le fichier excel de référence à télécharger.
Champ : Primo-arrivantes non retraitées, entre 18 et 65 ans, ayant au moins un enfant dans leur ménage entre 2019 et 2022. Note et lecture détaillées dans la transcription ci-dessous. Source : Elipa 2, DSED, Ministère de l'intérieur.

Note : le graphique montre la distribution des états d’emploi et de parentalité aux trois années de l'enquête : 2019, 2020 et 2022 pour chaque groupe. Les graphiques du haut représentent les trajectoires d'emploi et les graphiques du bas représentent les trajectoires de parentalité.

Lecture : En 2019, les femmes du groupe 1 sont 80 % à être en emploi et 80 % d'entre elles ont un enfant de 4 ans et plus dans leur ménage.

Transcription

Note : le graphique montre la distribution des états d’emploi et de parentalité aux trois années de l'enquête : 2019, 2020 et 2022 pour chaque groupe. Les graphiques du haut représentent les trajectoires d'emploi et les graphiques du bas représentent les trajectoires de parentalité.

Lecture : En 2019, les femmes du groupe 1 sont 80 % à être en emploi et 80 % d'entre elles ont un enfant de 4 ans et plus dans leur ménage.

L’arrivée d’un nouvel enfant réduit le taux d’emploi des mères et leur scolarisation l’augmente

Les quatre groupes suivants rassemblent des mères aux trajectoires familiales divergentes. Le groupe 3 concerne des mères avec des enfants de 3 ans ou moins en 2019, tous scolarisés en 2022. Les groupes 4 et 5 regroupent des mères qui ont aussi au moins un jeune enfant dans le ménage dès 2019 mais ont un nouvel enfant entre 2019 et 2022. Le groupe 6 réunit des femmes sans enfant un an après leur admission au séjour devenant mères au cours des trois années suivantes.

La typologie montre un lien étroit entre arrivée des enfants et participation au marché du travail. Les femmes sans enfant un an après leur admission au séjour travaillent le plus souvent : sept sur dix occupent un emploi (figure 6, groupe 6). L’arrivée du premier enfant à charge réduit cette participation professionnelle : en 2022, seule une sur deux travaille encore, soit vingt points de moins qu’en 2019. Parmi ces mères, une sur deux garde elle-même son enfant et une sur quatre recourt à une crèche ou à un assistant maternel.

À l’inverse, les mères dont les enfants sont progressivement scolarisés, jusqu’à tous l’être, voient leur taux d’emploi progresser nettement (figure 6, groupe 3). En 2019, moins d’un quart travaille alors que sept sur dix assurent elles-mêmes la garde de leurs enfants. En 2020, quatre sur dix occupent un emploi, tandis qu’un tiers garde directement les enfants. En 2022, près d’une sur deux travaille lorsque tous les enfants sont scolarisés.

Enfin, parmi les mères d’enfants de moins de 3 ans sur l’ensemble de la période, deux profils se distinguent. D’une part, les mères n’ayant un nouvel enfant qu’un an après l’admission au séjour voient leur taux d’emploi progresser, en particulier entre 2020 et 2022 (figure 6, groupe 4) à mesure que le cadet grandit. Parmi elles, une mère sur trois confie ses enfants à une crèche ou à un assistant maternel quatre ans après leur admission au séjour, facilitant leur accès à un emploi. D’autre part, les mères accueillant de nouveaux enfants plus tardivement ou à plusieurs reprises sur les quatre années suivant leur admission au séjour sont plus de neuf sur dix à être et rester inactives et au foyer tout au long de la période (figure 6, groupe 5).

Ressources

Encadré 1 : l’analyse des trajectoires d’emploi et de parentalité

Une analyse de séquences est menée pour analyser conjointement la parentalité et l’emploi.

Pour chaque individu, l’état d’emploi et de parentalité est disponible à chaque vague de l’enquête : 2019, 2020 et 2022. Les séquences étudiées ici sont celles de l’emploi et de la parentalité. L’emploi est regroupé en 3 états : être en emploi, être en recherche d’emploi ou être inactif. La parentalité est aussi regroupée en 3 états : ne pas avoir d’enfants à charge dans le logement, avoir au moins un enfant de 3 ans ou moins dans le logement, avoir uniquement des enfants de 4 ans et plus dans le logement.

Cette analyse est menée sur les femmes primo-arrivantes, compte tenu du lien tenu entre l’emploi et la parentalité, ayant au moins un enfant dans le logement sur la période.

En raison du grand nombre de combinaisons possibles d’états, peu d’individus suivent les mêmes trajectoires. La première étape consiste à calculer les dissimilarités entre les différentes séquences en identifiant à quel point elles peuvent être proches en terme de nombre, d’ordre, et de durée d’états. Cette distance est définie par le coût minimal « d’opération » (remplacement, insertion ou suppression d’état) requis pour que deux séquences soient identiques. La méthode de l’optimal matching est utilisée ici. Puis, une classification ascendante hiérarchique (CAH) est effectuée sur cette matrice des distances afin de regrouper les séquences les plus proches entre elles et aboutir à un certain nombre de classes. La méthode de Ward est retenue pour définir le nombre de classes. Au final, 6 groupes sont retenus, compte tenu du dendrogramme, de la courbe d’inertie et des indicateurs statistiques.

Un primo-arrivant : dit aussi primo-détenteur, un primo-arrivant est, dans Elipa 2, une personne originaire d’un pays tiers à l’Union européenne des vingt-huit, et hors Royaume-Uni, Islande, Norvège, Lichtenstein et Suisse, disposant d’un premier titre de séjour d’au moins un an délivré en 2018 (hors motif étudiant).

Les jeunes enfants désignent dans cette étude les enfants âgés de 0 à 3 ans.

Un mode de garde formel regroupe le recours à la crèche ou à un(e) assistant(e) maternel(le).

La seconde édition de l’Enquête longitudinale sur l’intégration des primo-arrivants, Elipa 2, a pour objectifs principaux d’appréhender le parcours d’intégration en France des immigrés les quatre années qui suivent l’obtention de leur premier titre de séjour (hors motif « étudiant »). En France métropolitaine, près de 120 000 personnes ont obtenu un premier titre de séjour d’au moins un an (hors motif « étudiants ») en 2018, dont plus de 59 000 dans les dix départements les plus peuplés par les primo-arrivants. L’enquête Elipa 2 est représentative de ces derniers. Les sondés de cette enquête statistique ont été interviewés en 2019, 2020 et 2022, dans la langue de leur choix parmi les dix langues les plus parlées en France. Plus de 6 500, 5 000 et 4 000 primo-arrivants ont répondu à chacune des trois vagues d’interrogation.