Présence des Ukrainiens adultes ayant une autorisation de séjour en France

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Depuis le déclenchement du conflit en Ukraine en 2022, la France a accueilli 118 800 Ukrainiens adultes bénéficiaires de la protection temporaire. Cette population, majoritairement composée de femmes, a été multipliée par 4,6 en 2022, avec une concentration marquée à Paris, à Nice et dans les principaux pôles urbains. Du fait du conflit, la protection temporaire est devenue le principal vecteur d'accueil des Ukrainiens, avec un pic de bénéficiaires en août 2022. En 2024, la France demeure la 12e terre d'accueil pour ces ressortissants au sein de l’UE, avec un maintien durable des Ukrainiens arrivés sur le territoire trois ans auparavant (54 %).

Une population ukrainienne adulte en France multipliée par 4,6 en 2022

L’invasion de l’Ukraine par la Russie en février 2022 a marqué un tournant dans la politique migratoire française. Comme l’ensemble des États membres de l’UE, la France a activé le dispositif exceptionnel de protection temporaire prévu par la directive européenne 2001/55/CE (Encadré 1), dès le 4 mars 2022 pour contenir l’afflux massif d’Ukrainiens fuyant le conflit. Cette situation inédite a entraîné une multiplication de la présence ukrainienne adulte en France par 4,6 en 2022 pour atteindre 85 000. Depuis, malgré quelques fluctuations, la population ukrainienne sur le territoire se stabilise autour de 90 000.

L’évolution de la présence ukrainienne adulte en France présente deux phases distinctes de croissance. Avant le déclenchement de l’invasion de l’Ukraine, la présence ukrainienne adulte en France demeurait relativement marginale dans le paysage migratoire. Entre 2014 et 2021, cette population a augmenté de 70 %, à un rythme régulier de près de 8 % en moyenne par an. À la fin de l’année 2021, 18 541 Ukrainiens adultes résidaient de manière régulière sur le territoire français (Figure 1). Le motif familial était majoritaire (Figure 6).

Figure 1 - évolution des présences adultes ukrainienne et étrangère en France

Graphique

Graphique linéaire. Les données détaillés sont dans l'onglet "Tableau" du groupe.
Périmètre : France, ressortissants adultes de pays tiers. Note de lecture : à la fin de l’année 2024, 87 015 Ukrainiens adultes résidaient en France. MI - DGEF - DSED

Tableau

Évolution des présences adultes ukrainiennes et étrangères de 2014 à 2025
Année / CatégorieTotal des UkrainiensTotal des étrangers
201410 9302 733 810
201512 5392 840 499   
201612 9382 937 805
201713 5893 078 634
201814 7093 225 176
201916 1803 402 030
202017 5583 452 423
202118 5413 694 305
202285 0413 983 143
202383 9584 156 429
202487 0154 315 929
202589 9294 455 786

Périmètre : France, ressortissants adultes de pays tiers. Note de lecture : à la fin de l’année 2024, 87 015 Ukrainiens adultes résidaient en France. Source : MI - DGEF - DSED

À fin 2025, la population ukrainienne adulte présente en France résulte de plusieurs vagues migratoires aux profils différents. Les arrivées les plus anciennes, antérieures à 2014 (7 % des Ukrainiens présents en 2025), relèvent principalement de motifs familiaux (52 %) ou de séjours de longue durée (37 %), témoignant d’une migration stabilisée. Celles intervenues entre 2014 et 2021 (13 % des Ukrainiens en 2025) marquent une transition, avec une part croissante de titres humanitaires (28 %) en lien avec les premiers affrontements à l’est de l’Ukraine, même si les motifs familiaux restent les plus fréquents (50 %). La rupture s’observe en 2022 : plus d’un Ukrainien sur deux présent en 2025 est arrivé cette année-là, dans un contexte d’exode massif lié à la guerre (Figure 2). Parmi eux, 92 % relèvent du motif humanitaire, dont près des trois quarts sous statut de bénéficiaire de protection temporaire (BPT) et 20 % sous protection subsidiaire. Les adultes ukrainiens arrivés depuis 2023 prolongent cette dynamique (22 748 personnes) : toujours plus de neuf Ukrainiens sur dix sous motif humanitaire, avec une part croissante de bénéficiaires de la protection subsidiaire et de demandeurs d’asile, traduisant à la fois la poursuite du conflit et la lente transformation des statuts vers des formes de séjour plus durables.

