Profils et parcours des étudiants primo-arrivants : les générations plus récentes restent plus longtemps en France
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En France, les étudiants primo-arrivants viennent principalement du continent africain et du Moyen-Orient. Le titre de séjour pluriannuel est le titre privilégié pour le renouvellement du séjour, ce qui favorise le maintien sur le territoire français. Celui-ci progresse de génération en génération et le passage des études à l’emploi reste la trajectoire la plus fréquente. Les parcours varient selon le sexe et l’origine. Les étudiantes quittent plus rapidement la France que leurs homologues masculins. Plus de la moitié des étudiants originaires des continents américain et asiatique quittent la France dans les deux ans suivant l’obtention de leur premier titre, tandis que la majorité des étudiants d’Afrique et du Moyen-Orient y sont encore présents sept ans après.
Entre 2015 et 2024, un peu moins de 900 000 premiers titres de séjour ont été délivrés à des étudiants [1]. Sur cette période, le profil des étudiants entrés en France a changé : la population étudiante est de plus en plus jeune et de plus en plus féminine. Ainsi, en 2023, sept étudiants primo-arrivants sur dix étaient âgés de moins de 25 ans. Cette même année, le taux de féminisation est de 53,4 %. [2]. Les trajectoires post-études sont toutefois hétérogènes, liées à la fois au contexte économique et institutionnel du pays d’accueil et aux caractéristiques sociodémographiques des étudiants [2,3,4]. Note : L’ensemble des treize nationalités est constitué à partir de l’union des dix nationalités les plus représentées parmi les étudiants primo-arrivants des générations 2015 à 2024. Lecture : En 2024, 11 % des premiers titres de séjour pour motif étudiant ont été délivrés à des Marocains. Champ : France/Ressortissants pays tiers, hors Britanniques Entre 2015 et 2024, le nombre d’étudiants primo-arrivants progresse de 6 % en moyenne par an. Cette dynamique est notamment portée par l’augmentation des flux en provenance d’Afrique subsaharienne et d’Afrique du Nord - Moyen-Orient [2]. Avec la génération 2024, les flux en provenance d’Afrique subsaharienne dépassent pour la première fois ceux d’Afrique du Nord et du Moyen-Orient. Chaque année, les étudiants primo-arrivants proviennent d’un ensemble très diversifié de pays, avec en moyenne 147 nationalités représentées selon les générations. Toutefois, treize nationalités regroupent à elles seules plus de six étudiants primo-arrivants sur dix (Figure 1). Les nationalités marocaine, algérienne et chinoise demeurent les plus représentées sur toute la période 2015-2024. La majorité des étudiants primo-arrivants est originaire de pays d’Afrique ou du Moyen-Orient. La part des étudiants de ces zones progresse de onze points entre les générations 2015 et 2024, passant de 48 % à 59 %, avec un maximum atteint en 2020 (67 %). La zone Asie hors Moyen-Orient occupe la deuxième position sur toute la période 2015-2024, avec environ trois étudiants primo-arrivants sur dix jusqu’en 2019. A partir de 2020, sous l’effet de la crise sanitaire, cette proportion diminue pour atteindre deux étudiants sur dix. Enfin, la part des étudiants originaires d’Amérique et d’Océanie varie entre 11 % (2020) et 18 % (2015). Sur les trois dernières générations, les étudiants en provenance des États-Unis représentent près de quatre étudiants sur dix de ces effectifs, soit deux fois plus que sur les premières générations. Au terme de leur première année de séjour, les étudiants peuvent, selon la réforme du droit des étrangers de 2016 (loi n°2016-274), obtenir une carte de séjour pluriannuelle (CSP) pour étude en renouvellement, d’une durée équivalente à celle du cycle d’études, dans la limite de quatre ans (point 8 de l’article L. 411-4 du CESEDA). Plus récemment, depuis 2021, les étudiants qui entrent en France avec un visa de long séjour valant titre de séjour (VLS-TS) d’une durée inférieure à un an peuvent solliciter, entre quatre mois et deux mois avant l’expiration de leur titre, la délivrance d’une CSP « étudiant - programme de mobilité » valable pour la durée du programme suivi (deux ans ou plus), toujours dans la limite de quatre ans (art. L. 422-6 du CESEDA). L’année suivant l’obtention du premier titre, parmi les étudiants qui renouvellent leur droit au séjour, quatre étudiants sur dix obtiennent une CST et trois sur dix une CSP, en moyenne (sur les générations observées) (Figure 2). La part des étudiants titulaires d’une CSP augmente avec les années, pour l’ensemble des générations observées, marquant ainsi la volonté d’un séjour prolongé. Dès la troisième année, la CSP constitue le principal titre détenu par les étudiants qui