Présence des Ukrainiens adultes ayant une autorisation de séjour en France
- Publié le
Depuis le déclenchement du conflit en Ukraine en 2022, la France a accueilli 118 800 Ukrainiens adultes bénéficiaires de la protection temporaire. Cette population, majoritairement composée de femmes, a été multipliée par 4,6 en 2022, avec une concentration marquée à Paris, à Nice et dans les principaux pôles urbains. Du fait du conflit, la protection temporaire est devenue le principal vecteur d'accueil des Ukrainiens, avec un pic de bénéficiaires en août 2022. En 2024, la France demeure la 12e terre d'accueil pour ces ressortissants au sein de l’UE, avec un maintien durable des Ukrainiens arrivés sur le territoire trois ans auparavant (54 %).
L’invasion de l’Ukraine par la Russie en février 2022 a marqué un tournant dans la politique migratoire française. Comme l’ensemble des États membres de l’UE, la France a activé le dispositif exceptionnel de protection temporaire prévu par la directive européenne 2001/55/CE (Encadré 1), dès le 4 mars 2022 pour contenir l’afflux massif d’Ukrainiens fuyant le conflit. Cette situation inédite a entraîné une multiplication de la présence ukrainienne adulte en France par 4,6 en 2022 pour atteindre 85 000. Depuis, malgré quelques fluctuations, la population ukrainienne sur le territoire se stabilise autour de 90 000. L’évolution de la présence ukrainienne adulte en France présente deux phases distinctes de croissance. Avant le déclenchement de l’invasion de l’Ukraine, la présence ukrainienne adulte en France demeurait relativement marginale dans le paysage migratoire. Entre 2014 et 2021, cette population a augmenté de 70 %, à un rythme régulier de près de 8 % en moyenne par an. À la fin de l’année 2021, 18 541 Ukrainiens adultes résidaient de manière régulière sur le territoire français (Figure 1). Le motif familial était majoritaire (Figure 6). Périmètre : France, ressortissants adultes de pays tiers. Note de lecture : à la fin de l’année 2024, 87 015 Ukrainiens adultes résidaient en France. Source : MI - DGEF - DSED À fin 2025, la population ukrainienne adulte présente en France résulte de plusieurs vagues migratoires aux profils différents. Les arrivées les plus anciennes, antérieures à 2014 (7 % des Ukrainiens présents en 2025), relèvent principalement de motifs familiaux (52 %) ou de séjours de longue durée (37 %), témoignant d’une migration stabilisée. Celles intervenues entre 2014 et 2021 (13 % des Ukrainiens en 2025) marquent une transition, avec une part croissante de titres humanitaires (28 %) en lien avec les premiers affrontements à l’est de l’Ukraine, même si les motifs familiaux restent les plus fréquents (50 %). La rupture s’observe en 2022 : plus d’un Ukrainien sur deux présent en 2025 est arrivé cette année-là, dans un contexte d’exode massif lié à la guerre (Figure 2). Parmi eux, 92 % relèvent du motif humanitaire, dont près des trois quarts sous statut de bénéficiaire de protection temporaire (BPT) et 20 % sous protection subsidiaire. Les adultes ukrainiens arrivés depuis 2023 prolongent cette dynamique (22 748 personnes) : toujours plus de neuf Ukrainiens sur dix sous motif humanitaire, avec une part croissante de bénéficiaires de la protection subsidiaire et de demandeurs d’asile, traduisant à la fois la poursuite du conflit et la lente transformation des statuts vers des formes de séjour plus durables. En 2021, la population ukrainienne résidant en France se concentrait principalement dans quelques grands pôles urbains. Les dix départements rassemblant les effectifs les plus importants accueillent à eux seuls près de 50 % de la communauté ukrainienne présente sur le territoire. L’Île-de-France occupe une place prépondérante avec Paris (1er département avec 9 % du total national) et les départements de la petite couronne (15,4 % du total national). En province, le département des Alpes-Maritimes (2e avec 6,5 % du total national) constitue un autre pôle principal d’attraction. En 2022, la concentration de la population ukrainienne autour de ces pôles se confirme. Ainsi, Paris demeure le premier département d’accueil, avec plus de 8 000 Ukrainiens, soit près de 10 % du total national. Les Alpes-Maritimes