Figure 2 - répartition des arrivées des Ukrainiens présents en 2025

Périmètre : Détenteurs d’une autorisation de séjour (titres de séjour ou document provisoire) au 31/12/2025

Une concentration marquée par la présence ukrainienne à Paris et à Nice

En 2021, la population ukrainienne résidant en France se concentrait principalement dans quelques grands pôles urbains. Les dix départements rassemblant les effectifs les plus importants accueillent à eux seuls près de 50 % de la communauté ukrainienne présente sur le territoire. L’Île-de-France occupe une place prépondérante avec Paris (1er département avec 9 % du total national) et les départements de la petite couronne (15,4 % du total national). En province, le département des Alpes-Maritimes (2e avec 6,5 % du total national) constitue un autre pôle principal d’attraction.

En 2022, la concentration de la population ukrainienne autour de ces pôles se confirme. Ainsi, Paris demeure le premier département d’accueil, avec plus de 8 000 Ukrainiens, soit près de 10 % du total national. Les Alpes-Maritimes comptent près de 7 800 résidents, soit une multiplication par 6 par rapport à 2021.

D’autres foyers émergent à partir de 2022 : autour de la capitale, les Hauts-de-Seine, le Val-de-Marne et la Seine-Saint-Denis figurent désormais parmi les dix premiers départements d’accueil. Globalement, l’Île-de-France regroupe à elle seule près d’un quart de la population ukrainienne adulte installée en France, fin 2025.

En dehors de ce cœur urbain, quelques pôles régionaux se démarquent nettement : les Bouches-du-Rhône, le Bas-Rhin, le Rhône et la Loire-Atlantique ont vu leur population ukrainienne adulte multipliée par trois à quatre entre 2021 et 2022. Ces territoires ont absorbé une part non négligeable des nouveaux arrivants (10 %).

Depuis, la présence ukrainienne s’est étendue à l’ensemble du territoire, tout en demeurant très polarisée autour des grands bassins urbains et des zones déjà attractives avant le conflit.

En 2025, la présence ukrainienne s’est stabilisée autour de ces foyers principaux (Figure 3). L’Île-de-France concentre toujours plus d’un quart de la population ukrainienne. Les Alpes-Maritimes deviennent le premier département d’accueil (9,3 % du total national), devant Paris (6,3 %) et les Hauts-de-Seine (5,0 %). Le Bas-Rhin, le Rhône et les Bouches-du-Rhône confirment leur attractivité. Cette configuration, marquée par la stabilité des principaux pôles urbains et littoraux, témoigne d’un ancrage croissant des Ukrainiens en France, particulièrement dans les territoires offrant des perspectives économiques ou sociales attractives.

À côté des principaux foyers déjà identifiés, la présence ukrainienne apparaît relativement plus marquée dans plusieurs départements de l’est et du centre de la France métropolitaine, y compris dans des départements où la population étrangère est globalement moins représentée.

Figure 3 - part des Ukrainiens adultes et comparaison avec l'ensemble des étrangers adultes non Ukrainiens dans la population par département de France métropolitaine

Deux cartes choroplèthes de France métropolitaine comparant, par département, la part des Ukrainiens adultes (carte a) et la part des étrangers adultes non ukrainiens (carte b) dans la population en 2025. Les échelles de couleur sont différentes : la part des Ukrainiens est nettement plus faible (max 0,7 %) que celle des étrangers non ukrainiens (max 19,4 %). Les détails sont dans la transcription ci-après.
Périmètre : France métropolitaine, ressortissants de pays tiers, détenteurs adultes d’une autorisation de séjour en fin d’année 2025 Note de lecture dans la transcription textuelle. MI - DGEF - DSED, Insee (estimation de la population fin 2025)

Une migration ukrainienne davantage féminine et active

Depuis 2022, l’arrivée de nombreuses femmes en âge actif se traduit par une concentration importante dans la tranche des 30 à 40 ans, désormais prépondérante (44 %) parmi la population féminine. On observe également une présence non négligeable des 20-25 ans (10 %) et des 60-65 ans (6%), témoignant d’une diversité de profils liée à des motifs migratoires variés.

Chez les hommes, la répartition est semblable, avec les 18-25 ans qui représentent une proportion notable (21 % des hommes).

Ces évolutions révèlent l’arrivée d’un nouveau profil à partir de 2022 : les retraités. Ils peuvent se rapprocher de proches installés en France et bénéficier d’un cadre de vie plus stable en temps de guerre.

Ces tendances, amorcées dès 2022, se maintiennent en 2025, traduisant une stabilisation durable des profils démographiques au sein de la communauté ukrainienne (Figure 4).