renouvellent leur titre (43 %). Après 5 ans, en moyenne, un peu plus de la moitié d’entre eux (51 %) disposent d’une CSP. Lecture : Un an après l’obtention de leur premier titre de séjour, 66 % des étudiants primo-arrivants de la génération 2015 ayant renouvelé leur droit au séjour sont titulaires d’un titre d’une carte de séjour temporaire (CST). Note : Les autres catégories de titres présentés sont les cartes de résident (CR), les certificats de résidence pour Algériens (CRA), les cartes de séjour pluriannuelles (CSP) et les récépissés de demande de titre de séjour (RCS). La catégorie « Autres » regroupe les titres suivants : attestation de demande d’asile (ADA), attestation de prolongation d’instruction (ADP), autorisation provisoire de séjour (APS), carte de séjour Brexit, carte de séjour - directive 96/71/CE, carte de séjour - directive 2004/38/CE, carte de séjour citoyen UE/EEE/SUISSE, VLS-TS, et carte de résident de longue durée. Champ : France/Ressortissants pays tiers, hors Britanniques Source : MI-DGEF-DSED Lecture : Un an après l’obtention de leur premier titre de séjour, 68 % des étudiants primo-arrivants de 2024 sont encore titulaires d’un titre valide, et 63 % disposent toujours d’un titre étudiant d’après les figures a et b. Champ : France/Ressortissants pays tiers, hors Britanniques Source : MI-DGEF-DSED En moyenne, entre 2015 et 2024, deux étudiants étrangers sur trois sont toujours titulaires d’un titre de séjour valide un an après l’obtention de leur premier titre (Figure 3a). Cette part atteint des pics pour les générations 2017, 2021 et 2020 avec respectivement 70 %, 73 %, 74 %. Ces taux de maintien sont supérieurs d’environ neuf points à ceux des cohortes 2010 à 2015 [3], en lien avec la mise en œuvre de la stratégie « Bienvenue en France » à partir de 2018. Celle-ci s’est traduite notamment par un renforcement des dispositifs d’accueil et d’accompagnement des étudiants internationaux ainsi que, depuis l’automne 2020, par la dématérialisation de leurs procédures administratives liées au séjour via la plateforme de l’administration des étrangers en France (ANEF). Par ailleurs, en 2020, l’ordonnance n°2020-328 a prolongé automatiquement de 6 mois la validité des titres de séjour expirant entre le 16 mars et 15 juin 2020, contribuant à limiter les ruptures administratives liées à la crise sanitaire. Enfin, le maintien de la présence étudiante étrangère sur le territoire s’explique également par l’accès à des nouvelles filières. Par exemple, les écoles de commerce, gestion et vente accueillent 20% d’étudiants étrangers en 2024, soit trois fois plus qu’il y a 10 ans [5]. Les taux de maintien des années suivantes progressent également : trois ans après l’obtention de leur premier titre, la moitié des étudiants de la génération 2015 a quitté les bases administratives, une situation comparable à celle des étudiants du début des années 2010 [3]. Pour les générations suivantes, ce seuil de 50 % est atteint seulement cinq ans plus tard, à l’exception de la cohorte 2020. Cette dernière se distingue par des taux de maintien plus élevés : cinq ans après l’obtention de leur premier titre, 60 % des étudiants disposent encore d’un titre de séjour valide, soit jusqu’à 13 points de plus que pour les générations précédentes. Cet écart pourrait en partie s’expliquer par une modification de la structure de la population étudiante, notamment selon l’origine géographique. Pour les cohortes 2020 et 2021, la part des étudiants originaires d’Afrique et du Moyen-Orient est en effet plus élevée que pour les autres cohortes, or ces pays poursuivent souvent des parcours étudiants plus longs [2]. Enfin, huit ans après leur premier titre de séjour, la part des étudiants toujours présents en France est en hausse sensible de 10 points entre la génération 2015 et la génération 2017. Un an après l’obtention de leur premier titre de séjour, en moyenne, près des deux tiers des étudiants des générations 2015 à 2024 détiennent encore un titre pour motif étudiant (Figure 3b). À ce stade du parcours migratoire, les changements de statut restent relativement limités : seuls 5 % des étudiants, en moyenne, disposent déjà d’un titre pour motif économique (Figure 3c), tandis que l’accès à un titre pour motif familial demeure marginal (Figure 3d). Ces résultats confirment que, dans les premières années suivant l’arrivée en France, le séjour est encore largement structuré autour du projet d’études. Toutefois, les trajectoires évoluent progressivement au fil du temps. La proportion d’étudiants restant en France avec un titre de séjour à motif économique augmente de manière continue pour l’ensemble des générations observées, traduisant une insertion croissante sur le marché du travail et une