Sous-utilisation des qualifications des immigrés : un immigré diplômé en emploi sur trois est déclassé
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En 2021, un immigré diplômé en emploi sur trois occupe un poste dont les exigences de compétences sont inférieures à son niveau de formation, contre moins d’un natif sur quatre.
La sous‑utilisation des qualifications touche davantage les femmes immigrées (37 % contre 29 % chez les hommes) et varie fortement selon le secteur d’activité, le temps de travail, et le lieu du métier exercé. Les immigrés issus de pays de l’Union européenne présentent le taux de déclassement le plus faible (29 %), tandis que les migrants humanitaires enregistrent le taux le plus élevé de 42 %. Au même titre que les déterminants sociodémographiques, les difficultés avec la langue française et l’absence de reconnaissance des diplômes contribuent au déclassement des immigrés. L’inadéquation de compétences se définit comme l’utilisation sous-optimale des savoirs et qualifications d’un individu dans l’activité qu’il exerce [1]. En limitant la valorisation du capital humain, elle réduit les perspectives de progression professionnelle des personnes concernées et constitue un frein à la productivité globale [2]. L’inadéquation peut être appréhendée en comparant le niveau de diplôme détenu par un actif occupé avec le niveau de diplôme le plus fréquent du type de métiers effectivement exercé. Lorsque son niveau de diplôme est supérieur à cette « norme », on parle de déclassement [3]. L’analyse du déclassement professionnel des immigrés éclaire leurs difficultés d’intégration sur le marché du travail. Elle mesure dans quelle propension les diplômes acquis, avant leur arrivée sur le territoire ou une fois en France, restent sous-utilisés. D’après l’Enquête emploi en continu (source), trois quarts des immigrés (définition) en emploi ayant fini leurs études ont au moins un diplôme équivalent au brevet des collèges contre presque la totalité des personnes nées en France (94 %). Parmi ces immigrés, un tiers (33 %, figure 1) occupent un travail dont le niveau des compétences requis est en deçà de celui de leur diplôme (encadré 1). Ceux originaires d’un pays de l’Union européenne (UE) apparaissent légèrement moins exposés, avec un taux de déclassement de 29 % contre 34 % pour ceux ressortissants d’un pays tiers à l’UE (RPT). En comparaison, 23 % des personnes nées en France et en emploi sont déclassées, soit près de 10 points de moins que les immigrés. Cet écart s’explique en partie par des différences de profils socio-économiques entre immigrés et natifs (niveau de diplôme, domaine de formation, âge, secteur d’emploi ou lieu de vie). À profil socio-économique identique, les immigrés conservent toutefois un risque bien supérieur d’être déclassés : toutes choses égales par ailleurs, les immigrés ont 85 % (encadré 2) de risques supplémentaires par rapport aux natifs d’occuper un emploi ne nécessitant pas leur niveau de diplôme. Note de lecture : En 2021, 23,3 % des personnes nées en France en emploi occupent un travail en deçà de leur niveau de diplôme. Le déclassement touche plus fréquemment les femmes immigrées que les hommes : 37 % d’entre elles en emploi et diplômées occupent un travail en deçà de leur qualification contre 29 % des hommes immigrés (figure 2). Cette tendance n’est d’ailleurs pas propre aux immigrés. En effet, les femmes natives connaissent elles aussi un déclassement plus marqué que les hommes (28 % contre 19 %). En outre, les hommes RPT affichent un taux de déclassement élevé et plus proche de celui des femmes : il atteint 31 %, soit 8 points de plus que ceux originaires de l’UE. Ainsi, les inégalités de genre apparaissent déterminantes dans l’explication des inadéquations sur le marché du travail. Les femmes immigrées cumulent une double difficulté, liée à la fois