Figure 4 – distribution par âge et par sexe de la population ukrainienne adulte présente en France en 2021, 2022 et 2025

Deux graphiques en courbes montrant la distribution par âge des Ukrainiennes (carte a) et des Ukrainiens (carte b) présents en France en 2021, 2022 et 2025. Chez les femmes, un pic marqué est observé autour de 35-40 ans en 2022 et 2025. Chez les hommes, les effectifs sont nettement plus faibles et la distribution plus étalée. Les détails sont dans la transcription ci-après.
Périmètre : Ukrainiens détenteurs d’une autorisation de séjour (titres de séjour ou document provisoire) à la fin de chaque année. MI - DGEF - DSED
En 2025, les femmes représentent trois quarts de la population ukrainienne adulte en France, soit une proportion nettement supérieure à celle observée pour l'ensemble de la population étrangère adulte, où les femmes ne représentent que la moitié. Cette forte féminisation de la population ukrainienne en France est un phénomène général dans les autres pays d’accueil européens (Figure 14).

Augmentation de la part des femmes célibataires à partir de 2022

La structure familiale des Ukrainiens présents en France a connu un changement marqué entre la période précédant la guerre (2021) et la période récente (2022 à 2025) (Figure 5).

Parmi les Ukrainiens présents en France, la part de femmes célibataires a nettement augmenté en quatre ans : en 2025, elles sont presque autant représentées que les femmes en couple (respectivement 26 % et 29 %), alors qu’en 2021, ces dernières étaient deux fois plus nombreuses. La surreprésentation des femmes mariées dans la population étrangère adulte présente en France reste stable dans le même temps.

Figure 5 – répartition par situation familiale des Ukrainiens

Graphique en barres horizontales dos-à-dos comparant la répartition par situation familiale des Ukrainiens en France en 2021 et 2025, selon le sexe. Les femmes sont majoritairement en couple, les hommes majoritairement célibataires. La part des femmes a fortement augmenté depuis 2022. Les détails sont dans la transcription ci-après.
Périmètre : Ukrainiens détenteurs d’une autorisation de séjour (titres de séjour ou document provisoire) à la fin de chaque année. Note de lecture : En 2025, 14 % des Ukrainiens sont des hommes célibataires, tandis que 29% sont des femmes en couple. MI - DGEF - DSED

D’une présence surtout familiale en 2021 à une population majoritairement humanitaire en 2022

Avant le déclenchement du conflit en Ukraine, la présence ukrainienne en France reposait principalement sur le motif familial, qui concernait plus de la moitié des ressortissants ukrainiens, contre un sur trois pour l’ensemble de la population étrangère (Figure 6). Quatre titres familiaux délivrés à des ressortissants ukrainiens sur cinq  étaient détenus par des femmes. Le motif humanitaire restait minoritaire et concernait environ une personne sur cinq.

Figure 6 – répartition par motif de séjour des Ukrainiens adultes présents en France en 2021 et 2022

Deux graphiques en anneau comparant la répartition par motif de séjour des Ukrainiens adultes en France en 2021 et 2022. En 2022, la protection temporaire devient largement majoritaire (77 %), motif quasi inexistant en 2021 où le motif familial dominait (51 %). Les détails sont dans la transcription ci-après.
Périmètre : Détenteurs d’une autorisation de séjour (titres de séjour ou document provisoire) en fin d’année, Ukrainiens adultes. MI - DGEF - DSED

L’activation en mars 2022 du dispositif européen de protection temporaire a profondément modifié cette répartition. Durant cette année, 90 % des délivrances enregistrées pour les Ukrainiens se concrétisaient par l’obtention de la protection temporaire. À la fin de l’année 2022, près de quatre Ukrainiens adultes sur cinq bénéficiaient de ce statut. Les autres motifs humanitaires regroupaient principalement les demandeurs d’asile et les bénéficiaires d’une protection internationale. Dans ce contexte, l’Ukraine est devenue en 2022 la première nationalité bénéficiaire d’autorisations de séjour (titres ou documents provisoires) pour motif humanitaire, devant l’Afghanistan.

En 2025, la part des bénéficiaires de la protection temporaire recule au profit des demandeurs d’asile (Figure 7). Cette évolution s’explique en partie par une conversion vers la protection internationale à l’expiration des premiers titres délivrés. Dans le même temps, le motif étudiant progresse légèrement, gagnant deux points, tandis que les autres motifs conservent des volumes stables. Les bénéficiaires de la protection temporaire viennent s’ajouter à la population déjà installée en France.