installation plus durable sur le territoire. Cette dynamique atteint son niveau le plus élevé cinq ans après l’obtention du premier titre : la part des étudiants titulaires d’un titre économique s’établit à 21 % pour la génération 2015 et atteint jusqu’à 35 % pour la génération 2020 (Figure 3c). Ce niveau élevé est en partie lié à la structure de cette cohorte, composée de nationalités optant plus fréquemment pour le changement de statut vers un motif économique [2]. À l’inverse, l’installation via un motif familial reste beaucoup moins fréquente. Cinq ans après l’obtention du premier titre, seuls 7 % en moyenne des étudiants des générations 2015 à 2024 disposent d’un titre familial (Figure 3d). Contrairement aux titres économiques, dont la progression est marquée d’une génération à l’autre, les titres familiaux demeurent relativement stables dans le temps. Cela suggère que les trajectoires d’installation des anciens étudiants reposent principalement sur l’insertion professionnelle plutôt que sur le regroupement ou les attaches familiales. À plus long terme, les parcours se diversifient davantage. En effet, huit ans après l’obtention du premier titre, la proportion d’étudiants titulaires d’un titre économique diminue légèrement pour l’ensemble des générations et repasse sous les niveaux observés à cinq ans. Cette inflexion traduit l’effet combiné de sorties du territoire plus fréquentes à partir de la cinquième année (entre 3 % et 4 % par an pour les générations 2015 à 2017) et de transitions progressives vers un statut familial (jusqu’à 2 % par an). Les détenteurs d’un titre familial changeant ensuite très rarement de motif de séjour (moins de 0,3 % par an hors sorties ou naturalisations), leur part augmente progressivement au fil du temps pour représenter un peu plus d’un dixième des étudiants huit ans après leur arrivée. Cette évolution laisse entrevoir une forme de stabilisation des parcours migratoires au-delà des premières années d’insertion professionnelle. Enfin, parmi les étudiants primo-arrivants, une faible part a obtenu la nationalité française : 4 % des étudiants de la génération 2015 sont devenus Français dans les dix ans suivant l’obtention de leur premier titre, 5 % pour la génération 2016 dans les neuf ans. Lecture : Un an après l’obtention de leur premier titre de séjour pour motif étudiant, 64 % des étudiantes de la génération 2024 sont toujours titulaires d’un titre pour même motif. Champ : France/Ressortissants pays tiers, hors Britanniques Source : MI-DGEF-DSED En 2024, un an après l’obtention de leur premier titre, 72 % des étudiants masculins sont toujours titulaires d’un titre de séjour valide, soit 8 points de plus que les étudiantes (Figure 4). Cet écart est stable au fil des générations : il est en moyenne de 7 points pour les générations 2015 à 2024. Les écarts subsistent et ne se réduisent que légèrement du point de vue du maintien en France sur une durée plus longue (en moyenne 6 points). Les étudiantes conservent moins souvent leur titre étudiant que les étudiants masculins, mais cet écart se réduit à un point trois ans après l’obtention de leur premier titre. Cette convergence masque néanmoins des transitions différentes vers les titres économiques et familiaux. Si la proportion à basculer vers un titre économique est moindre pour les étudiantes que pour les étudiants masculins (12 % en moyenne deux ans après, soit 4 points de moins ; et 21 % en moyenne dès la quatrième année, contre 29 % des étudiants masculins), elle est au contraire supérieure pour la transition vers les titres familiaux. Cinq ans après l’obtention de leur premier titre, en moyenne, 8 % des étudiantes en disposent, soit 3 points de plus que les étudiants masculins. Les parcours administratifs des étudiants varient selon les zones géographiques d’origine. Les étudiants originaires d’Afrique et du Moyen-Orient ont les taux de maintien en France les plus élevés, pour toutes les générations observées (Figure 5). Cinq ans après l’obtention de leur premier titre, près de sept étudiants sur dix sont toujours en France. Des différences apparaissent au sein de cette zone selon le motif de séjour : en moyenne 26 % des étudiants d’Afrique subsaharienne conservent un titre étudiant contre 15 % pour ceux d’Afrique du Nord et du Moyen-Orient (- 11 pts). A cinq ans, les étudiants d’Afrique du Nord et du Moyen-Orient s’orientent plus fréquemment vers des titres pour motif économique (44 % en moyenne), une part en hausse continue depuis la génération 2015, passant de 37 % à 50 % en cinq générations. Les changements de statut pour motif familial sont également plus fréquents pour les ressortissants de cette zone, à l’image de l’Algérie et du Maroc par rapport au Sénégal (Figure 6). A