comptent près de 7 800 résidents, soit une multiplication par 6 par rapport à 2021. D’autres foyers émergent à partir de 2022 : autour de la capitale, les Hauts-de-Seine, le Val-de-Marne et la Seine-Saint-Denis figurent désormais parmi les dix premiers départements d’accueil. Globalement, l’Île-de-France regroupe à elle seule près d’un quart de la population ukrainienne adulte installée en France, fin 2025. En dehors de ce cœur urbain, quelques pôles régionaux se démarquent nettement : les Bouches-du-Rhône, le Bas-Rhin, le Rhône et la Loire-Atlantique ont vu leur population ukrainienne adulte multipliée par trois à quatre entre 2021 et 2022. Ces territoires ont absorbé une part non négligeable des nouveaux arrivants (10 %). Depuis, la présence ukrainienne s’est étendue à l’ensemble du territoire, tout en demeurant très polarisée autour des grands bassins urbains et des zones déjà attractives avant le conflit. En 2025, la présence ukrainienne s’est stabilisée autour de ces foyers principaux (Figure 3). L’Île-de-France concentre toujours plus d’un quart de la population ukrainienne. Les Alpes-Maritimes deviennent le premier département d’accueil (9,3 % du total national), devant Paris (6,3 %) et les Hauts-de-Seine (5,0 %). Le Bas-Rhin, le Rhône et les Bouches-du-Rhône confirment leur attractivité. Cette configuration, marquée par la stabilité des principaux pôles urbains et littoraux, témoigne d’un ancrage croissant des Ukrainiens en France, particulièrement dans les territoires offrant des perspectives économiques ou sociales attractives. À côté des principaux foyers déjà identifiés, la présence ukrainienne apparaît relativement plus marquée dans plusieurs départements de l’est et du centre de la France métropolitaine, y compris dans des départements où la population étrangère est globalement moins représentée. Depuis 2022, l’arrivée de nombreuses femmes en âge actif se traduit par une concentration importante dans la tranche des 30 à 40 ans, désormais prépondérante (44 %) parmi la population féminine. On observe également une présence non négligeable des 20-25 ans (10 %) et des 60-65 ans (6%), témoignant d’une diversité de profils liée à des motifs migratoires variés. Chez les hommes, la répartition est semblable, avec les 18-25 ans qui représentent une proportion notable (21 % des hommes). Ces évolutions révèlent l’arrivée d’un nouveau profil à partir de 2022 : les retraités. Ils peuvent se rapprocher de proches installés en France et bénéficier d’un cadre de vie plus stable en temps de guerre. Ces tendances, amorcées dès 2022, se maintiennent en 2025, traduisant une stabilisation durable des profils démographiques au sein de la communauté ukrainienne (Figure 4). La structure familiale des Ukrainiens présents en France a connu un changement marqué entre la période précédant la guerre (2021) et la période récente (2022 à 2025) (Figure 5). Parmi les Ukrainiens présents en France, la part de femmes célibataires a nettement augmenté en quatre ans : en 2025, elles sont presque autant représentées que les femmes en couple (respectivement 26 % et 29 %), alors qu’en 2021, ces dernières étaient deux fois plus nombreuses. La surreprésentation des femmes mariées dans la population étrangère adulte présente en France reste stable dans le même temps. Avant le déclenchement du conflit en Ukraine, la présence ukrainienne en France reposait principalement sur le motif familial, qui concernait plus de la moitié des ressortissants ukrainiens, contre un sur trois pour l’ensemble de la population étrangère (Figure 6). Quatre titres familiaux délivrés à des ressortissants ukrainiens sur cinq étaient détenus par des femmes. Le motif humanitaire restait minoritaire et concernait environ une personne sur cinq. L’activation en mars 2022 du dispositif européen de protection temporaire a profondément modifié cette répartition. Durant cette année, 90 % des délivrances enregistrées pour les Ukrainiens se concrétisaient par l’obtention de la protection temporaire. À la fin de l’année 2022, près de quatre Ukrainiens adultes sur cinq bénéficiaient de ce statut. Les autres motifs humanitaires regroupaient principalement les demandeurs d’asile et les bénéficiaires d’une protection