Parmi l’ensemble des étrangers, les bénéficiaires de la protection temporaire représentent 1 % des détenteurs d’un titre de séjour valide. La transformation des profils ukrainiens n’a pas entraîné de changement significatif dans la structure globale des motifs.

Figure 7 – répartition par motif des adultes ukrainiens et étrangers en 2025

Deux graphiques en anneau comparant la répartition par motif de séjour des Ukrainiens et de l'ensemble des ressortissants de pays tiers en France en 2025. La protection temporaire domine largement chez les Ukrainiens (55 %), motif quasi absent chez les autres étrangers, où les motifs familial et divers sont prépondérants (33 % chacun). Les détails sont dans la transcription ci-après.
Source : MI – DGEF - DSED. Périmètre : Détenteurs d’une autorisation de séjour (titres de séjour ou document provisoire) au 31/12/2025. MI - DGEF - DSED

Un pic de bénéficiaires en août 2022 suivi d’un reflux progressif

Le nombre de bénéficiaires ukrainiens de la protection temporaire en France atteint un pic à 69 500 en août 2022 puis s’inscrit dans une tendance baissière à partir d’octobre 2022 pour aboutir à 50 000 en décembre 2025 (Figure 8). Ce phénomène recouvre des sorties du territoire, des demandes de naturalisation (Encadré 2) et des transitions vers d’autres procédures telles que la demande d’asile (Figure 10).

Figure 8 – évolution de la présence des bénéficiaires ukrainiens de la protection temporaire en France

Graphique en courbe montrant l'évolution mensuelle du nombre de bénéficiaires ukrainiens de la protection temporaire en France de mars 2022 à décembre 2025. La courbe monte rapidement jusqu'à un pic d'environ 70 000 personnes à l'été 2022, puis diminue progressivement pour atteindre environ 50 000 fin 2025. Les détails sont dans la transcription ci-après.
Périmètre : Ukrainiens détenteurs d’une autorisation de séjour (titres de séjour ou document provisoire) à la fin de chaque mois. MI - DGEF - DSED

Une forte saisonnalité liée aux renouvellements des autorisations provisoires de séjour

Le volume d’octroi de la protection temporaire présente une très forte saisonnalité, directement liée à la fin de validité des autorisations provisoires de séjour (APS) et à leur renouvellement. Au déclenchement du conflit, le nombre d’arrivées a atteint un niveau exceptionnellement élevé, avant de s’atténuer progressivement au fil des mois (Figure 9).

À partir de septembre 2022, les renouvellements d’APS deviennent majoritaires, marquant le passage d’une phase d’accueil massif à une phase de gestion administrative des personnes déjà présentes. Depuis 2024, le rythme des primo-délivrances se stabilise autour de 1 000 chaque mois. Ces délivrances traduisent bien de nouvelles arrivées, mais également pour près d’un tiers d’entre elles d’anciens mineurs devenus majeurs en France.

Figure 9 – évolution cumulative des délivrances d’APS de protection temporaire pour Ukrainiens

Graphique en aires empilées montrant l'évolution mensuelle des délivrances d'APS de protection temporaire pour les Ukrainiens de mars 2022 à décembre 2025, distinguant créations et renouvellements. Un pic majeur est observé en avril 2022 (créations), suivi de pics périodiques de renouvellements qui diminuent progressivement. Les détails sont dans la transcription ci-après.
Périmètre : Délivrances d’une APS de protection temporaire pour les Ukrainiens adultes. Note de lecture disponible dans la transcription. MI - DGEF - DSED

Note de lecture : En septembre 2022, 3 568 primo-délivrances et 23 921 renouvellements d’APS de protection temporaire ont été enregistrés, pour un total de 27 489 délivrances.

Transcription

Note de lecture : En septembre 2022, 3 568 primo-délivrances et 23 921 renouvellements d’APS de protection temporaire ont été enregistrés, pour un total de 27 489 délivrances.

Jusqu’à fin 2025, 118 800 Ukrainiens adultes ont bénéficié d’une protection temporaire en France

Entre mars 2022 et fin 2025, 118 800 Ukrainiens adultes ont obtenu une protection temporaire en France. Près de quatre ans après le déclenchement du conflit, une majorité d’entre eux demeure sur le territoire : en décembre 2025, un peu plus de 69 000, soit six Ukrainiens adultes ayant fui le conflit sur dix sont encore présents sur le territoire français (Figure 10). La plupart d’entre eux conserve le statut initial qui leur a été accordé : plus de sept bénéficiaires sur dix relèvent toujours de la protection temporaire.