l’inverse, les étudiants originaires d’Amérique du Nord et Océanie quittent plus rapidement les bases administratives : en moyenne, sur les générations observées, un peu plus de deux étudiants seulement sur dix (23 %) disposent encore d’un titre de séjour valide l’année suivant celle d’obtention du premier titre. Pour les générations 2020 et 2021, le taux est un peu plus élevé, avec près de trois étudiants sur dix. Les étudiants originaires d’Amérique latine et Caraïbes et d’Asie présentent des trajectoires contrastées. Les premiers sont légèrement plus nombreux à se maintenir dans le temps que les seconds, avec un écart d’environ dix points à cinq ans. Ils se tournent davantage vers des titres pour motif économique (17 % contre 11 % pour les étudiants asiatiques). Les étudiants asiatiques conservent un peu plus fréquemment leur titre étudiant : trois ans après l’arrivée, 23 % d’entre eux sont encore titulaires d’un titre étudiant, contre 19 % des étudiants d’Amérique latine et Caraïbes. La sortie des étudiants européens (hors Union européenne) est plus progressive : près de six étudiants sur dix (58 %) disposent encore d’un titre valide un an après leur arrivée, puis les effectifs diminuent régulièrement au fil des années, sans saut marqué entre deux générations. La partie qui suit se concentre sur quelques nationalités parmi les plus représentées, dont les trajectoires des étudiants présentent des spécificités déjà identifiées [2] afin de mieux comprendre les tendances observées au niveau continental. Note : les palettes de couleurs utilisées correspondent aux principaux motifs de titre de séjour détenus par les étudiants primo-arrivants : vert/économique, violet/familial, bleu/étudiant et gris/la sortie et la naturalisation. L’intensité de la couleur donne une échelle de la proportion d’étudiants concernés : en gris, ceux ayant quitté les bases administratives ; en couleurs vives, ceux titulaires d’un titre de séjour pour le motif correspondant. Lecture : Neuf ans après l’obtention de leur premier titre de séjour, 92 % des étudiants états-uniens de la génération 2016 sortent des bases administratives tandis que 40 % des étudiants sénégalais sont titulaires d’un titre pour motif économique. Champ : France/Ressortissants des nationalités suivantes : algérienne, chinoise, états-unienne, indienne, marocaine et sénégalaise. Source : MI-DGEF-DSED Note : les palettes de couleurs utilisées correspondent aux principaux motifs de titre de séjour détenus par les étudiants primo-arrivants : vert/économique, violet/familial et bleu/étudiant. L’intensité de la couleur donne une échelle de la proportion d’étudiants concernés, parmi ceux encore présents dans les bases administratives à la période considérée. Lecture : Dix ans après l’obtention de leur premier titre de séjour, 81 % des étudiants algériens de la génération 2015 sont titulaires d’un titre pour motif familial et 65 % des étudiants marocains sont titulaires d’un titre pour motif économique. Champ : France/Ressortissants des nationalités suivantes : algérienne, chinoise, états-unienne, indienne, marocaine et sénégalaise. Source : MI-DGEF-DSED Les étudiants originaires des États-Unis, de l’Inde et de la Chine quittent rapidement les bases administratives : plus de la moitié des États-uniens ont quitté le système dès la première année, une proportion qui dépasse les trois quarts pour les générations récentes. La moitié des étudiants chinois sortent dès la deuxième année, et les Indiens dès la troisième (Figure 6). Les étudiants algériens, marocains et sénégalais conservent majoritairement leur titre étudiant les deux années suivantes celle de l’obtention du premier titre, les Marocains jusqu’à la troisième année et les Sénégalais jusqu’à la quatrième année. Dès la troisième année, la majorité des Algériens se tournent vers un titre pour motif économique. A cinq ans, plus de la moitié des étudiants marocains disposent d’un titre pour motif économique, une part en hausse par rapport aux générations 2015‑2016. Les Algériens se distinguent par des changements de statut pour motif familial, qui concernent plus d’un quart des étudiants à partir de la sixième année, et, en font le motif de séjour majoritaire. Les nouvelles générations d’étudiants marocains et sénégalais restent plus longtemps sur le territoire français que celles de 2015 et de 2016. Pour les ressortissants des États-Unis, d’Inde et de Chine qui restent dans les bases, les trajectoires après études suivent un schéma similaire : du titre étudiant vers le titre économique, et parfois vers le motif familial : seule la génération 2015 des étudiants états-uniens présente un motif familial comme principal après huit ans, pour moins de la moitié des étudiants (Figure 7).