internationale. Dans ce contexte, l’Ukraine est devenue en 2022 la première nationalité bénéficiaire d’autorisations de séjour (titres ou documents provisoires) pour motif humanitaire, devant l’Afghanistan. En 2025, la part des bénéficiaires de la protection temporaire recule au profit des demandeurs d’asile (Figure 7). Cette évolution s’explique en partie par une conversion vers la protection internationale à l’expiration des premiers titres délivrés. Dans le même temps, le motif étudiant progresse légèrement, gagnant deux points, tandis que les autres motifs conservent des volumes stables. Les bénéficiaires de la protection temporaire viennent s’ajouter à la population déjà installée en France. Parmi l’ensemble des étrangers, les bénéficiaires de la protection temporaire représentent 1 % des détenteurs d’un titre de séjour valide. La transformation des profils ukrainiens n’a pas entraîné de changement significatif dans la structure globale des motifs. Le nombre de bénéficiaires ukrainiens de la protection temporaire en France atteint un pic à 69 500 en août 2022 puis s’inscrit dans une tendance baissière à partir d’octobre 2022 pour aboutir à 50 000 en décembre 2025 (Figure 8). Ce phénomène recouvre des sorties du territoire, des demandes de naturalisation (Encadré 2) et des transitions vers d’autres procédures telles que la demande d’asile (Figure 10). Le volume d’octroi de la protection temporaire présente une très forte saisonnalité, directement liée à la fin de validité des autorisations provisoires de séjour (APS) et à leur renouvellement. Au déclenchement du conflit, le nombre d’arrivées a atteint un niveau exceptionnellement élevé, avant de s’atténuer progressivement au fil des mois (Figure 9). À partir de septembre 2022, les renouvellements d’APS deviennent majoritaires, marquant le passage d’une phase d’accueil massif à une phase de gestion administrative des personnes déjà présentes. Depuis 2024, le rythme des primo-délivrances se stabilise autour de 1 000 chaque mois. Ces délivrances traduisent bien de nouvelles arrivées, mais également pour près d’un tiers d’entre elles d’anciens mineurs devenus majeurs en France. Note de lecture : En septembre 2022, 3 568 primo-délivrances et 23 921 renouvellements d’APS de protection temporaire ont été enregistrés, pour un total de 27 489 délivrances. Entre mars 2022 et fin 2025, 118 800 Ukrainiens adultes ont obtenu une protection temporaire en France. Près de quatre ans après le déclenchement du conflit, une majorité d’entre eux demeure sur le territoire : en décembre 2025, un peu plus de 69 000, soit six Ukrainiens adultes ayant fui le conflit sur dix sont encore présents sur le territoire français (Figure 10). La plupart d’entre eux conserve le statut initial qui leur a été accordé : plus de sept bénéficiaires sur dix relèvent toujours de la protection temporaire. Les arrivées se concentrent toutefois dans les premiers mois du conflit. Plus de la moitié des bénéficiaires de la protection temporaire (55 %) sont arrivés en France avant août 2022, c’est-à-dire avant la première vague de renouvellements des APS liées à la protection temporaire. Pour autant, les arrivées ne se sont pas interrompues par la suite : entre août 2022 et décembre 2025, près de 53 000 Ukrainiens supplémentaires ont bénéficié d’une protection temporaire. Parallèlement, une partie non négligeable des bénéficiaires initiaux de la protection temporaire a vu sa situation évoluer. 17 % a accédé à la protection subsidiaire, valable pour une durée de quatre ans. Environ 4 % sont en cours de procédure de demande d’asile, témoignant de parcours administratifs encore incertains. Enfin, 7 % d’entre eux disposent d’un autre type de titre de séjour, y compris d’un titre salarié, signe de démarches vers une insertion plus durable par l’emploi. Ainsi, environ un changement de situation sur quatre débouche sur un statut non humanitaire. Note de lecture : Des 69 173 Ukrainiens toujours présents sur le territoire fin 2025 (parmi les 118 800 ayant bénéficié de la protection temporaire), 72%, soit 49 959 sont toujours dans ce statut. Parmi les Ukrainiens ayant obtenu une protection temporaire en mars et en avril 2022, 72 % se trouvaient encore