Les arrivées se concentrent toutefois dans les premiers mois du conflit. Plus de la moitié des bénéficiaires de la protection temporaire (55 %) sont arrivés en France avant août 2022, c’est-à-dire avant la première vague de renouvellements des APS liées à la protection temporaire. Pour autant, les arrivées ne se sont pas interrompues par la suite : entre août 2022 et décembre 2025, près de 53 000 Ukrainiens supplémentaires ont bénéficié d’une protection temporaire.

Parallèlement, une partie non négligeable des bénéficiaires initiaux de la protection temporaire a vu sa situation évoluer. 17 % a accédé à la protection subsidiaire, valable pour une durée de quatre ans. Environ 4 % sont en cours de procédure de demande d’asile, témoignant de parcours administratifs encore incertains. Enfin, 7 % d’entre eux disposent d’un autre type de titre de séjour, y compris d’un titre salarié, signe de démarches vers une insertion plus durable par l’emploi. Ainsi, environ un changement de situation sur quatre débouche sur un statut non humanitaire.

Figure 10 - statut des 118 800 Ukrainiens ayant bénéficié de la protection temporaire et des 69 173 encore présents sur le territoire en décembre 2025

Deux graphiques en camembert liés. Le premier montre que 58 % des 118 800 Ukrainiens ayant bénéficié de la protection temporaire sont encore présents en France en décembre 2025 (69 173 personnes), contre 42 % de sortants. Le second détaille le statut actuel des 69 173 restants : 72 % sont toujours en protection temporaire, 17 % en protection subsidiaire. Les détails sont dans la transcription ci-après.
Périmètre : Ukrainiens adultes ayant bénéficié de la protection temporaire entre mars 2022 et décembre 2025. Note de lecture détaillée dans la transcription. MI - DGEF - DSED

Note de lecture : Des 69 173 Ukrainiens toujours présents sur le territoire fin 2025 (parmi les 118 800 ayant bénéficié de la protection temporaire), 72%, soit 49 959 sont toujours dans ce statut.

Transcription

Note de lecture : Des 69 173 Ukrainiens toujours présents sur le territoire fin 2025 (parmi les 118 800 ayant bénéficié de la protection temporaire), 72%, soit 49 959 sont toujours dans ce statut.

Au fil du temps, le taux de maintien diminue pour se stabiliser au-dessus de 50 %

Parmi les Ukrainiens ayant obtenu une protection temporaire en mars et en avril 2022, 72 % se trouvaient encore en France six mois plus tard. Les sorties ont été particulièrement marquées dans les premiers mois, puis elles se sont progressivement stabilisées. Après un an de conflit, cette proportion avait légèrement diminué à 66 %. À fin 2025, plus de la moitié (54 %) résidait encore sur le territoire français (Figure 11).

Au sein de la population initiale, 36 % demeurent bénéficiaires de la protection temporaire (BPT) à fin 2025, en ayant renouvelé leur autorisation provisoire de séjour tous les six mois. Le reste des ressortissants ukrainiens a quitté le territoire français, ou changé de statut en s’orientant par exemple vers le statut de demandeurs d’asile (Figure 11). Ainsi, 16 % ont basculé vers d’autres titres de séjour, principalement la protection subsidiaire ou pour motifs économiques permettant une installation plus durable.

L’évolution du taux de maintien sur le territoire n’est toutefois pas strictement monotone. Entre deux vagues successives de renouvellement des autorisations provisoires de séjour, des remontées ponctuelles du taux de maintien peuvent être observées. Celles-ci s’expliquent principalement par des renouvellements tardifs de la protection temporaire : certains bénéficiaires, bien qu’ayant laissé expirer leur autorisation, procèdent à sa régularisation avec un décalage.

Figure 11 – taux de maintien des premiers BPT ukrainiens arrivés sur le territoire français – par motif

Graphique en aires empilées montrant l'évolution du taux de maintien des premiers BPT ukrainiens sur le territoire français, de leur arrivée jusqu'à 45 mois après, selon leur statut. La part en protection temporaire diminue progressivement tandis que les sorties augmentent. À 45 mois, environ 50 % sont encore présents. Les détails sont dans la transcription ci-après.
Périmètre : BPT ukrainiens. Note de lecture détaillée dans la transcription. MI - DGEF - DSED

Note de lecture : 33 mois après le début du conflit, le taux de maintien des BPT atteint 56 %. Les autres titres (correspondant en majeure partie aux titres pour les bénéficiaires de la protection subsidiaire, aux titres économiques, étudiants et familiaux) représentent 11 %.