Une délivrance de titre de séjour est considérée comme une première délivrance : • si aucun titre de séjour antérieur ne figure au dossier de l’intéressé ; • lorsqu’il s’est écoulé une période d’un an ou plus entre la date de fin de validité d’un titre antérieur et la date de début de validité du titre délivré considéré. Dans le cadre de cette étude, seules les personnes soumises à l’obligation de détenir un titre de séjour sont comptabilisées, excluant donc en particulier les ressortissants de l’Union Européenne et mineurs, sauf cas exceptionnel (art. L. 121-1 du selon l'article L. 121-1 du Code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA)). De même, pour assurer une cohérence dans le temps entre les générations étudiées, les Britanniques ont été exclus du champ. Les « flux » de titres d’une année correspondent aux titres dont la date de début de validité se situe entre le 1er janvier et le 31 décembre de l’année considérée. Les « stocks » sont définis, pour une année donnée, comme l’ensemble des titres valides au 31 décembre. La base de suivi longitudinal mobilisée dans cette étude est constituée du flux des individus ayant obtenu, entre 2015 et 2024, un premier titre de séjour pour motif étudiant. Ces individus, que l’on désigne dans l’étude sous l’appellation « étudiants primo-arrivants » sont originaires de pays tiers hors Britanniques, c’est-à-dire de pays situés en dehors de l’Union européenne (UE), de l’Espace économique européen (EEE), de la Confédération suisse et du Royaume-Uni. Leurs situations administratives successives au 31 décembre de chaque année jusqu’en 2025 est retracée en s’appuyant sur les stocks. Par ailleurs, la date de début de validité d’un premier titre de séjour délivré ne correspond pas nécessairement à une arrivée physique sur le territoire à cette même date. L’entrée en France peut avoir eu lieu antérieurement, ce que révèlent des situations telles que l'admission exceptionnelle au séjour (AES) [1]. De même, une sortie de la base administrative ne signifie pas nécessairement une sortie du territoire français, un ressortissant pouvant rester en France après l’expiration de son titre, en attente de son renouvellement par exemple. Par abus de langage, les termes « sortie du territoire français » ou « maintien sur le territoire français / en France » sont utilisés pour désigner une sortie ou un maintien dans l'Application de Gestion des Dossiers des Ressortissants Étrangers en France (AGDREF). La proportion estimée d’étudiants revenant à une primo-délivrance après une période d’au moins un an hors des bases est inférieure à 1 %. La faiblesse de cette proportion permet de considérer les sorties comme durables. Il est à noter que, la délivrance d’un titre d’une catégorie donnée à un étranger qui possédait déjà un titre mais d’une catégorie différente, est considérée comme un renouvellement et non comme une première délivrance pour cette catégorie. Acquisition de la nationalité française Les acquisitions de la nationalité française sont repérées dans cette étude à partir d’un appariement avec le système d’information NATALI, qui recense uniquement les acquisitions par décret depuis février 2023, date de déploiement sur le territoire national. De ce fait, cet appariement ne permet ni d’identifier ni de dater les acquisitions de la nationalité obtenus antérieurement ou par d’autres voies (mariage, ascendance ou fratrie). Il est possible qu’entre deux années d’observation, un étudiant étranger ait acquis la nationalité française par une autre voie, celles-ci représentant 27 % des acquisitions en 2024. Carte de résident (CR) : la carte de résident est un titre de séjour valable dix ans et renouvelable, permettant de séjourner durablement en France (art. L314-8, art. L426-1 et suivants du CESEDA). Carte de séjour pluriannuelle (CSP) : la carte de séjour pluriannuelle est un titre d’une durée supérieure à un an (dans la limite de 4 ans), accordé après un premier séjour dans les conditions prévues aux articles L433-1 et suivants du CESEDA. Carte de séjour temporaire (CST) : la carte de séjour temporaire est un titre délivré pour une durée maximale d’un an, renouvelable, autorisant un séjour