à leur origine migratoire et à leur appartenance au genre féminin. Elles sont presque deux fois plus souvent déclassées que les hommes natifs. Ces écarts de genre s’expliquent en partie par la répartition différenciée dans les secteurs d’activité et les types d’emplois : les femmes, plus souvent en emploi dans les services et davantage concernées par le temps partiel, sont structurellement plus exposées au déclassement que les hommes [5]. Lorsque l’on neutralise ces effets de structure, à caractéristiques égales, les femmes immigrées en emploi risquent presque deux fois plus d’être déclassées que les natives (encadré 2). 28,1% 36,8 % 35,1 % 37,4 % +8,7 pts 18,6 % 29,3 % 22,5 % 31,1 % +10,7 pts 23,3% 32,9% 29,2% 34,0% +9,5 Note de lecture : En 2021, 36,8 % des femmes immigrées en emploi occupent un travail en deçà de leur niveau de diplôme,soit 8,7 points de plus que les femmes en emploi nées en France. 28,1% 36,8 % 35,1 % 37,4 % +8,7 18,6 % 29,3 % 22,5 % 31,1 % +10,7 25,5 % 33,8 % 32,3 % 34,2 % +8,3 42,7 % 53,2 % 53,3 % 53,2 % +10,6 26,8% 48,1% 41,4% 49,9% +21,3 22,9% 37,9% 25,7% 41,7% +15,0 20,8% 46,2% 36,8% 48,1% +25,3 23,3% 32,9% 29,2% 34,0% +9,5 Note de lecture : En 2021, 36,8 % des femmes immigrées en emploi occupent un travail en deçà de leur niveau de diplôme,soit 8,7 points de plus que les femmes en emploi nées en France. Les personnes occupant des cadres et professions intellectuelles supérieures ne peuvent pas par construction être déclassées. 28,1% 36,8 % 35,1 % 37,4 % +8,7 18,6 % 29,3 % 22,5 % 31,1 % +10,7 25,5 % 33,8 % 32,3 % 34,2 % +8,3 42,7 % 53,2 % 53,3 % 53,2 % +10,6 26,8% 48,1% 41,4% 49,9% +21,3 22,9% 37,9% 25,7% 41,7% +15,0 20,8% 46,2% 36,8% 48,1% +25,3 33,5% 32,0% 30,7% 32,3% -1,5 23,3% 35,0 % 34,1 % 35,2 % +11,6 25,0 % 31,0 % 27,1 % 32,3 % +6,0 26,8 % 38,3 % 37,5 % 38,6 % +11,5 23,3% 32,9% 29,2% 34,0% +9,5 Note de lecture : En 2021, 36,8 % des femmes immigrées en emploi occupent un travail en deçà de leur niveau de diplôme,soit 8,7 points de plus que les femmes en emploi nées en France. 22,5 % 30,5 % 26,9 % 31,6 % +8,0 28,2 % 45,3 % 47,2 % 44,8 % +17,1 27,1 % 42,7 % 37,1 % 44,5 % +15,6 23,3% 32,9% 29,2% 34,0% +9,5 Champ : France (hors Mayotte), actifs occupés de 15 ans ou plus ayant au moins le diplôme du brevet des collèges et ayant fini leurs études. Les immigrés se retrouvent plus fréquemment déclassés dans les professions d’employés qualifiés. Plus d’un sur deux (53 %, figure 2) occupent un poste en dessous de leur niveau de diplôme. Dans les métiers d’employés peu qualifiés et d’ouvriers les inégalités se creusent nettement. Les immigrés y subissent un déclassement presque deux fois plus fréquents : 48 % des immigrés employés peu qualifiés sont déclassés, 46 % des ouvriers peu qualifiés et 38 % des ouvriers qualifiés, soit de 15 à 25 points de plus que les natifs. En particulier, plus de 4 ouvriers RPT sur 10 occupent un emploi en deçà de leur niveau de diplôme contre 3 sur 10 des ouvriers originaires de l’UE. Le déclassement est également fréquent dans les métiers d’artisans, commerçants et chefs d’entreprise ou encore d’agriculteurs, il touche entre 4 et 5 immigrés sur 10 mais ces résultats ne sont pas spécifiques aux immigrés. En effet, le déclassement affecte plus de 4 employés qualifiés, artisans ou agriculteurs sur 10 nés en France. Enfin, dans les professions intermédiaires, exigeant un niveau de qualification précis, les déclassements y sont à l’inverse moindre (34 % des immigrés et 26 % des natifs). Le secteur d’activité apparaît également comme un facteur de déclassement. Les immigrés se trouvent le plus souvent déclassés dans le secteur du commerce et de la réparation automobile : 41 % d’entre eux y occupent un emploi en deçà de leur niveau de diplôme. En particulier, plus de 4 immigrés RPT sur 10 y subissent un déclassement contre 3 sur 10 pour ceux qui sont