Transcription

Note de lecture : 33 mois après le début du conflit, le taux de maintien des BPT atteint 56 %. Les autres titres (correspondant en majeure partie aux titres pour les bénéficiaires de la protection subsidiaire, aux titres économiques, étudiants et familiaux) représentent 11 %.

En suivant la cohorte des bénéficiaires ayant obtenu une protection temporaire entre mars et avril 2022, soit près de 49 000 bénéficiaires, des écarts apparaissent selon le sexe (Figure 12). Les femmes, nettement majoritaires parmi les arrivants, sont proportionnellement plus nombreuses à avoir quitté le territoire au fil du temps. En conséquence, le taux global de maintien dépend largement de leur trajectoire. Les hommes présentent en revanche une propension un peu plus élevée à rester sur le territoire (entre 5 et 7 points de plus que les femmes).

Figure 12 – taux de maintien des premiers BPT ukrainiens arrivés sur le territoire – par sexe

Graphique en courbes comparant le taux de maintien sur le territoire des premiers BPT ukrainiens par sexe, de l'arrivée jusqu'à 45 mois après. Les hommes se maintiennent davantage que les femmes à tous les stades : à 45 mois, 58 % des hommes sont encore présents contre 52,7 % des femmes. Les détails sont dans la transcription ci-après.
Périmètre : BPT ukrainiens. Note de lecture détaillée dans la transcription. MI - DGEF - DSED

Note de lecture : 45 mois après leur arrivée en mars ou avril 2022, 58 % des hommes et 52,7 % des femmes sont toujours présents sur le territoire. Les courbes sont en « dents de scie » car après des baisses correspondant aux renouvellements des APS à date tous les six mois, sont enregistrés quelques renouvellements tardifs supplémentaires.

Taux de maintien des premiers BPT ukrainiens arrivés sur le territoire sur le long terme (première partie)
Sexe / TemporalitéArrivées3 mois après6 mois après9 mois après12 mois après15 mois après18 mois après21 mois après
Femmes100,0%99,9%71,0%73,8%64,4%66,2%59,1%60,1%
Hommes100,0%99,5%77,1%80,6%70,5%72,7%64,9%66,1%
Taux de maintien des premiers BPT ukrainiens arrivés sur le territoire sur le long terme (deuxième partie)
Sexe / Temporalité24 mois après27 mois après30 mois après33 mois après36 mois après39 mois après42 mois après45 mois après
Femmes56,9%57,4%54,8%55,5%53,7%54,1%52,7%52,7%
Hommes62,6%63,4%60,4%60,8%59,0%59,6%58,0%58,0%

Le champ Arrivées correspond aux ukrainiens arrivés pendant les deux premiers mois du conflit.

Transcription

Note de lecture : 45 mois après leur arrivée en mars ou avril 2022, 58 % des hommes et 52,7 % des femmes sont toujours présents sur le territoire. Les courbes sont en « dents de scie » car après des baisses correspondant aux renouvellements des APS à date tous les six mois, sont enregistrés quelques renouvellements tardifs supplémentaires.

Taux de maintien des premiers BPT ukrainiens arrivés sur le territoire sur le long terme (première partie)
Sexe / TemporalitéArrivées3 mois après6 mois après9 mois après12 mois après15 mois après18 mois après21 mois après
Femmes100,0%99,9%71,0%73,8%64,4%66,2%59,1%60,1%
Hommes100,0%99,5%77,1%80,6%70,5%72,7%64,9%66,1%
Taux de maintien des premiers BPT ukrainiens arrivés sur le territoire sur le long terme (deuxième partie)
Sexe / Temporalité24 mois après27 mois après30 mois après33 mois après36 mois après39 mois après42 mois après45 mois après
Femmes56,9%57,4%54,8%55,5%53,7%54,1%52,7%52,7%
Hommes62,6%63,4%60,4%60,8%59,0%59,6%58,0%58,0%

Le champ Arrivées correspond aux ukrainiens arrivés pendant les deux premiers mois du conflit.

La France, 12e terre d’accueil pour les Ukrainiens adultes en UE

Depuis le déclenchement de la guerre en Ukraine en février 2022, l’Europe a enregistré un afflux migratoire sans précédent de ressortissants ukrainiens.