en France six mois plus tard. Les sorties ont été particulièrement marquées dans les premiers mois, puis elles se sont progressivement stabilisées. Après un an de conflit, cette proportion avait légèrement diminué à 66 %. À fin 2025, plus de la moitié (54 %) résidait encore sur le territoire français (Figure 11). Au sein de la population initiale, 36 % demeurent bénéficiaires de la protection temporaire (BPT) à fin 2025, en ayant renouvelé leur autorisation provisoire de séjour tous les six mois. Le reste des ressortissants ukrainiens a quitté le territoire français, ou changé de statut en s’orientant par exemple vers le statut de demandeurs d’asile (Figure 11). Ainsi, 16 % ont basculé vers d’autres titres de séjour, principalement la protection subsidiaire ou pour motifs économiques permettant une installation plus durable. L’évolution du taux de maintien sur le territoire n’est toutefois pas strictement monotone. Entre deux vagues successives de renouvellement des autorisations provisoires de séjour, des remontées ponctuelles du taux de maintien peuvent être observées. Celles-ci s’expliquent principalement par des renouvellements tardifs de la protection temporaire : certains bénéficiaires, bien qu’ayant laissé expirer leur autorisation, procèdent à sa régularisation avec un décalage. Note de lecture : 33 mois après le début du conflit, le taux de maintien des BPT atteint 56 %. Les autres titres (correspondant en majeure partie aux titres pour les bénéficiaires de la protection subsidiaire, aux titres économiques, étudiants et familiaux) représentent 11 %. En suivant la cohorte des bénéficiaires ayant obtenu une protection temporaire entre mars et avril 2022, soit près de 49 000 bénéficiaires, des écarts apparaissent selon le sexe (Figure 12). Les femmes, nettement majoritaires parmi les arrivants, sont proportionnellement plus nombreuses à avoir quitté le territoire au fil du temps. En conséquence, le taux global de maintien dépend largement de leur trajectoire. Les hommes présentent en revanche une propension un peu plus élevée à rester sur le territoire (entre 5 et 7 points de plus que les femmes). Note de lecture : 45 mois après leur arrivée en mars ou avril 2022, 58 % des hommes et 52,7 % des femmes sont toujours présents sur le territoire. Les courbes sont en « dents de scie » car après des baisses correspondant aux renouvellements des APS à date tous les six mois, sont enregistrés quelques renouvellements tardifs supplémentaires. Le champ Depuis le déclenchement de la guerre en Ukraine en février 2022, l’Europe a enregistré un afflux migratoire sans précédent de ressortissants ukrainiens. Dans ce contexte, la France se situe en 12e position des pays d’accueil de bénéficiaires ukrainiens majeurs de la protection temporaire. Elle se situe loin derrière l’Allemagne, qui en accueille environ 800 000 sur son territoire (Figure 13). Cette situation peut notamment s’expliquer par le rapprochement de ces ressortissants de leurs compatriotes déjà installés avant le début du conflit dans des États membres de l’Union européenne géographiquement plus proches de l’Ukraine. Par ailleurs, la durée de validité des documents accordant la protection temporaire est, dans la plupart des pays européens voisins, plus longue qu’en France (un an renouvelable automatiquement, contre six mois en France). À l’échelle européenne, près de trois millions d’adultes ukrainiens bénéficient d’une protection temporaire, dont deux tiers de femmes. La structure par âge de cette population traduit un profil migratoire typique des mobilités liées au conflit : une majorité en âge d’activité (53 % de 35 à 64 ans), suivie par les 18-34 ans (38 %), tandis que les personnes âgées de 65 ans et plus restent minoritaires (9 %) (Figure 14). La France se distingue du profil européen moyen sur certains aspects. La part des femmes y est légèrement supérieure (près de 70 % contre 66 % à l’échelle de Europe), et leur présence est davantage concentrée dans les tranches d’âge intermédiaires : plus d’une femme ukrainienne sur deux a entre 35 et 64 ans (57 %). Périmètre : BPT ukrainiens adultes présents dans les pays membres de l’UE ou de l’AELE. Source : Eurostat. La protection temporaire est