en France pour un motif déterminé (art. R313-1 et suivants du CESEDA). Certificat de résidence pour Algérien (CRA) : le certificat de résidence pour Algérien est un titre spécifique aux ressortissants algériens, régi par l’accord franco-algérien du 27 décembre 1968, qui peut être délivré pour une durée d’un an ou de dix ans, renouvelable, et permettant de séjourner en France. Récépissé de carte de séjour (RCS) : le récépissé de demande de carte de séjour est un document provisoire remis lors d’une demande de délivrance ou d’un renouvellement d’un titre de séjour, permettant de séjourner légalement en France pendant l’instruction de la demande (art. L431-3 et R.431-12 du CESEDA). Taux de maintien sur le territoire : ce taux correspond, dans le cadre de cette étude, au nombre d’étudiants primo-arrivants disposant toujours d’un titre de séjour valide rapporté au nombre total d’étudiants primo-arrivants, quelle que soit la mention du titre. Taux de sortie : ce taux correspond, dans le cadre de cette étude, au nombre d’étudiants ne possédant plus de titre de séjour valide, qu’ils soient encore sur le territoire ou non, rapporté au nombre total d’étudiants primo-arrivants. Il est le complémentaire du taux de maintien sur le territoire. Visa de long séjour valant titre de séjour (VLS-TS) : le VLS-TS est un visa délivré pour une durée de 3 à 12 mois, valant titre de séjour et autorisant un séjour en France pour un motif déterminé (art. L311-1 et suivants du CESEDA). [1] Le Maux P., (2025), « Les titres de séjour », Les essentiels de l’immigration, n°128, DSED. [2] Zhu C., (2025), « Le profil et les parcours administratifs des étudiant étrangers primo-arrivants : des situations contrastées selon les pays d’origine », Infos migrations, n° 120, DSED. [3] Lauraire P., (2017), « Le parcours des étudiants étrangers arrivés en France entre 2002 et 2016 », Infos migrations, n° 88, DSED. [4] Bijwaard, G. E., & Wang, Q. (2016). « Return Migration of Foreign Students », European Journal of Population, 32, 31–54. [5] Bodelin L., (2025) « Les effectifs d’étudiants étrangers en mobilité internationale en 2024-2025 », Note flash n°22, MESR-SIES
Une mobilité étudiante portée par le continent africain et le Moyen-Orient
Figure 1 – Principales nationalités des étudiants primo-arrivants par génération
La carte de séjour pluriannuelle : un titre de séjour privilégié du renouvellement du séjour étudiant
Figure 2 – Répartition des titres de séjour en renouvellement après un premier titre étudiant par génération (en %)
Des taux de maintien sur le territoire en hausse
Figure 3 - Maintien des étudiants primo-arrivants sur le territoire par génération et par type de titre
Figure a – Évolution du taux de maintien sur le territoire par génération d’étudiant primo-arrivant
Figure b – Évolution de la part des étudiants primo-arrivants titulaires d’un titre pour motif étudiant par génération
Figure c – Évolution de la part des étudiants primo-arrivants titulaires d’un titre pour motif économique par génération
Figure d – Évolution de la part des étudiants primo-arrivants titulaires d’un titre pour motif familial par génération
Des études à l’emploi : une transition fréquente
Des sorties plus rapides pour les étudiantes
Figure 4 –Évolution de la part des étudiants primo-arrivants titulaire d’un titre de séjour valide par génération et par sexe
Des parcours prolongés pour les étudiants originaires d’Afrique et du Moyen – Orient
Figure 5 – Évolution de la part des étudiants primo-arrivants titulaires d’un titre de séjour valide, par génération et par zone géographique d’origine
Figure 6 – Situation majoritaire des étudiants primo-arrivants, par génération, par période et par pays d’origine (en %)
Figure 7 – Part du motif principal de titre de séjour détenu par les étudiants primo-arrivants (hors sortie/naturalisation), par génération, par période et par pays d’origine (en %)
Ressources
Encadré – Définition du champ
Télécharger Télécharger le document "IM 128 - Modes de garde des jeunes enfants"
Infos-migrations n°128 de mai 2026
Télécharger Télécharger le document "IM 128 - Profils et parcours des étudiants primo-arrivants"
Infos-migrations n°128 de mai 2026