originaires de l’UE. Ce secteur affiche aussi l’écart le plus marqué entre immigrés et natifs : 23 % des natifs y vivent un déclassement, soit 18 points de moins que les personnes nées à l’étranger. D’ailleurs, ce n’est pas dans ce secteur que les actifs occupés nés en France sont le plus souvent déclassés, mais plutôt dans l’agriculture (34 %) et les activités immobilières, financières et d’assurance (33 %). Plus d’un tiers des immigrés sont en situation de déclassement dans le secteur des transports et de l’entreposage et celui de l’hébergement et de la restauration. De façon générale, 3 immigrés sur 10 vivent une situation de déclassement dans les activités de services à l’exception de celui de l’information et de la communication. Dans ce dernier, les immigrés, en particulier ceux originaire de l’UE, y sont moins souvent déclassés que les natifs (3 % des immigrés UE contre 10 % des immigrés RPT et 13 % des natifs). La quotité de travail renforce aussi les risques de déclassement. Plus de 40 % des immigrés en emploi à temps partiel occupent un travail en dessous de leur niveau de diplôme, contre moins de 23 % des natifs et 30 % des immigrés à temps plein (figure 2). L’écart entre immigrés de l’UE et RPT est particulièrement marqué pour ceux qui sont à temps partiel sans situation de sous-emploi. Parmi eux, 44 % des immigrés RPT vivent un déclassement, contre 37 % des immigrés de l’UE. Lorsque le temps partiel est subi, les taux de déclassement convergent davantage : 47 % des immigrés hors UE et 45 % des immigrés UE. Le déclassement des immigrés varie selon leur parcours migratoire. Parmi les immigrés originaires de pays de l’Union européenne, ceux d’Espagne du Portugal ou d’Italie sont moins souvent en situation de déclassement. Un immigré sur cinq originaire de ces pays occupe un emploi de niveau plus faible que celui de son diplôme, contre plus du tiers de ceux qui viennent du reste de l’UE. Par ailleurs, parmi les immigrés ayant quitté leur pays pour des raisons humanitaires, 42 % occupent un emploi en étant déclassé (figure 3). Ce taux élevé traduit la rupture que constitue la migration forcée dans les trajectoires professionnelles. Pour tous les autres motifs de migrations, choisies, le déclassement concerne près d’un tiers des immigrés en emploi [6]. Note de lecture : En 2021, 33,1 % des immigrés en emploi ayant quitté leur pays pour des motifs familiaux sont déclassés. La maîtrise de la langue française constitue également un déterminant important du déclassement des immigrés en emploi. Parmi ceux dont le niveau de compréhension du français est faible, 46 % sont déclassés (figure 3). Cette proportion diminue à 33 % des immigrés francophones dès leur arrivée en France et de ceux qui ont acquis un bon niveau de français après leur installation sur le territoire. De la même manière, la reconnaissance des diplômes des immigrés obtenus à l’étranger réduit fortement le risque de leur déclassement. D’une part 40 % des migrants en emploi dont le plus haut diplôme a été obtenu à l’étranger sont déclassés. D’autre part, parmi ceux déclarant avoir eu des difficultés à trouver leur travail, la reconnaissance d’un diplôme étranger constitue la principale raison évoquée (22 % des cas). Trois quarts des migrants en emploi dont le diplôme n’a pas été reconnu suite à des démarches sont en effet déclassés. Ce ratio atteint 60 % des immigrés n’ayant pas effectué les démarches car ils jugent ces dernières trop coûteuses ou complexes. À l’inverse, un tiers de ceux ayant obtenu une reconnaissance de leur diplôme occupe un emploi en inadéquation avec leur niveau d’études. In fine, les immigrés les moins souvent déclassés restent ceux ayant obtenu leur diplôme en France ou n’ayant pas eu besoin de faire reconnaître leur diplôme pour travailler dans leur domaine. Les situations de déclassement reflètent aussi