un dispositif exceptionnel prévu par la directive européenne 2001/55/CE du 20 juillet 2001. Elle a vocation à être activée en cas d’afflux massif de personnes déplacées en provenance de pays tiers, lorsqu’il est impossible de traiter individuellement les demandes d’asile. Ce mécanisme, qui vise à offrir une protection immédiate et collective tout en allégeant la charge des systèmes nationaux, a été activé pour la première fois le 4 mars 2022 à la suite de l’invasion de l’Ukraine par la Russie. L’ensemble des États membres de l’Union européenne, dont la France, ont décidé d’accorder ce statut aux personnes fuyant le conflit, pour une durée initiale d’un an (sauf pour la France), renouvelable par périodes de six mois jusqu’à un maximum de trois ans suivant les États. En France, les bénéficiaires se voient délivrer une autorisation provisoire de séjour (APS) de six mois renouvelable, qui leur permet de résider légalement sur le territoire et d’accéder immédiatement au marché du travail. Proches de ceux accordés aux réfugiés statutaires, la protection temporaire ouvre également droit à un ensemble de prestations sociales et de services publics, avec un accès immédiat à la santé, aux prestations sociales et à la scolarisation des enfants. Ce dispositif se distingue de la procédure classique d’asile, puisqu’il ne repose pas sur un examen individuel, mais vise à garantir une prise en charge rapide et uniforme d’une population nombreuse. Depuis 2018, plus de 400 Ukrainiens adultes sont naturalisés chaque année, traduisant une tendance soutenue à l’installation durable. Cependant, la naturalisation est un processus long et exigeant, qui nécessite une présence de plusieurs années sur le territoire français, une maîtrise de la langue française et le respect de procédures administratives strictes. Dans ce contexte, les nouvelles arrivées liées à la guerre ne se traduisent pas immédiatement par un nombre accru de demandes de naturalisation. Les Ukrainiens récemment arrivés s’inscrivent pour l’instant davantage dans des logiques de séjour temporaire que dans un projet d’intégration par la naturalisation. Taux de maintien au statut de protection temporaire : dans le cadre de cette étude, ce taux désigne la proportion de bénéficiaires de la protection temporaire enregistrés entre mars et avril 2022 qui disposent toujours d’une autorisation provisoire de séjour (APS) ouvrant droit à la protection temporaire à la date d’observation. Taux de maintien sur le territoire : ce taux correspond à la part des ressortissants ukrainiens initialement bénéficiaires de la protection temporaire qui détiennent encore un document de séjour valide à la date d’observation, qu’ils relèvent toujours du statut de bénéficiaire de la protection temporaire ou qu’ils aient accédé à un autre titre de séjour. Taux de sortie : dans le cadre de cette étude, le taux de sortie mesure la proportion de ressortissants ukrainiens initialement bénéficiaires de la protection temporaire qui ne disposent plus d’aucun document de séjour valide à la date d’observation, qu’ils aient quitté le territoire français ou qu’ils y résident sans titre. Périmètre de l'analyse : l’étude se concentre sur la population adulte ukrainienne ayant eu depuis mars 2022 une autorisation de séjour en cours de validité en France (titre et document provisoire de séjour). Les mineurs sont exclus du champ de l’analyse, dans la mesure où ils ne sont pas soumis à l’obligation de détenir une autorisation de séjour en France, sauf situations particulières (notamment en cas d’exercice d’une activité professionnelle ou de déplacement à l’étranger). La principale source statistique mobilisée est AGDREF (Application de gestion des dossiers des ressortissants étrangers en France), qui recense les étrangers titulaires d’une autorisation de séjour en cours de validité. Cette source permet de suivre l’évolution de la présence des ressortissants ukrainiens sur plusieurs années.
Une population ukrainienne adulte en France multipliée par 4,6 en 2022
Figure 1 - évolution des présences adultes ukrainienne et étrangère en France
Graphique
Tableau