Dans ce contexte, la France se situe en 12e position des pays d’accueil de bénéficiaires ukrainiens majeurs de la protection temporaire. Elle se situe loin derrière l’Allemagne, qui en accueille environ 800 000 sur son territoire (Figure 13).

Cette situation peut notamment s’expliquer par le rapprochement de ces ressortissants de leurs compatriotes déjà installés avant le début du conflit dans des États membres de l’Union européenne géographiquement plus proches de l’Ukraine. Par ailleurs, la durée de validité des documents accordant la protection temporaire est, dans la plupart des pays européens voisins, plus longue qu’en France (un an renouvelable automatiquement, contre six mois en France).

Figure 13 – répartition du nombre de BPT ukrainiens entre les principaux pays européens

Graphique

Graphique en barres verticales classant 26 pays européens selon le nombre de BPT ukrainiens accueillis. L'Allemagne arrive largement en tête avec environ 800 000 personnes, suivie de la Pologne (540 000) et de la Tchéquie (290 000). La France se situe en milieu de classement avec environ 50 000 personnes. Les détails sont dans l'onglet "Tableaux" du groupe d'onglets.
Champ : Bénéficiaires ukrainiens adultes de la protection temporaire à fin 2024. Eurostat

Tableaux

Répartition du nombre de BPT ukrainiens entre les principaux pays européens (première partie)
État membreTotal adultes
Allemagne803 580   
Pologne538 085   
Tchéquie292 145   
Espagne154 935   
Roumanie127 625   
Italie112 370   
Slovaquie94 230   
Pays-Bas88 085   
Irlande76 230   
Autriche60 690   
Belgique58 910   
France56 260   
Norvège55 290   
Bulgarie51 090   
Finlande50 530   
Suisse47 600   
Portugal40 880   
Lettonie35 455   
Répartition du nombre de BPT ukrainiens entre les principaux pays européens (deuxième partie)
État membreTotal adultes
Suède34 650   
Lituanie33 375   
Danemark25 895   
Estonie25 140   
Grèce24 570   
Croatie17 925   
Chypre16 320   
Slovénie7 160   
Islande3 295   
Luxembourg2 805   
Malte1 635   
Liechtenstein530   

À l’échelle européenne, près de trois millions d’adultes ukrainiens bénéficient d’une protection temporaire, dont deux tiers de femmes. La structure par âge de cette population traduit un profil migratoire typique des mobilités liées au conflit : une majorité en âge d’activité (53 % de 35 à 64 ans), suivie par les 18-34 ans (38 %), tandis que les personnes âgées de 65 ans et plus restent minoritaires (9 %) (Figure 14).

La France se distingue du profil européen moyen sur certains aspects. La part des femmes y est légèrement supérieure (près de 70 % contre 66 % à l’échelle de Europe), et leur présence est davantage concentrée dans les tranches d’âge intermédiaires : plus d’une femme ukrainienne sur deux a entre 35 et 64 ans (57 %).

Figure 14 – répartition du nombre de BPT ukrainiens par sexe et par tranche d’âge dans quelques pays de l’UE

Graphique

Graphique en barres horizontales dos-à-dos comparant la répartition par tranche d'âge (18-34 ans, 35-64 ans, 65 ans et plus) des BPT ukrainiens par sexe et par pays européen. Les femmes sont majoritaires et plus âgées en moyenne, avec une forte proportion de 35-64 ans. Les détails sont dans la transcription ci-après, et dans l'onglet "Tableaux" du groupe.
Périmètre : BPT ukrainiens adultes présents dans les pays membres de l’UE ou de l’AELE. Eurostat

Tableaux

Répartition du nombre de BTP ukrainiens de sexe masculin dans les états membres de l'UE en pourcentage
État membreEntre 18 et 34 ansEntre 35 et 64 ansPlus de 65 ans
Ensemble Europe14,3%16,7%2,6%
France10,7%15,6%3,7%
Belgique15,9%17,5%2,0%
Irlande13,4%17,6%3,0%
Pays-Bas16,2%17,0%1,6%
Italie8,1%9,0%2,9%
Roumanie24,0%21,0%2,1%
Espagne13,9%13,9%19,1%
Tchéquie18,3%18,8%1,9%
Pologne13,0%13,0%12,4%
Allemagne13,5%18,3%3,5%
Répartition du nombre de BTP ukrainiens de sexe féminin dans les états membres de l'UE en pourcentage
État membreEntre 18 et 34 ansEntre 35 et 64 ansPlus de 65 ans
Ensemble Europe23,3%36,5%6,7%
France21,3%39,9%8,8%
Belgique26,2%33,3%5,1%
Irlande22,7%36,5%6,8%
Pays-Bas25,7%35,1%4,4%
Italie24,8%45,1%10,0%
Roumanie19,6%28,5%4,8%
Espagne25,3%33,2%6,2%
Tchéquie23,1%34,1%3,9%
Pologne30,0%38,1%5,1%
Allemagne19,3%36,5%8,7%

Périmètre : BPT ukrainiens adultes présents dans les pays membres de l’UE ou de l’AELE. Source : Eurostat.