parfois un vécu discriminatoire. Parmi les immigrés en emploi déclarant avoir subi des discriminations liées à leur origine dans la recherche de leur emploi – soit environ 14 % d’entre eux – la moitié occupe un travail en deçà de son niveau de diplôme. Bien que de 20 points supérieure à la moyenne des immigrés, cette part reste plus faible que celle des immigrés n’ayant pas pu faire reconnaître leur diplôme et est proche de celle des migrants déclarant avoir eu des difficultés à trouver du travail à cause de leur faible maîtrise du Français ou de ceux ayant subi une autre forme de discrimination. Ceci dit, la migration n’est pas systématiquement génératrice du déclassement. En effet, un tiers des immigrés en emploi qui travaillaient avant de venir en France occupent un emploi de même niveau de qualification que celui d’avant leur mobilité, et parmi eux 42 % sont néanmoins déclassés. Ce résultat suggère soit que le déclassement peut intervenir en amont de la migration, certains immigrés connaissant déjà une sous-utilisation de leurs qualifications avant leur arrivée sur le territoire français, soit que dans leur pays d’origine le niveau de diplôme attendu pour exercer leur métier est supérieur à celui attendu en France. Le déclassement des immigrés en emploi concerne en premier lieu les diplômés des formations en échanges, commerce et gestion. Près d’un quart des immigrés déclassés (23 %, figure 4) sont issus de ce domaine. Cette spécialité constitue toutefois aussi la principale discipline des natifs déclassés, qui y sont même plus nombreux (29 %). Les écarts entre immigrés et natifs se concentrent ailleurs. Ils apparaissent nettement plus souvent en sciences humaines et sociales, en droit, ainsi que dans les lettres et les arts (31 % des immigrés déclassés contre 21 % des natifs). Dans ces disciplines, la mobilisation en France de compétences acquises à l’étranger demeure plus complexe [7]. Les immigrés diplômés en mathématiques et en sciences dites « dures » sont également davantage exposés, les employeurs accordant une importance élevée aux référentiels de formation, aux certifications et à l’expérience professionnelle acquises sur le territoire national [7]. La mesure du déclassement fait l’objet de nombreux travaux de recherche. Différentes approches ou dimensions peuvent être retenues afin de définir le déclassement (les compétences acquises tout au long de la vie, les salaires, les conditions d’emploi…). Ce travail analyse l’inadéquation entre le plus haut niveau de diplôme d’un actif occupé et leur catégorie socio-professionnelle avec la méthode desrealized matching[4]. Pour chaque catégorie socio-professionnelle et classe d’âge, les niveaux de diplôme les plus fréquents parmi les personnes en poste sont identifiés (référence « en adéquation », figure A). Un individu est dit « déclassé » lorsque son diplôme est supérieur à ce niveau de référence, et inversement, il est qualifié de « surclassé » lorsque son diplôme est inférieur à ce niveau de référence. Les classes d’âge sont définies afin de tenir compte des évolutions générationnelles des niveaux de formation, en distinguant les 18-34 ans, les 35-49 ans et les 50 ans et plus. À métier donné, le diplôme majoritaire diffère souvent entre jeunes et seniors du fait de l’élévation du niveau scolaire. Légende Note de lecture En 2021, parmi les actifs occupés de moins de 35 ans agriculteurs exploitants, 3 % ont un Bac +5 ou plus. Ils occupent un travail nécessitant significativement moins de compétences que leur niveau de diplôme et sont donc dits « déclassés ». À l'inverse, 15 % ont un diplôme de niveau Brevet, CAP ou BEP et occupent un emploi nécessitant en général davantage de compétence que leur niveau de diplôme et sont donc « surclassés ». Champ : France (hors Mayotte), actifs occupés de 15 ans ou plus ayant fini leurs études. Source : Enquête emploi en continu 2021 — Insee. Afin de contrôler des effets de structures du marché du travail et de comparer les immigrés aux natifs à caractéristiques identiques, cette analyse estime un modèle de régression explicatif du déclassement. Le modèle est le suivant : log(p_i / (1 - p_i)) = X_i . β avec, i l’enquêté en emploi et diplômé, pi sa probabilité d’être déclassé, X_i ses caractéristiques individuelles (classe d’âge, genre, s’il est immigré, métier, secteur d’activité, quotité de temps de travail, forme particulière d’emploi, composition familiale et lieu de vie), et b les paramètres estimés du modèle. Les taux de vrais positifs et vrais négatifs des estimations excèdent 70 %, témoignant d’un pouvoir explicatif satisfaisant. Le modèle est également estimé pour chaque sous-population définie par les modalités des caractéristiques individuelles afin d’y comparer immigrés et natifs. Les résultats des estimations sont disponibles sur le site de la DGEF. Immigré : selon la définition adoptée par le Haut conseil à l’intégration, un immigré est une personne née étrangère à l’étranger et résidant en France. Les personnes nées Françaises à l’étranger et vivant en France ne sont donc pas comptabilisées. Certains immigrés ont pu devenir Français, les autres restant étrangers. Les populations étrangère et immigrée ne se recoupent que partiellement : un immigré n’est pas nécessairement étranger et réciproquement, certains étrangers sont nés en France (essentiellement des mineurs). La qualité d’immigré est permanente : un individu continue à appartenir à la population immigrée même s’il devient Français par acquisition. C’est le pays de naissance, et non la nationalité à la naissance, qui définit l'origine géographique d’un immigré. L’Enquête emploi en continu (EEC): L’EEC est l’enquête de référence de l’Insee sur le marché du travail. Elle mesure l’emploi, le chômage et l’inactivité selon les normes du Bureau international du travail (BIT). Son objectif est de décrire la situation et les évolutions du marché du travail. L’EEC est menée en continu auprès des personnes vivant en logement ordinaire en France. Chaque enquêté est ainsi interrogé 6 trimestre consécutif. Son champ couvre l’ensemble de la population âgée de 15 ans ou plus résidant en France. En 2021, l’EEC a intégré ponctuellement un module ad hoc consacré à l’intégration professionnelle des immigrés. Ce module documente entre autre les conditions d’insertion sur le marché du travail des immigrés, l’utilisation des diplômes acquis à l’étranger, le niveau de compréhension du Français, la position sur le marché du travail avant la migration et les discriminations ressenties.
Un immigré diplômé en emploi sur trois est déclassé
Figure 1 - taux de déclassement des actifs occupés des immigrés et des personnes nées en France en 2021
À profil égal, les femmes immigrées sont presque deux fois plus souvent déclassées que les natives
Figure 2 - taux de déclassement des actifs occupés immigrés et non-immigrés selon leurs caractéristiques socio-professionnelles
Genre
Genre / Caractéristiques Nés en France Immigrés Immigrés UE Immigrés non UE Écart (en points) immigrés/non-immigrés Femme Homme Ensemble
Champ : France (hors Mayotte), actifs occupés de 15 ans ou plus ayant au moins le diplôme du brevet des collèges et ayant fini leurs études.
Source : Enquête emploi en continu 2021 – Insee.Catégorie socio-professionnelle
Catégorie / Caractéristiques Nés en France Immigrés Immigrés UE Immigrés non UE Écart (en points) immigrés/non-immigrés Agriculteurs exploitants Artisans, commerçants et assimilés Professions intermédiaires Employés qualifiés Employés peu qualifiés Ouvriers qualifiés Ouvriers peu qualifiés Ensemble
Champ : France (hors Mayotte), actifs occupés de 15 ans ou plus ayant au moins le diplôme du brevet des collèges et ayant fini leurs études.