Année / Catégorie Total des Ukrainiens Total des étrangers 2014 10 930 2 733 810 2015 12 539 2 840 499 2016 12 938 2 937 805 2017 13 589 3 078 634 2018 14 709 3 225 176 2019 16 180 3 402 030 2020 17 558 3 452 423 2021 18 541 3 694 305 2022 85 041 3 983 143 2023 83 958 4 156 429 2024 87 015 4 315 929 2025 89 929 4 455 786
Figure 2 - répartition des arrivées des Ukrainiens présents en 2025
Une concentration marquée par la présence ukrainienne à Paris et à Nice
Figure 3 - part des Ukrainiens adultes et comparaison avec l'ensemble des étrangers adultes non Ukrainiens dans la population par département de France métropolitaine
Une migration ukrainienne davantage féminine et active
Figure 4 – distribution par âge et par sexe de la population ukrainienne adulte présente en France en 2021, 2022 et 2025
Augmentation de la part des femmes célibataires à partir de 2022
Figure 5 – répartition par situation familiale des Ukrainiens
D’une présence surtout familiale en 2021 à une population majoritairement humanitaire en 2022
Figure 6 – répartition par motif de séjour des Ukrainiens adultes présents en France en 2021 et 2022
Figure 7 – répartition par motif des adultes ukrainiens et étrangers en 2025
Un pic de bénéficiaires en août 2022 suivi d’un reflux progressif
Figure 8 – évolution de la présence des bénéficiaires ukrainiens de la protection temporaire en France
Une forte saisonnalité liée aux renouvellements des autorisations provisoires de séjour
Figure 9 – évolution cumulative des délivrances d’APS de protection temporaire pour Ukrainiens
Jusqu’à fin 2025, 118 800 Ukrainiens adultes ont bénéficié d’une protection temporaire en France
Figure 10 - statut des 118 800 Ukrainiens ayant bénéficié de la protection temporaire et des 69 173 encore présents sur le territoire en décembre 2025
Au fil du temps, le taux de maintien diminue pour se stabiliser au-dessus de 50 %
Figure 11 – taux de maintien des premiers BPT ukrainiens arrivés sur le territoire français – par motif
Figure 12 – taux de maintien des premiers BPT ukrainiens arrivés sur le territoire – par sexe
Sexe / Temporalité Arrivées 3 mois après 6 mois après 9 mois après 12 mois après 15 mois après 18 mois après 21 mois après Femmes 100,0% 99,9% 71,0% 73,8% 64,4% 66,2% 59,1% 60,1% Hommes 100,0% 99,5% 77,1% 80,6% 70,5% 72,7% 64,9% 66,1% Sexe / Temporalité 24 mois après 27 mois après 30 mois après 33 mois après 36 mois après 39 mois après 42 mois après 45 mois après Femmes 56,9% 57,4% 54,8% 55,5% 53,7% 54,1% 52,7% 52,7% Hommes 62,6% 63,4% 60,4% 60,8% 59,0% 59,6% 58,0% 58,0% Arrivées
correspond aux ukrainiens arrivés pendant les deux premiers mois du conflit.
La France, 12e terre d’accueil pour les Ukrainiens adultes en UE
Figure 13 – répartition du nombre de BPT ukrainiens entre les principaux pays européens
Graphique
Tableaux
État membre Total adultes Allemagne 803 580 Pologne 538 085 Tchéquie 292 145 Espagne 154 935 Roumanie 127 625 Italie 112 370 Slovaquie 94 230 Pays-Bas 88 085 Irlande 76 230 Autriche 60 690 Belgique 58 910 France 56 260 Norvège 55 290 Bulgarie 51 090 Finlande 50 530 Suisse 47 600 Portugal 40 880 Lettonie 35 455 État membre Total adultes Suède 34 650 Lituanie 33 375 Danemark 25 895 Estonie 25 140 Grèce 24 570 Croatie 17 925 Chypre 16 320 Slovénie 7 160 Islande 3 295 Luxembourg 2 805 Malte 1 635 Liechtenstein 530
Figure 14 – répartition du nombre de BPT ukrainiens par sexe et par tranche d’âge dans quelques pays de l’UE
Graphique
Tableaux
État membre Entre 18 et 34 ans Entre 35 et 64 ans Plus de 65 ans Ensemble Europe 14,3% 16,7% 2,6% France 10,7% 15,6% 3,7% Belgique 15,9% 17,5% 2,0% Irlande 13,4% 17,6% 3,0% Pays-Bas 16,2% 17,0% 1,6% Italie 8,1% 9,0% 2,9% Roumanie 24,0% 21,0% 2,1% Espagne 13,9% 13,9% 19,1% Tchéquie 18,3% 18,8% 1,9% Pologne 13,0% 13,0% 12,4% Allemagne 13,5% 18,3% 3,5% État membre Entre 18 et 34 ans Entre 35 et 64 ans Plus de 65 ans Ensemble Europe 23,3% 36,5% 6,7% France 21,3% 39,9% 8,8% Belgique 26,2% 33,3% 5,1% Irlande 22,7% 36,5% 6,8% Pays-Bas 25,7% 35,1% 4,4% Italie 24,8% 45,1% 10,0% Roumanie 19,6% 28,5% 4,8% Espagne 25,3% 33,2% 6,2% Tchéquie 23,1% 34,1% 3,9% Pologne 30,0% 38,1% 5,1% Allemagne 19,3% 36,5% 8,7%
Ressources
Encadré 1 - la protection temporaire, principal vecteur d’accueil des Ukrainiens depuis 2022
Encadré 2 - demandes de naturalisation des Ukrainiens