Ressources

Encadré 1 - la protection temporaire, principal vecteur d’accueil des Ukrainiens depuis 2022

La protection temporaire est un dispositif exceptionnel prévu par la directive européenne 2001/55/CE du 20 juillet 2001. Elle a vocation à être activée en cas d’afflux massif de personnes déplacées en provenance de pays tiers, lorsqu’il est impossible de traiter individuellement les demandes d’asile. Ce mécanisme, qui vise à offrir une protection immédiate et collective tout en allégeant la charge des systèmes nationaux, a été activé pour la première fois le 4 mars 2022 à la suite de l’invasion de l’Ukraine par la Russie. L’ensemble des États membres de l’Union européenne, dont la France, ont décidé d’accorder ce statut aux personnes fuyant le conflit, pour une durée initiale d’un an (sauf pour la France), renouvelable par périodes de six mois jusqu’à un maximum de trois ans suivant les États.

En France, les bénéficiaires se voient délivrer une autorisation provisoire de séjour (APS) de six mois renouvelable, qui leur permet de résider légalement sur le territoire et d’accéder immédiatement au marché du travail. Proches de ceux accordés aux réfugiés statutaires, la protection temporaire ouvre également droit à un ensemble de prestations sociales et de services publics, avec un accès immédiat à la santé, aux prestations sociales et à la scolarisation des enfants. Ce dispositif se distingue de la procédure classique d’asile, puisqu’il ne repose pas sur un examen individuel, mais vise à garantir une prise en charge rapide et uniforme d’une population nombreuse.

Encadré 2 - demandes de naturalisation des Ukrainiens

Depuis 2018, plus de 400 Ukrainiens adultes sont naturalisés chaque année, traduisant une tendance soutenue à l’installation durable. Cependant, la naturalisation est un processus long et exigeant, qui nécessite une présence de plusieurs années sur le territoire français, une maîtrise de la langue française et le respect de procédures administratives strictes. Dans ce contexte, les nouvelles arrivées liées à la guerre ne se traduisent pas immédiatement par un nombre accru de demandes de naturalisation. Les Ukrainiens récemment arrivés s’inscrivent pour l’instant davantage dans des logiques de séjour temporaire que dans un projet d’intégration par la naturalisation.

Taux de maintien au statut de protection temporaire : dans le cadre de cette étude, ce taux désigne la proportion de bénéficiaires de la protection temporaire enregistrés entre mars et avril 2022 qui disposent toujours d’une autorisation provisoire de séjour (APS) ouvrant droit à la protection temporaire à la date d’observation.

Taux de maintien sur le territoire : ce taux correspond à la part des ressortissants ukrainiens initialement bénéficiaires de la protection temporaire qui détiennent encore un document de séjour valide à la date d’observation, qu’ils relèvent toujours du statut de bénéficiaire de la protection temporaire ou qu’ils aient accédé à un autre titre de séjour.

Taux de sortie : dans le cadre de cette étude, le taux de sortie mesure la proportion de ressortissants ukrainiens initialement bénéficiaires de la protection temporaire qui ne disposent plus d’aucun document de séjour valide à la date d’observation, qu’ils aient quitté le territoire français ou qu’ils y résident sans titre.

Périmètre de l'analyse : l’étude se concentre sur la population adulte ukrainienne ayant eu depuis mars 2022 une autorisation de séjour en cours de validité en France (titre et document provisoire de séjour). Les mineurs sont exclus du champ de l’analyse, dans la mesure où ils ne sont pas soumis à l’obligation de détenir une autorisation de séjour en France, sauf situations particulières (notamment en cas d’exercice d’une activité professionnelle ou de déplacement à l’étranger).

La principale source statistique mobilisée est AGDREF (Application de gestion des dossiers des ressortissants étrangers en France), qui recense les étrangers titulaires d’une autorisation de séjour en cours de validité. Cette source permet de suivre l’évolution de la présence des ressortissants ukrainiens sur plusieurs années.