Source : Enquête emploi en continu 2021 – Insee.Secteur d'activité
Secteur / Caractéristiques Nés en France Immigrés Immigrés UE Immigrés non UE Écart (en points) immigrés/non-immigrés Agriculture, sylviculture, pêche Industrie Construction Commerce : réparation d'automobiles et de motocycles Transports et entreposage Hébergement et restauration Information et communication Activités immobilières, financières et d'assurances Activités scientifiques et techniques : services administratifs et de soutien Administration publique, enseignement, santé humaine et action sociale Autres activités de services Ensemble
Champ : France (hors Mayotte), actifs occupés de 15 ans ou plus ayant au moins le diplôme du brevet des collèges et ayant fini leurs études.
Source : Enquête emploi en continu 2021 – Insee.Quotité horaire
Type / Caractéristiques Nés en France Immigrés Immigrés UE Immigrés non UE Écart (en points) immigrés/non-immigrés Temps complet Temps partiel en situation de sous-emploi Temps partiel sans sous-emploi Ensemble
Source : Enquête emploi en continu 2021 – Insee.
Le déclassement touche plus souvent les immigrés que les natifs dans les métiers d’employés peu qualifiés et dans le tertiaire
4 immigrés en emploi à temps partiel sur 10 occupent un travail en dessous de leur niveau de diplôme
Le déclassement est plus fréquent pour les migrants humanitaires
Figure 3 - Taux de déclassement des immigrés en emploi
Le rôle déterminant de la maitrise du français et de la reconnaissance des diplômes
Un immigré déclassé sur trois est diplômé de sciences humaines et sociales, de droit, de littérature ou d’art
Figure 4 - répartition des actifs occupés déclassés selon la spécialité de leur plus haut niveau de diplôme
Ressources
Encadré 1. La mesure du déclassement
Figure A : matrices d'inadéquation sur le marché du travail par classe d'âge
Classe d'âge
Catégorie socio-professionnelle
Aucun diplôme
Brevet, CAP, BEP ou équivalent
Bac (général, techno, pro)
Bac +2 (DUT, BTS, DEUG…)
Bac +3/4 (licence, maîtrise…)
Bac +5 ou plus (doctorat, master…)
Total
15 à 34 ans
Agriculteurs exploitants
1
15
39
26
14
3
100
Artisans, commerçants et assimilés
6
27
31
13
11
12
100
Cadres et professions intellectuelles supérieures
0
1
5
5
12
77
100
Professions intermédiaires
1
6
20
24
29
19
100
Employés qualifiés
2
20
35
19
16
7
100
Employés peu qualifiés
10
32
41
8
6
3
100
Ouvriers qualifiés
11
41
36
9
2
1
100
Ouvriers peu qualifiés
17
40
30
8
3
2
100
35 à 49 ans
Agriculteurs exploitants
3
20
39
27
6
6
100
Artisans, commerçants et assimilés
9
28
25
17
10
11
100
Cadres et professions intellectuelles supérieures
1
2
6
14
22
55
100
Professions intermédiaires
2
11
21
34
22
11
100
Employés qualifiés
3
24
35
24
11
4
100
Employés peu qualifiés
20
43
24
5
5
1
100
Ouvriers qualifiés
19
50
23
6
2
1
100
Ouvriers peu qualifiés
34
40
17
5
3
1
100
50 ans et plus
Agriculteurs exploitants
12
54
18
12
2
3
100
Artisans, commerçants et assimilés
11
42
18
13
9
7
100
Cadres et professions intellectuelles supérieures
2
8
10
17
23
40
100
Professions intermédiaires
5
23
20
32
15
6
100
Employés qualifiés
7
47
27
13
5
2
100
Employés peu qualifiés
30
53
12
3
2
0
100
Ouvriers qualifiés
25
62
10
2
1
0
100
Ouvriers peu qualifiés
47
42
7
2
1
0
100
Encadré 2 : les déterminants du déclassement des immigrés